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â Tillandsias - S490
Nous avons eu le plaisir de voir Chris debout et prĂȘt Ă prendre son petit dĂ©jeuner, bien remis de sa maladie aprĂšs avoir connu L'Aiguille du mĂ©decin la veille (l'Aiguille devenait de plus en plus longue au fur et Ă mesure de la progression des commentaires chuchotĂ©s dans notre groupe). Il faut dire que la veille, Chris semblait Ă moitiĂ© conscient une bonne partie de la journĂ©e, et avait Ă©tĂ© incapable de faire bonne figure, rendant nĂ©cessaire sa visite chez un mĂ©decin. La partie la plus Ă©tonnante de l'expĂ©rience fut que lorsque ce fut le moment de payer, le coĂ»t annoncĂ© fut âc'est gratuit, merci!â.
Nous nous sommes dĂ©brouillĂ©s pour ĂȘtre sur la route peu aprĂšs 8h du matin et l'humeur devenait maussade, car nous Ă©tions de plus en plus conscients que le voyage se terminait Ă la fin de la semaine. Le ciel bas et nuageux ne nous aidait pas en rendant tout gris. Guillermo devait avoir anticipĂ© cela et nous nous sommes arrangĂ©s pour avoir 10 arrĂȘts ce jour lĂ . Le premier, S488, nous ramena dans les Yungas ; la forĂȘt humide subtropicale, Ă environ 48 km au sud ouest de la ville de Tucuman. Le changement spectaculaire d'une zone climatique Ă l'autre en un rien de temps fut un des Ă©tonnements de ce voyage. Dans les guides touristiques, la province de Tucuman est dĂ©crite comme Ă©tant le Jardin de la RĂ©publique. Nous avons essentiellement photographiĂ© les paysages, avec quelques gros plans de Tillandsias, plus ou moins la mĂȘme chose qu'Ă S489. J'aurais pu mentionner plus tĂŽt ma stratĂ©gie sur les numĂ©ros des stops. La premiĂšre image d'un 'arrĂȘt' est une image du GPS, ce qui donne une idĂ©e de l'endroit oĂč les photos suivantes ont Ă©tĂ© prises, jusqu'Ă ce qu'une autre image du GPS apparaisse. Le principe marche bien : chaque soir, en transfĂ©rant les images de la carte mĂ©moire sur mon portable, le logiciel les classe par ordre chronologique de crĂ©ation de fichier (d'oĂč l'importance de bien mettre les horloges Ă la mĂȘme heure si on utilise plus d'un appareil), et le logiciel donne ensuite la possibilitĂ© de renommer les fichiers en ânumĂ©ro d'arrĂȘt_numĂ©ro d'ordreâ, ceci me permettant plus tard d'organiser mes rĂ©pertoires.
Pendant ce voyage oĂč je n'avais ni Ă conduire ni Ă guider, j'ai ajoutĂ© quelques images de paysages prises par la vitre. Beaucoup ont Ă©tĂ© enlevĂ©es par la suite, car elles Ă©taient soit bougĂ©es soit gĂąchĂ©es par l'irruption soudaine d'un arbre au milieu qui cachait la vue du flanc de colline de l'autre cĂŽtĂ© de la vallĂ©e. RĂ©sultat, les images d'un arrĂȘt particulier sont maintenant un mĂ©lange d'images prises sur place ou prĂšs de l'endroit de la lecture GPS, plus des images du bus. Ainsi, S489 inclut quelques images de El Indian, une statue d'un trĂšs imposant guerrier indigĂšne (je l'ai surnommĂ© le FBI) qui Ă©tait le point d'attraction des touristes pour un marchĂ© artisanal typique. Le temps Ă©tait encore maussade et gris- nous avions suffisamment de souvenirs- alors nous n'avons pris que peu de photos du bus et continuĂšrent jusqu'Ă S490 -la ville de Conception, une ville animĂ©e et bruyante le long de la Route 38. Nous devions nous arrĂȘter Ă un garage, et nous avons profitĂ© de l'occasion pour prendre quelques photos de Tillandsias poussant sur les cĂąbles Ă©lectriques et tĂ©lĂ©phoniques ou les antennes TV. Ce n'est pas clair pour moi si les Tillandsias amĂ©liorent ou non la rĂ©ception de la TV.
