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Echeveria – Petits mais parfaitement formĂ©s

Echeveria purpusorum




John Pilbeam présente une sélection des plus petits Echeveria qu'on trouve en culture.
Photographies par Bill Weightman.
Originellement publié dans le British Cactus & Succulent Journal Vol. 21 (1). Mars 2003.
Merci Ă  John Pilbeam et Ă  la BCSS pour leurs autorisations de traduction et publication ici.











Lors d'une rĂ©union locale de la BCSS (British Cactus and Succulent Society), j’ai vu rĂ©cemment un magnifique spĂ©cimen d’un des hybrides de Dick Whright, appelĂ© Echeveria ‘Party Dress’. Il faisait Ă  peu prĂšs 30 cm de diamĂštre, d’un bronze brillant, de couleur automnale.

Echeveria ‘Red Trump’ ← Echeveria ‘Red Trump’, un des hybrides de Dick Wright.
Je me suis souvenu des heures agrĂ©ables passĂ©es Ă  visiter la collection de Dick Wright en Californie, oĂč j’ai pu voir un Ă©talage incroyable d’hybrides qu’il a créé au fil des ans. Un rĂ©cent article dans la revue de la Cactus and Succulent Society of America en Ă©numĂšre plus de 50 qu’il a distribuĂ©, la plupart prĂ©sentant des feuilles aux bords plissĂ©s ou avec des pustules sur le dessus, une caractĂ©ristique qu’il a particuliĂšrement privilĂ©giĂ©. Parmi ceux lĂ , quelques noms familiers : ‘Arlie Wright’, ‘Cameo’, ‘Gypsy’, ‘La Femme’, ‘Lola’, ‘Meridian’, ‘Pappy’s Rose’, Party Dress’, ‘Paul Bunyan’, ‘Red Trump’ et ‘Silveron Red’, pour n'en nommer que quelques-uns.

Les photographies n’étaient pas vraiment possibles le jour oĂč nous y Ă©tions. Le temps Ă©voquait plus l’Angleterre que la Californie et la luminositĂ© Ă©tait trop faible pour permettre de prendre des photos de qualitĂ© suffisante. Mais cette visite a ajoutĂ© une dimension supplĂ©mentaire Ă  mon intĂ©rĂȘt pour ce genre, intĂ©rĂȘt qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© aiguisĂ© une semaine auparavant lors de la visite d'une autre grande collection d'Echeveria, au domicile de John Catlin, Ă  Pasadena, dans la banlieue de Los Angeles, oĂč nous avions fait une Ă©tape de quelques jours. John a fait un album de photographies avec les descriptions laborieusement collectĂ©es au fil des ans des espĂšces de ce genre. Il m’en a fait cadeau Ă  notre dĂ©part, en espĂ©rant que je puisse un jour l’utiliser Ă  bon escient – ce dont j'ai l'intention.

Et donc mon intĂ©rĂȘt s'est maintenu, et je continue Ă  placer les Echeveria parmi les plus belles plantes succulentes, cultivĂ©es pour leurs couleurs et la forme plaisante de leur rosette, Ă©vocatrices de tant de merveilleuses plantes du jardin.

Il y a quelques annĂ©es, j’ai Ă©crit, dans ce journal, un article principalement axĂ©s sur certaines des plus grandes espĂšces cultivĂ©es, et assez peu Ă©voquĂ© les plus petites merveilles du genre. J’ai donc pensĂ© qu’il Ă©tait temps de rĂ©tablir l’équilibre.

Il y a beaucoup de ces plantes à découvrir, et beaucoup ont été réguliÚrement propagées et commercialisées, et sont populaires, à la fois chez les passionnés d'Echeveria et chez ceux qui sont intéressés par les plantes succulentes en général.


