25, 26 et 27 mai 2012
Albertas (Bouc-Bel-Air)
26 et 27 mai 2012
Couleurs Cactus (Commentry)
9 et 10 juin 2012
Alba (Alba)
16 et 17 juin 2012
Foire aux cactus de Montolieu (Montolieu)
25 et 26 août 2012
Fête du Cactus à Punérot (Punerot)
Quelques notes sur Copiapoa humilis et la description d'une nouvelle sous-espĂšce
Paul Hoxey passe en revue les sous-espÚces de Copiapoa humilis et décrit une variante plus australe.
Photographies de P. Hoxey et C. Brunt (Toutes les photos sont de l'auteur sauf celles indiquées).
PubliĂ© Ă lâorigine dans le British Cactus & Succulent Journal BCSJ Vol. 22 ( I ) mars 2004
Merci Ă l'auteur et au British Cactus & Succulent Journal pour leurs autorisations de traduction et publication ici.
Depuis la rĂ©daction de cet article, les observations sur ces plantes se sont multipliĂ©es, et ont apportĂ© un Ă©clairage diffĂ©rent. L'auteur a tenu a corriger un certain nombre de ses positions, mĂȘme si cela contredit quelquefois le texte original.
Le genre Copiapoa, endĂ©mique du Chili, se trouve dans le Nord aride du pays entre 22°S et 31°S de latitude. La pluie dans cette rĂ©gion est un phĂ©nomĂšne rare et sporadique, arrivant tous les 5 Ă 7 ans avec le phĂ©nomĂšne mĂ©tĂ©orologique connu sous le nom de âEl Niñoâ. La plupart des espĂšces de Copiapoa poussent dans les rĂ©gions cĂŽtiĂšres oĂč elles puisent une grande partie de leur eau de la Camanchaca, nom local donnĂ© au brouillard venant de l'OcĂ©an Pacifique. C'est un genre trĂšs bien adaptĂ© Ă cet environnement rude et c'est souvent la plante dominante de la flore locale.
Les Copiapoa sont bien adaptĂ©s aux conditions arides en Ă©tant capable de conserver leur eau pendant les longues pĂ©riodes de sĂ©cheresse. Certaines espĂšces ont un Ă©piderme recouvert d'une couche cireuse extrĂȘmement Ă©paisse1) pour rĂ©duire davantage la perte dâeau, d'autres ont Ă©laborĂ© un style de vie gĂ©ophyte avec la plupart de la plante en dessous du niveau du sol.
Copiapoa est un genre qui se diffĂ©rencie nettement dans la famille des cactus, mais pour lequel il a Ă©tĂ© difficile dâĂ©tablir une classification des espĂšces. Un des problĂšmes est la similaritĂ© des fleurs, des fruits et des graines. Cela nous oblige Ă nous baser sur les caractĂ©ristiques vĂ©gĂ©tatives pour dĂ©terminer les relations entre les plantes, mais celles-ci sont moins fiables et souvent affectĂ©es par les conditions environnementales extrĂȘmes auxquelles les plantes sont soumises.
Copiapoa humilis est une espĂšce bien connue et rĂ©pandue en culture. C'est une des espĂšces de petite taille et au corps mou 2) qui survit Ă l'ariditĂ© de son habitat grĂące Ă sa grosse racine napiforme dans laquelle elle conserve l'eau. Ă la diffĂ©rence de beaucoup d'espĂšces de Copiapoa, elle pousse rapidement et 3 ou 4 ans aprĂšs le semis elle peut ĂȘtre florifĂšre. DâoĂč sa popularitĂ© en culture. Cependant lâĂ©tendue de cette espĂšce n'est pas bien connue et cet article a Ă©tĂ© Ă©crit dans le but de documenter et dâillustrer ses diffĂ©rentes sous-espĂšces reconnues Ă ce jour.
