25, 26 et 27 mai 2012
Albertas (Bouc-Bel-Air)
26 et 27 mai 2012
Couleurs Cactus (Commentry)
9 et 10 juin 2012
Alba (Alba)
16 et 17 juin 2012
Foire aux cactus de Montolieu (Montolieu)
25 et 26 août 2012
Fête du Cactus à Punérot (Punerot)
EUPHORBIA CLAVARIOIDES
Originellement publié dans la revue Cactus & Co, 2004 Vol. VIII, n°3.
Merci Ă Daphne Pritchard et Ă Cactus & Co pour leurs autorisations de traduction et publication ici.
Texte & Photos: Daphne Pritchard
Euphorbia clavarioides Boiss. est connue depuis de nombreuses annĂ©es et prĂ©sente une large distribution en Afrique du Sud, depuis ce qui Ă©tait autrefois le Transvaal, jusquâĂ la province de lâEastern Cape au sud, en passant par le Free State et le Lesotho. Elle fut dâabord dĂ©couverte par DrĂšge dans les annĂ©es 1830 dans les montagnes du Sneeuwberg, puis, quelques annĂ©es plus tard, signalĂ©e par le Dr Galpin dans la rĂ©gion de Queenstown. LâespĂšce fut dĂ©crite par Boissier en 1860, avec le district de Graaff-Reinet, dans les montagnes du Sneeuwberg, comme localitĂ© type, et prĂ©sente une distribution comprenant1) la province du Cap avec les districts de Graaff-Reinet, Cradock, Queenstown et Hanover ; le Lesotho avec les districts de Maseru et Leribe ; ainsi que le Transvaal et le Natal avec de nombreuses autres localitĂ©s pour la var. truncata 2).
La caractĂ©ristique la plus remarquable dâE. clavarioides est de former de grands coussins arrondis composĂ©s dâune multitude de petites tĂȘtes. Le corps de la plante, complĂštement enterrĂ©, est le prolongement de la racine principale. Lorsqu'il forme des branches, elles naissent juste au dessus du niveau du sol. Cependant Ă maturitĂ©, elles disparaissent sous le niveau du sol, se ramifiant de la mĂȘme maniĂšre, les nouvelles branches juste au-dessus du niveau du sol. A son tour cette ramification secondaire disparait dans le sol Ă maturitĂ©, de nouvelles branches apparaissant juste au dessus du niveau du sol.
Le processus se poursuit ainsi, formant Ă terme des coussins formĂ©s dâune multitude de petites tĂȘtes arrondies dâenviron 1cm de diamĂštre chacune. Avec le temps ces coussins peuvent ĂȘtre composĂ©s de centaines de petites tĂȘtes et des buttes de 1 m de diamĂštre et plus ont Ă©tĂ© relevĂ©es, en particulier au Lesotho oĂč ces plantes sont trĂšs prolifiques, spĂ©cialement dans les zones montagneuses oĂč elles semblent prospĂ©rer dans les sols basaltiques. Harry Hall rapporte avoir vu au Lesotho une plante de quelques 4ft de diamĂštre (appr. 122 cm). (Euphorbia Journal Vol. 2).
Le cyathe dâE. clavarioides a des glandes nectarifĂšres jaune-verdĂątre vif, et, pendant la pĂ©riode de floraison, les coussins ont un aspect saisissant, les cyathes apparaissant au sommet des branches. Les feuilles sont trĂšs petites et rapidement dĂ©cidues. Par temps chaud et sec, les plantes ont tendance Ă virer au rouge foncĂ©, particuliĂšrement en terrain dĂ©couvert, mais Ă lâombre, elles ont davantage tendance Ă garder leur couleur verte normale.
En 1860, quand Boissier dĂ©crivit lâespĂšce, elle nâĂ©tait connue qu'en sa localitĂ© type, mais, plus tard, des plantes en coussins presque identiques furent trouvĂ©es dans ce qui Ă©tait alors le Basutoland (maintenant Lesotho), et furent dĂ©crites par Marloth en 1909 en tant quâEuphorbia basutica. En 1915 une plante similaire venant du Transvaal fut dĂ©crite par N. E. Brown, mais en lâoccurrence, les coussins Ă©taient plutĂŽt plats et la plante se ramifiait diffĂ©remment. La tige principale prolongeait la racine comme chez E. clavarioides et Ă©tait enfoncĂ©e presquâen dessous du niveau du sol, mais les branches partaient toutes de la tige principale avec les extrĂ©mitĂ©s Ă©mergeant Ă peine du sol. Ainsi les branches Ă la pĂ©riphĂ©rie du coussin Ă©taient les plus longues, et leur taille diminuait en se rapprochant du centre. LâextrĂ©mitĂ© des branches de cette euphorbe avait tendance Ă prendre une forme de massue, et N. E. Brown lui donna le nom dâEuphorbia truncata 3).