Echeveria minima Echeveria minima – La forme originale avec les feuilles charnues →
Un des plus plĂ©biscitĂ© est E. minima, dont on peut trouver plusieurs clones en circulation depuis sa dĂ©couverte il a une quarantaine d’annĂ©e. Le plus attrayant pour moi est celui originellement dĂ©crit, avec quelquefois des feuilles plus Ă©paisses que certaines vues en culture, et avec une coloration plus bleutĂ©e que la plupart, la pointe des feuilles de couleur rouge qui peut parfois s’étendre au revers des feuilles lorsque le sujet est cultivĂ© avec une forte luminositĂ©. Le plus incroyable c’est que cette plante qui prolifĂšre et rejette facilement en culture, est dĂ©crite comme habituellement solitaire dans la nature. Comme beaucoup des plantes qui poussent avec Echeveria minimavigueur et forment des amas en culture, la vie Ă  l’état sauvage est faite de privations et d'une existence solitaire sur les parois de falaises de zones rocheuses Ă©levĂ©es. Et mĂȘme si elle fait rapidement un groupe de rosettes en culture, l’épithĂšte est toujours appropriĂ© pour la taille des individus composant le groupe, qui ne dĂ©passent pas les 5 cm de diamĂštre. Les petits Ă©pis relĂąchĂ©s avec des fleurs orange saumon, tirant sur le jaune, sont aussi ‘minima’. Il vient d’Hidalgo, au Mexique.
← Echeveria minima – La forme avec les feuilles minces



Echeveria amoena
Echeveria amoena – collection de John Catlin →
E. amoena semble couvrir plusieurs noms : E. expatriata, E. fusilla et E. pulchella. Selon la monographie d'Eric Walther, se serait soit des synonymes, soit de probables hybrides dont E. amonea serait un des parents. Il est prĂ©sent dans les environs de Tehuacan, dans l'Ă©tat de Puebla au Mexique. Il forme un groupe compact de petites rosettes, chacune de 3 cm au maximum, plus petites que E. minima. La partie incurvĂ©e des feuilles est vert bleutĂ©, la partie extĂ©rieure des feuilles est cuivrĂ©e avec le bout rouge. Walther (des États-Unis) a utilisĂ© des termes qui ne nous sont pas familiers sur le vieux continent pour dĂ©crire les couleurs, mais j'aime sa description des couleurs des feuilles de cette plante : « un vert lichen profond teintĂ© de brun vineux » - bien plus poĂ©tique.


E. carnicolor ne semble plus ĂȘtre aussi commun qu’il l'Ă©tait il y a quelques annĂ©es, quand il embellissait presque toutes les collections de plantes succulentes. C’est une petite plante Ă©lĂ©gante Ă  faire pousser, avec des feuilles Ă©paisses presque cristallines sous la surface et des Ă©ruptions de minuscules papilles, ce qui lui donne une apparence croĂ»teuse ; la couleur est indĂ©terminable : une sorte de gris violet. Ici, je ne peux pas dire que j'aime la description de Walther quant Ă  la couleur : un vert cresson clair assez terne. D'aprĂšs l'illustration qui l'accompagne nous parlons clairement de la mĂȘme espĂšce, qui renvoie Ă  une description originale de Baker en 1870, mais il n'y avait que de petites traces de vert sur les plantes que j’ai cultivĂ©, et je ne suis pas sĂ»r de la signification de la couleur « terne », mais ça n'a pas l'air trĂšs attrayant. E. carnicolor se trouve dans les rochers et sur les arbres dans les forĂȘts tropicales humides Ă  Veracruz, au Mexique, au pied des pentes Est de la montagne Orizaba.

Echeveria chihuahuensis
← Echeveria chihuahuensis – difficile à conserver
E. chihuahuensis a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ© pour la premiĂšre fois dans la revue de la « Cactus and Succulent Society of America » en 1943, aprĂšs avoir Ă©tĂ© trouvĂ© proche d’une paroi rocheuse et rapportĂ© Ă  George Lindsay et Robert Craig au Chihuahua par un indien. Lindsay l’a dĂ©crit comme ayant des trĂšs belles feuilles bleu-vert, teintĂ©es de rose. Il avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© partiellement dĂ©crit par von Poellnitz, en 1935 et 1936, et Walther Ă©tait plutĂŽt hĂ©sitant Ă  placer ici la plante apportĂ©e par Lindsay et Craig. Mais le temps semble lui avoir donnĂ© raison, bien que ce ne soit pas une plante commune en culture, et qui prĂ©sente des difficultĂ©s Ă  ĂȘtre gardĂ©e en bonne santĂ©.

Echeveria chihuahuensis x E. pulidonis
Echeveria chihuahuensis x E. pulidonis – prend les qualitĂ©s des deux plantes parentes →
Elle est certainement trĂšs belle, avec des couleurs attrayantes sur sa partie incurvĂ©e, des feuilles plutĂŽt Ă©paisses, une coloration rose sur le bout et les bords des feuilles amplifiĂ©e par une exposition Ă  une forte luminositĂ©. Un croisement que j’ai fait il y a quelques annĂ©es avec E. pulidonis m’a donnĂ© un hybride avec le bleu de E. chihuahuensis qui domine sur les feuilles, mais le bord rouge mieux dĂ©limitĂ©, et les fleurs jaunes de l’E. pulidonis. En prime il est plus facile Ă  cultiver que E. chihuahuensis, mais j’aime toujours cultiver les plantes des deux espĂšces parentales.