â Rhipsalis sp. - S492
S491 Ă Escaba fut un arrĂȘt beaucoup plus intĂ©ressant, car nous sommes tombĂ©s sur des milliers de petits Parodia rigidissima tout fleuris qui poussaient juste au bord de la route. Les plantes poussaient en haut du talus rocheux et auraient pu ĂȘtre photographiĂ©es au travers de la vitre du bus en passant, mais oĂč est le plaisir lĂ ? BientĂŽt, nous nous sommes dispersĂ©s tout le long du bas-cĂŽtĂ© sur 500m, avec chacun son petit territoire faisant les photos de âsesâ plantes, en Ă©vitant les escadrons de l'armĂ©e de l'Air Argentine. C'Ă©tait en fait de trĂšs gros (pour le standard EuropĂ©en) spĂ©cimens de la famille de ce que nous avons appelĂ© des âguĂȘpesâ -je suis sĂ»r que des spĂ©cialistes nous auraient expliquĂ© la diffĂ©rence entre ces insectes et les âvraies guĂȘpesâ. Il suffit de dire que ces crĂ©atures avaient fait leurs nids (il semble au moins un par territoire que nous avions revendiquĂ©) accrochĂ©s au rocher en face les Parodias et qu'elles semblaient s'accrocher Ă leurs nids comme de menaçants vaisseaux spatiaux de guerre, protĂ©geant le vaisseau amiral -exactement comme ce qui a Ă©tĂ© dĂ©jĂ racontĂ© quelques jours auparavant- sauf que lĂ elles Ă©taient beaucoup plus nombreuses et semblaient plus grosses. De l'autre cĂŽtĂ© de la route il y avait une pente raide aboutissant Ă une petite riviĂšre quelques 100m plus bas, les collines densĂ©ment boisĂ©es de l'autre cĂŽtĂ© de la vallĂ©e s'accommodant d'un trio de trĂšs grosses conduites qui dĂ©valaient colline jusqu'Ă la Centrale Escaba de Hydroelectrica Tucuman SA.
Les guĂȘpes et notre groupe n'Ă©taient pas les seuls Ă s'intĂ©resser aux Parodia, plusieurs berlines stoppĂšrent et les gens remplirent des sacs avec des plantes ramassĂ©es sur le bord de la route Ă flanc de colline certaines aprĂšs ĂȘtre tombĂ©es, d'autres rĂ©coltĂ©es directement sur le rocher. Il s'avĂ©ra que ces gens Ă©taient des locaux qui collectaient les plantes simplement pour dĂ©corer leurs maisons -sans doute un Ă©vĂšnement annuel, car ils ne donnaient pas l'impression de savoir s'occuper des plantes une fois la floraison passĂ©e. Vu le nombre de plantes prĂ©sentes, ceci ne semble pas mettre la population en danger outre mesure.
AprĂšs une demi-heure de route (S492), les Parodia en fleurs Ă©taient toujours aussi nombreux, indiquant une population importante. L'autre intĂ©rĂȘt du site fut fourni par une grande bromĂ©liacĂ©e (sp.) en fleurs et un Opuntia sp. pendant de la colline avec un Rhipsalis sp. se balançant parmi eux, mais je ne pouvais pas oublier les nids de guĂȘpes bien nets dissĂ©minĂ©s au milieu des plantes. GrĂące aux possibilitĂ©s de grossissement des appareils numĂ©riques, j'ai pu prendre une photo de guĂȘpe au repos. C'est une magnifique crĂ©ature qui remplit presque tout l'Ă©cran, et qui fait un peu peur aussi- est-ce qu'elles piquent ?
En début d'aprÚs-midi nous eûmes l'opportunité de nous dégourdir les jambes à S493 pour faire d'autres photos d'épiphytes sur leur arbre. Parmi les cactées, il y avait encore Pfeiffera ianthothele et Rhipsalis sp.
Quinze minutes plus tard, le paysage avait encore changĂ© et nous roulions dans un paysage de larges collines arrondies, avant de retrouver un paysage semblable aux Yungas. Les photos de ce paysage changeant ont Ă©tĂ© prises Ă l'arrĂȘt S494
â Gymnocalycium oenanthemum - S497
S495 fut encore différent- nous avons trouvé là des Gymnocalycium baldianum (en boutons bien avancés, mais pas de fleurs ouvertes), des Lobivia sanguiniflora et Trichocereus rowleyi (syn. Lobivia grandiflora) mais nous nous sommes bientÎt retrouvés dans le bus zigzaguant de haut en bas de nouvelles collines boisées. La biodiversité de cette zone était impressionnante !
Guillermo Ă©tait dĂ©terminĂ© Ă nous montrer des G. baldianum en fleur, et il rĂ©ussit Ă l'arrĂȘt S496. Je pris des photos d'un spĂ©cimen en fleur et d'un Trichocereus sp. en boutons -encore Ă identifier (par moi)-. PoussĂ©s par la promesse de plus de G. baldianum en fleur au prochain arrĂȘt, nous sommes remontĂ©s dans le bus et nous avons atteint un autre arrĂȘt de bord de route, S497, Ă Bella Vista, alors que le jour baissait (il Ă©tait alors 18h30). Les Gymnos de l'endroit Ă©taient des G. oenanthemum (syn. G. carminanthum), une autre espĂšce Ă fleurs rouges, qui nous taquinaient encore avec des boutons trĂšs avancĂ©s, sans doute sur le point de s'Ă©panouir le jour suivant. AprĂšs avoir notĂ© la localisation exacte de ces plantes, nous avons continuĂ© la route pour passer la nuit dans la ville voisine d' El Rodeo, Ă l'Hosteria La Casa de Chicha, avec la ferme intention de retourner sur les lieux le lendemain pour photographier les fleurs de Gymno Ă©panouies.
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Auteur : Paul Klaassen.
Traduction : Alain Laroze, Antoine Senni, Bernard Gallardo, Claudine Laveze, Jean-Luc Loroy, Marie-Ălisabeth Laffite, Odile Wolff, Patrick Cazuguel, Pierre Gambart, VĂ©ronique Cucchi
Relecture et mise en page : Alain Laroze