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26 et 27 mai 2012
Couleurs Cactus (Commentry)
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Alba (Alba)
16 et 17 juin 2012
Foire aux cactus de Montolieu (Montolieu)
25 et 26 août 2012
Fête du Cactus à Punérot (Punerot)
Cristations et bizarreries épineuses
John Pilbeam aborde le sujet de quelques cristations et de bizarreries à la spination exceptionnellement réduite.
Cet article a été originellement publié dans le British Cactus & Succulent Journal Vol. 99 (2). Juin 2001.
Merci Ă John Pilbeam et Ă la BCSS pour leurs autorisations de traduction et publication ici.
Les photographies sont de l'auteur et Bill Weightman
51 Chelsfield Lane, Orpington, Kent, BR5 4HG, Royaume-Uni.
Un des avantages Ă semer des graines chaque annĂ©e, depuis je ne sais combien de temps, est la production occasionnelle de bizarreries qui se manifestent tĂŽt ou tard, comme des plantes cristĂ©es ou variegata. Câest encore plus passionnant lorsquâapparaĂźt une curiositĂ© que vous nâaviez encore jamais vue. La tentation d'essayer trop tĂŽt de greffer le semis concernĂ©, avec les risques inhĂ©rents Ă la greffe, doit ĂȘtre mise en balance avec le risque, si vous ne le faites pas, qu'Ă coup sĂ»r ce sera cette plantule qu'une larve de mouche des semis ou qu'un champignon choisira d'attaquer.
Il y a maintenant plusieurs centaines de cactus cristĂ©s connus et Stuart Riley de âPlantlife nurseryâ dans l'East Sussex semble en trouver de nouveaux chaque annĂ©e lors de ses voyages, pour en allonger la liste. Certains sont bien plus aisĂ©s que dâautres Ă entretenir, restant nets, crĂ©ant d'attrayants labyrinthes de crĂȘtes entortillĂ©es, mĂ©ritant le surnom de âcactus cerveauâ qui leur est souvent attribuĂ©. D'autres, habituellement les espĂšces Ă tiges plus Ă©paisses, forment un lent et Ă©pais Ă©ventail qui au final pĂšsera sur son support quelque soit le porte-greffe utilisĂ©. J'ai vu des plantes cristĂ©es Ă©normes telles que des Mammillaria rhodantha ou spinosissima, pesant dix livres1) ou plus. Les cristations d'Espostoa, de Pilosocereus, d'Echinocactus grusonii ou de Cleistocactus strausii, pour n'en citer que quelques-unes, sont parmi les plus attrayantes chez les plantes Ă forte croissance.
On trouve occasionnellement des cristations de plantes d'habitat ĂągĂ©es. Ce sont de loin les plus grandes quâil mâait Ă©tĂ© donnĂ© de voir. Trois me viennent Ă l'esprit. La premiĂšre que jâai vue Ă©tait une Ă©norme crĂȘte en Ă©ventail de Ferocactus peninsulae au sud de la Basse Californie, dâenviron 30 centimĂštres de large sur un mĂštre dâun bout Ă lâautre. La deuxiĂšme concernait un groupe de Machaerocereus (Stenocereus) gummosus, lui aussi dans le sud de la Basse Californie, poussant en une masse Ă©paisse Ă©voquant le buisson de ronces de «Brer Rabbit in the Briar Patch»»2)comportant plusieurs tiges cristĂ©es apparues tardivement dans la vie de la plante et arrivant de ce fait Ă peu prĂšs au niveau de lâĂ©paule. Elles Ă©taient de telles dimensions que pour les mettre en culture il faudrait l'aide d'une grue, car bien quâelles soient plus fines que celles du Ferocactus (dans les 10 centimĂštres de large), elles devaient faire environ un mĂštre de long.
La troisiĂšme dont je me souviens Ă©tait une Ă©norme crĂȘte de Carnegiea gigantea, cĂ©lĂšbre et si souvent cĂ©lĂ©brĂ©e en photo au Phoenix Desert Garden en Arizona. Elle Ă©tait dressĂ©e sur une tige dâau moins trois Bowderys3) de hauteur et mesurait au moins un Bowdery et demi dâun bout Ă lâautre de lâĂ©norme Ă©ventail entortillĂ© tout au sommet de la colonne. (Voir mon livre Cacti for the Connoisseur pour avoir une idĂ©e de la taille de Bowdery par rapport aux plantes, oĂč il figure sur plusieurs photographies comme unitĂ© de mesure - environ 5 pieds 6 pouces4) - sur plusieurs photographies.)