A propos d'E. pulidonis, je pense que c’est une des espĂšces les plus gratifiantes Ă  cultiver, et comme nous l’avons dĂ©jĂ  vu, elle ne prĂ©sente pas trop de difficultĂ©s. Elle fait une charmante rosette aplatie de 8-10 cm de diamĂštre, avec des feuilles incurvĂ©es bleu-vert, ornĂ©es de bords rouges semblant avoir Ă©tĂ© dessinĂ©s soigneusement par un peintre avec l'intention de rajouter un liserĂ© dĂ©licat se dĂ©tachant de la couleur uniforme de la plante.

Echeveria pulidonis← Echeveria pulidonis – cette espùce a des fleurs jaunes inhabituelles
C’est une plante robuste, je l’ai vue produite par centaine sur le continent comme plante tout public. J’ai eu ma premiĂšre dans les annĂ©es 1970, peu aprĂšs qu’elle ait Ă©tĂ© dĂ©crite par Walther dans sa monographie, Ă  partir de plantes trouvĂ©es en Hidalgo qui lui avaient Ă©tĂ© envoyĂ©es. Je l’ai cultivĂ©e prudemment mais constamment sous forme d'un amas de 7 Ă  8 rosettes de maniĂšre remplir un pot de 25 cm de diamĂštre (environ 10 pouces et, bien sĂ»r, en dĂ©pit d'une invasion rampante). Imaginez ma surprise quand, lors d'un BCSS concours, j’ai sous-notĂ© une simple rosette de cette plante, qui a Ă©tĂ© Ă©lue la meilleure de la classe. L’époque et les esprits ont changĂ© depuis, mais j'ai aujourd'hui pour elle la mĂȘme considĂ©ration que j'avais autrefois, et l’inflorescence en forme de crosse avec ses inhabituelles fleurs jaunes et brillantes est toujours une surprise pour ceux qui la voient pour la premiĂšre fois.

Echeveria derenbergiiEcheveria derenbergii – une miniature populaire avec de petites hampes florales →

E. derenbergii est une plante tellement rĂ©guliĂšre, compacte Ă  tous les niveaux, qu'elle devrait sans conteste ĂȘtre placĂ©e parmi les plus petites merveilles du genre. Son utilisation pour l’hybridation a produit des plantes de faible dĂ©veloppement, avec la petite hampe florale caractĂ©ristique de cette espĂšce. Mais pour moi aucun hybride n’a surpassĂ© le charme de l'espĂšce, avec ses feuilles bleu pastel avec les pointes et les bords rouge profond (Walther dit « vert d'eau Ă  vert raisin, glauque pulvĂ©rulent, les bords et la pointe rouge grenadine »). Elle vient de la Sierra Mixteca dans l’état de Oaxaca, et je fus déçu de ne pas l'avoir trouvĂ© lors de mon voyage dans cette partie du Mexique.

La taille des rosettes est en gĂ©nĂ©ral de 5 cm de diamĂštre, formant un ensemble plutĂŽt proĂ©minent, presque globulaire, et forme rapidement un groupe compact de rosettes. Les hampes florales courtes (parfois trĂšs courtes, comme sur la plante de la photo), ne dĂ©passent que rarement les 8 cm de hauteur, avec pas plus d’une demi-douzaine de fleurs sur chaque hampe, mais souvent la plante produit trois hampes ou plus en mĂȘme temps. Les fleurs sont jaunes, rouge orangĂ© sur l’extĂ©rieur et l’extrĂ©mitĂ© des pĂ©tales (“jaune capucine, plus pĂąle vers la base, l’extrĂ©mitĂ© et le revers des pĂ©tales rouge grenadine, les bords jaune orangĂ© clair, l’intĂ©rieur va du chrome profond au jaune sombre ; le dessus des carpelles couleur jaune baryte (jaune clair - NdT), les styles rouge vandyke (rouge grisĂątre - NdT)” d'aprĂšs Walther - wow !).