Au regard des points communs entre ces espĂšces en coussins, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de les rĂ©unir sous le nom plus ancien dâE. clavarioides, mais en en faisant deux variĂ©tĂ©s. E. basutica Ă©tait si proche dâE. clavarioides quâelle a Ă©tĂ© incluse dans E. clavarioides var. clavarioides, et E. truncata est devenue E. clavarioides var. truncata. La distribution de cette derniĂšre comprend :
- le Transvaal oĂč elle est frĂ©quente en de nombreux endroits Ă©levĂ©s du veld 4), incluant les districts de Zoutpansberg, Lydenburg, Middleburg, Carolina, Ermelo, Standerton, Johannesburg, Pretoria et Marico,
- le Natal : district dâEscourt
- Le Bechuanaland britannique : Vryburg 5).
On remarque que les habitats des deux variétés se chevauchent.
La localitĂ© type dâE. clavarioides var. truncata est situĂ©e dans le Transvaal, une rĂ©gion qui a depuis Ă©tĂ© divisĂ©e en Northern Province6), North West Province, Gauteng et Mpumalanga. En 1990 mon mari et moi cherchions Frithia pulchra dans les montagnes du Magaliesberg au nord-ouest de Johannesburg (dans le Gauteng) et câest lĂ que nous vĂźmes les premiĂšres plantes dâE. clavarioides var. truncata. Nous fĂ»mes impressionnĂ©s par la taille des coussins et par la dimension constante des nombreuses petites tĂȘtes qui les composaient. Peu aprĂšs, nous sĂ©journĂąmes dans la rĂ©gion de Graaff-Reinet et dĂ©cidĂąmes que nous devions chercher E. clavarioides var. clavarioides, puisquâil sâagissait de la localitĂ© type de cette variĂ©tĂ©. Nous avions vu dans âThe Euphorbieaeâ (Southern Africa) une photo dâune plante de cette espĂšce poussant prĂšs du village de Nieu Bethesda : quel meilleur endroit pour entamer notre quĂȘte.
Il ne fut pas difficile de trouver les plantes. A notre premiĂšre visite nous nous rendĂźmes au village par le nord et trouvĂąmes des spĂ©cimens de toutes tailles poussant prĂšs de la route. Lors de nos visites suivantes, nous avons trouvĂ© E. clavarioides var. clavarioides poussant le long des autres routes menant Ă Nieu Bethesda. Ces dix derniĂšres annĂ©es environ, nous avons rendu visite Ă ces plantes de nombreuses fois et les avons vus progressivement atteindre une belle taille, la plus grande que nous ayons vue mesurant environ 80 cm de diamĂštre. Toutes les plantes paraissaient en bonne forme, Ă lâexception de quelques tĂȘtes occasionnellement abimĂ©es, probablement du fait dâanimaux. Dans le Lesotho, les plantes de cette espĂšce souffrent dâattaques fongiques et les fruits sont frĂ©quemment gĂątĂ©s par des insectes, mais nous nâavons rien vu de cela autour de Nieu Bethesda et Graaff-Reinet.
Au cours de nos voyages, nous avons trouvĂ© une colonie intĂ©ressante dâE. clavarioides var. clavarioides dans la rĂ©gion de Richmond oĂč toutes les plantes ont des tĂȘtes exceptionnellement petites de seulement 0,5 cm de diamĂštre. Certaines plantes poussent en terrain rocailleux, entre les rochers, mais dâautres non, et toutes avec des tĂȘtes de taille similaire. Nous avons observĂ© ces plantes sur une pĂ©riode dâenviron 7 ans, et bien quâelles aient grandi, les tĂȘtes sont restĂ©es petites. Lâhabitat est situĂ© Ă une altitude assez Ă©levĂ©e, et il est reconnu que les plantes de cette espĂšce prĂ©fĂšrent ces conditions et deviennent plus grandes que celles poussant Ă plus basse altitude, mais il ne semble pas que cela soit Ă lâorigine de ces plus petites tĂȘtes. La rĂ©gion est bien situĂ©e sur la frange ouest de lâaire de rĂ©partition de cette espĂšce, mais, Ă nouveau, cela nâexplique pas dâaussi petites tĂȘtes. Nous espĂ©rons continuer Ă nous rendre sur cette zone et observer lâĂ©volution de ces plantes.