Carnegiea gigantea cristé poussant au Phoenix Desert Garden, Arizona, USA
Il y a gĂ©nĂ©ralement moins de succulentes cristĂ©es disponibles et je trouve la plupart d'entre elles moins attrayantes que celles des cactus, mais jâai pu en voir quelques unes qui rivalisaient vraiment avec leurs cousins Ă©pineux.
Celle que j'ai vue dans la pĂ©piniĂšre de Grigsby en Californie en automne 1996 Ă©tait vraiment sensationnelle, une forme cristĂ©e d'Euphorbia abdelkuri, avec une couleur jaune-orangĂ©e extraordinaire sur les zones de croissance rĂ©cente de la crĂȘte. Elle s'est cristĂ©e tardivement, semble-t-il, et se dresse donc fiĂšrement sur le haut de sa tige, comme si elle avait Ă©tĂ© greffĂ©e sur une plante normale de la mĂȘme espĂšce. Je ne sais pas si elle a dĂ©jĂ Ă©tĂ© diffusĂ©e, mais je suis sĂ»r que tĂŽt ou tard des producteurs habiles seront tentĂ©s de s'y attaquer et qu'elle arrivera sur le marchĂ©. Je vois cette perspective avec autant d'apprĂ©hension que lorsque je me suis procurĂ© ma premiĂšre plante normale de cette espĂšce. Car si les amateurs dâEuphorbia rĂ©ussissent Ă la faire pousser, j'ai personnellement Ă©chouĂ© lamentablement, sans doute en raison d'une tempĂ©rature insuffisante. Mais je me laisserais surement tentĂ© par cette irrĂ©sistible forme cristĂ©e, si l'occasion se prĂ©sente, tant elle est belle.
Une crĂȘte d'Euphorbia lactea âGrey Chostâ
Une autre que j'ai rencontrĂ© est connue comme une cristation dâEuphorbia lactea 'Grey Ghost'5), qui a Ă©tĂ© largement diffusĂ©e par les pĂ©piniĂšres continentales. J'ai essayĂ© la mĂ©thode humide pour sa propagation comme j'ai tendance Ă le faire pour les espĂšces dâEuphorbia ayant une tige sensiblement moins Ă©paisse, telle quâE. aeruginosa. De cette maniĂšre, la bouture est placĂ©e directement dans un compost humide et prend racine habituellement en quelques semaines, mais je nâai rĂ©ussi Ă faire raciner aucune de mes boutures. Je pense que la prochaine fois j'essayerai Ă lâinverse une mĂ©thode plus sĂšche, en les laissant dans un pot vide Ă la lumiĂšre, mais sans soleil direct, jusquâĂ ce quâil y ait un dĂ©but dâenracinement Ă la base de la bouture. A ce stade, en les plaçant dans un compost lĂ©gĂšrement humide, elles devraient sâenraciner rapidement.
Une autre qui m'avait Ă©tĂ© donnĂ©e pour diffusion Ă©tait une cristation d'Euphorbia obesa relativement ĂągĂ©e, que je considĂšre comme lâune des plus belles cristations de succulente. Elle a toutefois, avec l'Ăąge, tendance Ă former Ă la base des croutes marrons assez disgracieuse. Elle est habituellement cultivĂ©e sur porte-greffe, comme le sont beaucoup de cristations et jâaurais bientĂŽt recours au scalpel, si je peux trouver un nombre de porte-greffes suffisants, Ă savoir des espĂšces vigoureuses, Ă©paisses et colonnaires, comme Euphorbia resinifera. Peut-ĂȘtre puis-je le faire aussi avec E. lactea 'Grey Ghostâ mais je dois d'abord avoir des porte-greffes.
Un plant cristé de Mammillaria bocasana 'Fred'
Du cĂŽtĂ© des cactus j'ai eu trois nouvelles cristations dans mes semis de ces derniĂšres annĂ©es, ce qui fait seulement une douzaine de cas environ pour une cinquantaine dâannĂ©es de semis : un pourcentage tristement bas. J'avais dĂ©jĂ vu lâune de ces nouvelles cristations auparavant en culture : Rebutia einsteinii var. gonjianii. C'est probablement lâespĂšce de Rebutia la plus difficile Ă cultiver, avec des tiges fines, de trĂšs petites Ă©pines, mais avec la plus jolie teinte de fleur : jaune comme la poudre de crĂšme anglaise. La plante a Ă©tĂ© dĂ»ment greffĂ©e pour ĂȘtre multipliĂ©e, une tĂąche aisĂ©e avec la bande continue que forment les canaux vasculaires dont les plantes cristĂ©es disposent, transformant son mariage avec le porte-greffe en une opĂ©ration simple. J'ai eu la prĂ©sence dâesprit de garder plusieurs porte-greffes pour une future multiplication. Malheureusement il a le plus souvent l'habitude de retourner Ă une croissance normale en diffĂ©rentes parties sur la longueur de la cristation, Ă©mergeant ici et lĂ , Ă©voquant les multiples formes de croissance de lâOpuntia clavarioides, qui semble incapable de se dĂ©cider entre cristĂ© ou non cristĂ©. Un greffon au moins est restĂ© constant en gardant sa croissance cristĂ©e sans Ă©garement, et en formant une cristation trĂšs attractive, ondulĂ©e et avec la couleur verte-brunĂątre de cette variĂ©tĂ© mais verte sur les zones de rĂ©cente croissance. Câest lâune des plus agrĂ©ables Ă regarder.