Echeveria nodulosa ← Echeveria nodulosa – une « vieille » plante populaire
E. nodulosa a Ă©tĂ© une plante populaire pendant de nombreuses annĂ©es, en effet, sa description originale remonte Ă  1869. Sans aller si loin en arriĂšre, je me souviens de l’avoir vu dans des collections il y a une cinquantaine d’annĂ©es. Elle Ă©tait souvent offerte sous forme de bouture, ou de feuille racinĂ©e avec une plantule attachĂ©e, quand je visitais les serres de collectionneurs, Ă  mes dĂ©buts de passionnĂ© d'Echeveria.

AprĂšs quelques annĂ©es de culture, je me suis trouvĂ© dans la mĂȘme position que mes gĂ©nĂ©reux donateurs, avec des plantes aux longues tiges se ramifiant, de 30 cm ou plus de haut (proche des 60 cm avec l’inflorescence) ayant besoin de tailles sĂ©vĂšres. Afin de le conserver dans les limites du raisonnable, et en obtenir le meilleur, il faut rĂ©guliĂšrement recommencer Ă  zĂ©ro. Cela dit, la rosette est plutĂŽt petite, et dans les premiĂšres annĂ©es de culture elle donne une plante rĂ©guliĂšre et trĂšs colorĂ©e, avec son vert foncĂ© inhabituel et les feuilles artistiquement dessinĂ©es de marron (vert absinthe et rouge foncĂ© pour les bords et la base des feuilles, d’aprĂšs Walther). J’étais assez excitĂ© l’an passĂ© quand elle a fleuri, et pour la premiĂšre fois j'ai remarquĂ© un petit nodule sur la hampe florale, sous chaque fleur, et j’ai pensĂ© que j’avais peut-ĂȘtre trouvĂ© lĂ  l’origine de son nom (E. nodulosa). Mais je note, en lisant la description d’une plante sauvage par Walther, qu’il parle des feuilles, des bractĂ©es, des sĂ©pales et de la surface extĂ©rieure de la corolle qui Ă©taient soigneusement papilleuse, ce qui est observable Ă  la loupe, et qui explique peut ĂȘtre le choix du nom. Dans la nature, je l’ai vu souvent solitaire, grandissant dans des roches calcaires et parfois sur les mĂȘmes pierres que celles qui ont Ă©tĂ© utilisĂ©es pour construire les murs de pierres dĂ©limitant les propriĂ©tĂ©s de l’état de Oaxaca, dans le Sud du Mexique.

Echeveria pulvinata ‘Ruby’Echeveria pulvinata ‘Ruby’ – avec du « rouge Ă  lĂšvre » sur les feuilles →
J’ai aussi eu la chance de voir une E. pulvinata dans l’état de Oaxaca, et c’était encore une fois des plantes solitaires poussant le long des fissures dans des parois rocheuses presque verticales. C’est une autre « vieille » espĂšce populaire, dĂ©crite il y a un siĂšcle au mois de septembre de cette annĂ©e. Je suppose que le collectionneur qui l’a trouvĂ©e en premier (un Mr. Pringle) Ă©tait au moins aussi enthousiaste que moi lorsqu’il a constatĂ© la beautĂ© de l’espĂšce qu’il venait de dĂ©couvrir. Le plus frĂ©quemment vu en culture est un cultivar (E. pulvinata « ruby »), remarquable par le rouge intense qui souligne le bord des feuilles. Il devient une plante qui se ramifie progressivement, rappelant une composition florale japonaise d'allure rebelle, mais pas moins attrayante pour autant. Les feuilles, si merveilleusement colorĂ©es, sont couvertes de minuscules poils, lui donnant une sensation trĂšs particuliĂšre au touchĂ© et un trĂšs bel effet avec les rayons du soleil par derriĂšre, qui les fait briller dans un halo argentĂ© autour des feuilles et des tiges. Les fleurs ne déçoivent pas non plus, avec des couleurs fortes, rouge Ă©carlate sur les bords des pĂ©tales, et jaune foncĂ© au cƓur, d’aprĂšs Walther. Cette espĂšce peut ĂȘtre propagĂ©e Ă  partir de boutures de feuilles racinĂ©es, comme la plupart des plantes de ce genre, mais peuvent aussi sĂ©cher complĂštement sans raciner si elles sont placĂ©es trop au soleil. D'un autre cĂŽtĂ©, j'ai trouvĂ© des feuilles racinĂ©es autour de la base de la plante avec de petites plantes formĂ©es sans aucune assistance.