Au regard de la distribution Ă©tendue dâE. clavarioides Boiss. et du fait quâelle soit connue depuis longtemps, il nâest pas Ă©tonnant dâapprendre que les indigĂšnes ont trouvĂ© des usages variĂ©s Ă ces plantes. Larry Mitich, dans Euphorbia Journal Vol. 2, indique que les indigĂšnes de lâextrĂȘme est du Transvaal utilisent le latex de la plante pour traiter les verrues et les tumeurs cancĂ©reuses, et que les tribus parlant le Bantu en tirent une lotion pour baigner les pieds gonflĂ©s. Le latex est Ă©galement utilisĂ© pour faire de la colle. Le latex dâE. clavarioides var. truncata est connu comme remĂšde par voie orale contre les rhumes, gonorrhĂ©es et appendicites aigĂŒes. Câest un puissant vomitif et purgatif ! Les indigĂšnes font Ă©galement bouillir la plante, en rĂ©cupĂšrent le jus et lâutilisent pour supprimer les vers parasitant les intestins du bĂ©tail, pour en oindre les pieds, et pour en faire de la glue. Ces utilisations paraissent toutes trĂšs dangereuses et on peut se demander si, dans le cadre de cet usage mĂ©dicinal, elles ne font pas plus de mal que de bien.
Un article intĂ©ressant de Koos Venter dans Euphorbia Journal Vol. 5 rapporte quâĂ lâoccasion de la mise au point du Highland Water Project entre lâAfrique du Sud et le Lesotho, Pik Botha, le ministre sud-africain des affaires Ă©trangĂšres, reçut du major gĂ©nĂ©ral Metsing Lekhanya, le chef de la junte militaire du Lesotho, une plante vivante dâE. clavarioides. Le gĂ©nĂ©ral expliqua Ă M. Botha que cette plante Ă©tait particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e dans son pays et que les jeunes filles cĂ©libataires sâen frottaient la sĂšve sur leurs seins pour sĂ©duire leurs galants. Une photo de lâĂ©vĂšnement accompagne lâarticle.
Le Lesotho est probablement lâhabitat le plus dense dâE. clavarioides var. clavarioides et de nombreux spĂ©cimens gigantesques peuvent y ĂȘtre trouvĂ©s poussant Ă flancs de montagnes. Ils sont trĂšs utiles au rare Aloe polyphylla pour lequel ils servent de pouponniĂšre, ses semis et jeunes plants poussant Ă lâabri du coussin formĂ© par cette euphorbe.
A ma connaissance, E. clavarioides nâest pas une plante apprĂ©ciĂ©e des collectionneurs, peut-ĂȘtre parce quâelle nâest pas rare. Cependant pour les amateurs de concours, un spĂ©cimen mature de cette espĂšce peut constituer une piĂšce impressionnante sur la table dâexposition, ainsi que cela peut se voir sur la photo des concurrents du B.C.S.S. National Show de Luton, il y a quelques annĂ©es, oĂč il remporta le premier prix en dĂ©pit du fait que quelques tĂȘtes Ă©taient devenues monstrueuses. Cette plante fut aussi prĂ©sentĂ©e au E.S.G. Show de Birmingham quelques annĂ©es plus tard, oĂč elle remporta Ă nouveau le premier prix.
Bibliographie
WHITE A., DYER R.A. and SLOANE B.I. 1941. The Succulent Euphorbieae (Southern Africa), pp. 297-
312, Abbey Garden Press.
HALL H. 1984. Euphorbia hallii & Notes on Some South African Euphorbias. The Euphorbia Journal,
Vol.2, p. 21 Strawberry Press, Mill Valley California.
MITICH L. 1984. The Succulent Euphorbias: Poisonous and Medicinal. The Euphorbia Journal, Vol. 2,
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VENTER K. 1988. Euphorbias in the News. The Euphorbia Journal, Vol.5, p. 43. Strawberry Press, Mill
Valley, California.
FOURIE S.P. 1991. An Introduction to the Succulent Euphorbias of the Transvaal, Part Four, âSpineless
Dwarfsâ. The Euphorbia Journal, Vol.7, pp. 105-116. Strawberry Press, Mill Valley, California.
HARGREAVES B.J. 1992. Volcanoes and Spurges: Euphorbia clavarioides in Lesotho, The Euphorbia
Journal, Vol.8, pp. 103-110. Strawberry Press, Mill Valley, California.
Adresse de l'auteur
11, Shaftesbury Ave., Penketh, Warrington, Cheshire WA5 2PD, Angleterre.
e-mail: 101723.3005([Ă ])compuserve.com
Traduit pour le Cactus Francophone par Philippe Corman
Relu par Eric Mare
Mise en page Alain Laroze
Publié le 2010/07/03
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