Un autre semis a donné une forme étrange de Gymnocalycium andreae, qui a été renommé depuis ces derniÚres années en G. doppianum, ou G. andreae var. doppianum, non encore officiellement décrit. Il a présenté une croissance en cristation un peu semblable à la précédente, avec des épines marron pourpre, trÚs courtes et raides, mais avec une zone de croissance légÚrement plus large et pas, pour le moment, de tendance à revenir à la normale. Sa forme est plus bosselée, sa croissance est inégale comparée à celle, bien nette, du Rebutia, mais elle est néanmoins trÚs attractive.
Ferocactus latispinus aux épines exceptionnellement courtes
J'ai un autre semis de Gymnocalycium en rĂ©serve sur mes tablars dans la pĂ©piniĂšre, qui semble ne pas arriver Ă se dĂ©cider entre une forme cristĂ©e et une forme normale. Jusquâici il poussait normalement mais a maintenant stoppĂ© sa croissance, semblant se diviser par dichotomie. On peut voir souvent cela chez les espĂšces du genre Mammillaria, mais pas, Ă ma connaissance, dans le genre Gymnocalycium. C'est lâune des nombreuses formes de G. mihanovichii ou peut-ĂȘtre G. friedrichii (maintenant identifiĂ© sous G. stenopleurum). Il n'y a pas encore assez de partie cristĂ©e sur la plante pour greffer et encourager, si tout se passe bien, le dĂ©veloppement de cette tendance Ă la cristation, mais je lâai rĂ©cemment rempotĂ©e et j'encouragerai toute croissance dans l'idĂ©e d'au moins l'aider Ă faire son choix.
Il semble y avoir actuellement trĂšs peu d'espĂšces de Gymnocalycium cristĂ©es, ce qui me surprend depuis que jâai lu un livre japonais donnĂ© par Y. Ito, oĂč il n'y a pas moins de six reprĂ©sentants : G. anisitsii, G. mostii, G. saglionis, G. gibbosum, G. quehlianum et G. bruchii. MĂȘme sâil a Ă©tĂ© publiĂ© il y a 40 ans, il semble probable que certaines soient encore en culture et que d'autres puissent ĂȘtre apparues.
Des trois cristations que jâai produites, la premiĂšre Ă©tait une Mammillaria microhelia, il y a 5 ou 6 ans environ. Lorsque jâen ai greffĂ© des morceaux, jâai utilisĂ© deux parties diffĂ©rentes de la crĂȘte. La premiĂšre avait les ordinaires et jolies Ă©pines radiales jaunes et avait dĂ©veloppĂ©e des Ă©pines centrales marron-rouge, qui ont continuĂ© Ă apparaĂźtre dans le dĂ©veloppement de la cristation. La seconde a Ă©tĂ© prĂ©levĂ©e directement au bord de la zone de croissance oĂč les Ă©pines centrales nâĂ©taient pas encore dĂ©veloppĂ©es et, Ă ma surprise, a continuĂ© Ă pousser sans dĂ©velopper dâĂ©pines centrales, faisant une cristation dâapparence tout Ă fait diffĂ©rente. Ă la diffĂ©rence de certaines Mammillaria cristĂ©es, je n'ai pas encore vu de fleurs apparaĂźtre sur cette espĂšce.
Gymnocalycium spegazzinii Ă la spination anormalement courte
Câest pourquoi je suis toujours content dâobtenir de nouvelles espĂšces de Mammillaria cristĂ©es, car câest un des rares genres qui produit des fleurs sur ses versions cristĂ©es. J'ai vu des fleurs sur des cristations de M. zeilmanniana, M. wildii, M. longiflora et M. carmenae, mais jamais encore sur quelques autres, comme M. gracilis, M. geminispina, M. bella, M. perbella, M. goldii, M. elongata, M. nana, M. dioica, M. schiedeana, M. pennispinosa, ou de plus rĂ©centes acquisitions, comme M. bombycina, M. humboldtii, M. theresae, M. bocasana, M. lasiacantha, M. compressa, pour nâen citer que quelques unes de toutes celles connues (voir la page 25 de mon rĂ©cent livre sur les Mammillaria pour une liste plus complĂšte).