Echeveria purpusorum← Echeveria purpusorum – ressemble beaucoup à une Haworthia
E. purpusorum est une autre plante que je n’ai jamais trouvĂ©e dans son habitat naturel, Ă  la Sierra Misteca Ă  la frontiĂšre des Ă©tats de Oaxaca et de Puebla. Walther comparait sa forme inhabituelle aux Haworthia, et jusqu'Ă  sa floraison peut facilement ĂȘtre confondue avec une espĂšce de ce genre du Sud de l’Afrique.

Les feuilles triangulaires et pointues font un peu penser Ă  E. agavoides, il est placĂ© dans la mĂȘme section par Walther, mais avec une rosette bien plus petite, de 8 Ă  10 cm de diamĂštre environ (mais souvent plus petite), et trĂšs distincte, vert grisĂątre, fortement tachetĂ©e et striĂ©e de brun ou brun rougeĂątre. Cette espĂšce a posĂ© quelques difficultĂ©s Ă  ĂȘtre cultivĂ©es sur une longue pĂ©riode, et les collectionneurs se plaignent souvent soit de l’avoir perdue, soit qu’elle ne pousse pas correctement. Il semble qu’elle pousse lentement, sans pouvoir ĂȘtre hĂątĂ©e, une terre granuleuse semblant ĂȘtre prĂ©fĂ©rable, et attention Ă  l’arrosage, qui ne doit pas ĂȘtre trop frĂ©quent. Je ne l’ai jamais vue autrement que sous forme de rosette solitaire. Les fleurs sont un peu dĂ©cevantes, peu nombreuses, petites, arrondies, aux couleurs ternes et sur une longue hampe retombante, pour lesquelles mĂȘme Walther n’arrive pas Ă  me faire changer d'avis avec sa « corolle de rose dorĂ© Ă  la base Ă  rouge Ă©carlate sur le dessus, et jaune profond au cƓur et aux extrĂ©mitĂ©s.

Echeveria setosa var. setosaEcheveria setosa var. setosa – craquant →
E. setosa a longtemps Ă©tĂ© mis en marge des collections, mais a Ă©tĂ© utilisĂ© Ă  cause de sa couverture floue de poils blancs et denses pour produire plusieurs hybrides, avec plus ou moins de rĂ©ussite. C’est une plante poussant trĂšs bien, qui conserve une rosette un peu aplatie d'environ 8 cm de diamĂštre seulement, forme un massif compact, avec de petites feuilles vertes denses, mais comme indiquĂ© prĂ©cĂ©demment son principal intĂ©rĂȘt reste sa surface brillante, blanche vitreuse, son duvet ; c’est une plante intĂ©ressante.

Echeveria setosa var. ciliata

← Echeveria setosa var. ciliata – avec des feuilles vertes brillantes
DerniÚrement il a été étendu pour inclure encore plus de merveilleuses variétés (quatre au moins). Elles sont l'ancienne espÚce E. ciliata, une plante à feuilles plus larges, avec quelque peu moins de soies, et celles-ci se concentrant sur les bords des feuilles vertes.

Echeveria setosa var. deminuta
Echeveria setosa var. deminuta – souvent Ă©tiquetĂ© E. rundelii →
E. s. var. deminuta, qui a longtemps Ă©tĂ© cultivĂ©e comme “E. rundelii”, ou, avec une erreur de lecture du r continental que je suspecte, “E. tundelii”, avec de minuscules feuilles bleu mĂ©diterranĂ©e en forme de club et des touffes de poils aux extrĂ©mitĂ©s. Les rosettes ne dĂ©passent guĂšre les 3 cm et forment un massif dense.

Echeveria setosa var. minor
← Echeveria setosa var. minor – la variĂ©tĂ© la plus rĂ©cemment nommĂ©e de cette espĂšce
La variĂ©tĂ© minor combine le meilleur des deux formes, les feuilles sont couvertes des petits poils dĂ©jĂ  mentionnĂ©s et forment une rosette un peu aplatie de 8 cm de diamĂštre environ, d’un bleu pĂąle rappelant le ciel d’une soirĂ©e d’étĂ©, quand le soleil couchant commence Ă  diluer l'intensitĂ© du bleu.