Jâaimerais attribuer une mention spĂ©ciale Ă trois plantes en particulier : M. elongata dans la forme la plus communĂ©ment vue, sans Ă©pines centrales apparentes, faisant une merveilleuse masse de tiges Ă©troites ondulĂ©es, trĂšs rapprochĂ©es et justifiant le commentaire si frĂ©quemment entendu sur sa ressemblance avec un cerveau, et elle y ressemble effectivement. M. bocasana, celle qui semble ĂȘtre la forme communĂ©ment identifiĂ©e sous âmultilanataâ, avec une dense laine blanche, atteignant son paroxysme dans la forme cristĂ©e. Et enfin Mammillaria 'Fred', dont la structure incroyable ressemble Ă une forme de M. bocasana, qui est encore plus bizarre dans sa forme cristĂ©e, comme le montre la photographie.
Une des raisons pour lesquelles j'ai commencĂ© Ă Ă©crire sur ces bizarreries du monde succulent Ă©tait de porter Ă votre attention certaines formes Ă©tranges qui deviennent Ă la mode ces derniĂšres annĂ©es alors quâelles Ă©taient assez peu frĂ©quentes auparavant. Ce sont des sujets avec des Ă©pines Ă©paisses et courtes, ayant pour rĂ©sultat Ă mon avis, avec un aspect plus inhabituel, de rendre les plantes plus attrayantes.
Probablement la plus connue d'entre elles, est la forme de Mammillaria gracilis ayant de gros et denses bouquets dâĂ©pines bien individualisĂ©s, et connue sous le nom de M. gracilis forme monstrueuse ou encore M. gracilis âArizona Snowcapâ. Ăgalement bien connue, on trouve une forme dâEchinocactus grusonii Ă la spination rĂ©duite, voire quasi-inexistante sur certaines plantes.
Un des meilleurs exemples parmi les plantes ayant cette particularitĂ© est un Echinocereus davisii, qui fleurit facilement (et normalement) comme la forme normale, avec des fleurs vertes, tĂŽt au printemps. Câest vraiment une trĂšs jolie petite plante aux Ă©pines nettes, de croissance aussi lente voire plus lente que la plante normale, mĂȘme greffĂ©e comme je lâai reçue.
Mammillaria gracilis 'Arizona Snowcap'
Deux espĂšces de Gymnocalycium ont Ă©galement produit une spination rĂ©duite dans les semis que jâai effectuĂ©s. La premiĂšre, G. leptanthum, nâa pas lâair diffĂ©rente tant que lâon ne lâa pas comparĂ©e Ă la forme normale, avec des Ă©pines plus courtes et plus Ă©paisses bien sĂ»r, mais pas de maniĂšre aussi Ă©vidente que dâautres de ce type. La deuxiĂšme m'enthousiasme davantage, elle est dĂ©jĂ attrayante dans son Ă©tat normal, câest une espĂšce de choix avec une spination Ă©tourdissante : le G. spegazzinii. Une des espĂšces Ă la croissance la plus lente du genre et pouvant prĂ©senter des problĂšmes de culture si un bon drainage et une grande patience ne sont pas prodiguĂ©s. Les Ă©pines sont extrĂȘmement courtes, et bien quâelle ne soit quâune jeune plante, l'apparence est trĂšs plaisante et jâai hĂąte de la voir grandir. Avec un peu de chance, elle continuera Ă produire des Ă©pines minuscules.
Deux autres espĂšces sont apparues dans des fournĂ©es de semis, une par mes soins, lâautre par ceux de Derek Bowdery, le premier est un Echinopsis calliantholilacina et l'autre est un Ferocactus latispinus. Leur dĂ©veloppement est contrĂŽlĂ© passionnĂ©ment par mes soins.
Comme vous pouvez le constater, ces bizarreries font des plantes plus attractives, et je suis sûr qu'elles feront leur entrée sur le marché. Ce que nous faisons avec elles sur les tables des expositions est une autre affaire.
Bibliographie
- ITO, Y. (1957) Explanatory Diagram of Austroechinocactinae.
- PILBEAM, J. (1995) The Cactus File 2 (6) : 2.
- PILBEAM, J. (1999) Mammillaria â The Cactus File Handbook 6.
Traduit pour le Cactus Francophone par Nicolas POINTEAU et Flavien HERIOT
Relu par Philippe CORMAN
Mise en page Nicolas POINTEAU
Publié le 2010/10/29
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