Echeveria tolimanensis


Echeveria tolimanensis – avec des feuilles juteuses gris colombe →
E. tolimanensis est constamment produit par les propagateurs enthousiastes du genre, et tout aussi constamment perdu en attirant les chasseurs de trophĂ©es qui ont entendu dire qu’il Ă©tait hautement cĂŽtĂ©. C’est une plante qui n'est pas difficile, mais qui pousse lentement, et n'apprĂ©cie pas d'ĂȘtre poussĂ©e Ă  croĂźtre plus vite qu'elle n'est capable de le faire. Elle a des feuilles incurvĂ©es et Ă©paisses, de sections circulaires lorsqu’elle est bien arrosĂ©e, un peu aplaties Ă  la surface supĂ©rieure quand elle est sĂšche, et se terminant en pointes. Mais c’est ses couleurs qui font l'essentiel de son succĂšs, Ă©tant gris colombe, recouvert d'une Ă©paisse couche de blanc farine, et le contraste des fleurs orange pĂȘche sur une courte hampe surplombant la rosette complĂšte la palette des couleurs. Walther dĂ©crit l’inflorescence comme « une corolle rose corail Ă  la base, orange Ă  ocre saumonĂ© clair sur le dessus, jaune primuline Ă  l’intĂ©rieur ».


Echeveria difractens← Echeveria difractens – commence à former des boutons floraux.
E. difractens est en comparaison une espĂšce rĂ©cente. TrouvĂ©e par Alfred Lau Ă  Veracruz dans une zone balayĂ©e frĂ©quemment par de fortes pluies d’étĂ©, et par des tempĂȘtes l’hiver, ce qui rend surprenante la prĂ©sence d'une plante succulente, mais le terrain abrupt et drainant ainsi que les frĂ©quents pics de chaleur dans la zone Ă©quilibrent l'Ă©quation et permettent Ă  plusieurs de nos chĂšres plantes succulentes d’y prospĂ©rer. Cette espĂšce est l’une d'elle. DĂ©crite par Lau et Myron Kimnach dans la revue de la Cactus and Succulent Society of America en 1981, elle est nommĂ©e ainsi pour une “acablante” caractĂ©ristique : ses bractĂ©es se dĂ©tachent facilement, tombant au moindre contact, racinant et formant de nouvelles plantes comme le font beaucoup d'autres Echeveria Ă  partir de feuilles, et de temps en temps de la hampe florale.

Sa couleur est une des plus exceptionnelles du genre. Elle a Ă©tĂ© dĂ©crite (sans l’aide de Walther) comme violet-gris-rosĂątre clair. C’est une couleur qui rappelle celle bien connue de l'Echeveria hybride ‘Perle von Nurnberg’. Les feuilles assez fines s’imbriquent les unes dans les autres dans une rosette serrĂ©e, concave sur le dessus, avec des feuilles de plus en plus petites ne formant plus qu’un point au centre de la rosette. Alors qu'elles ont Ă©tĂ© dĂ©crites comme rarement solitaires, en culture elles formeront un petit groupe avec le temps, mais ne prolifĂ©reront pas Ă©normĂ©ment. Le fait remarquable est la quantitĂ© de hampes florales que cette espĂšce produit, avec quelquefois une demi-douzaine de hampes par rosette, voire plus, au point qu’une fois la floraison passĂ©e la rosette est presque dessĂ©chĂ©e et peut mourir. La coupe prĂ©coce des hampes mourantes prĂ©viendra une aggravation due Ă  la production de graines, les hampes florales restant turgescentes pendant quelques temps pour soutenir la production de graine.

Je devrais expliquer que les couleurs poĂ©tiques d’Eric Walther suivent les normes chromatiques de Ridgway (Colour Standards - 1912), comparables Ă  la charte chromatique de la Royal Horticultural Society. Je n’ai jamais vu de telles descriptions chromatiques utilisĂ©es ailleurs : je vais devoir m’en procurer une copie.

Références :

LAU, A. B. & KIMNACH, M. (1981) Echeveria difractens, sp. nov. Cact. Succ. J. (US) 53 (1) : 4-7 (1981).
LINDSAY, G. (1943) Plant hunting in the Tarahumare mountains of Chihuahua, Mexico. Cact. Succ. J. (US) 15(5): 73.
MORAN, R. (1993) Variation and varieties in Echeveria setosa. Cact. Succ. J. (US) 65 (1) : 27-36.
VON POELLNITZ, K. (1935 & 1936) Fedde's Repert. Spec nov. 38 : 29 ; & 1.c 39 : 251.
WALTHER, E. (1972) Echeveria. California Academy of Sciences, USA.
WRIGHT, R. (1996) Dick Wright and his echeverias. Cact. Succ. J. (US) 68 (1) : 15-16.


Traduit pour le Cactus Francophone par Nicolas POINTEAU
Relu par Fabrice CENDRIN
Mise en page Alain Laroze
Publié le 2008/01/06.

 

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