Ce que nous appelons maintenant Copiapoa humilis a Ă©tĂ© dĂ©crit Ă l'origine par Rudolph Philippi en 1860 sous le nom dâEchinocactus humilis. Cette description n'Ă©tait pas particuliĂšrement bonne et manquait dâillustrations. La plante Ă©tait peu familiĂšre aux auteurs Britton et Rose quelque 60 ans plus tard quand ils ont Ă©crit les quatre volumes de leur lexicon âThe Cactaceaeâ, ils ne l'ont donc pas incluse dans leur nouveau genre Copiapoa (The Cactaceae, 1922), bien qu'ils aient pensĂ© qu'il y ait sa place. Cependant Philippi avait notĂ© prĂ©cisĂ©ment la localitĂ© type Ă Paposo, un petit village de pĂȘcheurs dans la province d'Antofagasta. Presque 100 ans aprĂšs sa premiĂšre description Paul Hutchison, lors d'une visite au Chili, est retournĂ© Ă la localitĂ© type et a collectĂ© quelques plantes. Il a publiĂ© alors une bien meilleure description et a insĂ©rĂ© ce taxon dans les Copiapoa.
Les explorations de Friedrich Ritter au cours des annĂ©es 1950-1960 ont fait beaucoup pour accroĂźtre notre connaissance du genre Copiapoa. Il a dĂ©couvert de nombreuses espĂšces et populations. Il avait cependant tendance Ă Ă©lever au grade d'espĂšce chaque nouvelle population. De nos jours, il est courant dâutiliser le rang de sous-espĂšce pour regrouper les taxons proches. Le concept actuel du C. humilis inclut un certain nombre des espĂšces de Ritter rĂ©duites au niveau de sous-espĂšces.
La distribution de Copiapoa humilis est trĂšs intĂ©ressante car elle se compose de petites populations disjointes dans une vaste rĂ©gion. Notre connaissance est trĂšs probablement incomplĂšte et les populations intermĂ©diaires qui peuvent ĂȘtre trouvĂ©es peuvent compliquer lâaffaire. Cependant jusqu'Ă prĂ©sent j'estime que les populations sĂ©parĂ©es sont dignes dâĂȘtre Ă©levĂ©es au grade de sous-espĂšces, ce qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© fait dans certains cas ailleurs. Pour le moment, j'accepte 7 sous-espĂšces, dont lâune est dĂ©crite ici pour la premiĂšre fois et une autre qui demande toujours une description formelle. Finalement deux taxons, qui ont Ă©tĂ© considĂ©rĂ©s comme variĂ©tĂ©s de C. humilis par divers auteurs, sont combinĂ©s dans d'autres espĂšces.
Copiapoa humilis subsp. humilis (Philippi) Hutchison
Cact. Succ.J. (US) 25(2):34 (1953)
Basionyme : Echinocactus humilis Philippi, Flor. Atac. 23 (1860)
J'ai vu ce taxon sur les collines au-dessus de Paposo. La région est particuliÚrement connue pour sa végétation. La Camanchaca trÚs dense dans cette région permet d'entretenir une flore riche. La distribution de C. humilis ssp. humilis a l'air trÚs restreinte car les collecteurs ne l'ont enregistré que dans le voisinage de Paposo, du niveau de la mer (Graham Charles pers. comm.) jusque dans les montagnes à au moins 700 m d'altitude 3).
Les traces des guanacos (parents sauvages des lamas) sont courantes, ceux-ci labourant profondĂ©ment le sol lorsquâils fouillent Ă la recherche de nourriture. Ils mangent les tĂȘtes des Copiapoa et trĂšs probablement leurs racines aussi. Cependant, si une portion de racine avec une partie basale de la tige survit, elle produira de nouvelles tĂȘtes. Au dĂ©but, ils ont des caractĂšres juvĂ©niles tout Ă fait distincts de ceux de la forme adulte. Hutchison a rapportĂ© que des larves d'insecte consomment le corps des plantes, ce qui les encourage aussi Ă Ă©mettre de nouvelles tĂȘtes depuis les racines. Avec le temps, les plantes en culture intactes rejetteront, mais elles ne seront pas aussi prolifiques que les plantes sauvages dont la tĂȘte principale a Ă©tĂ© endommagĂ©e ou mangĂ©e.
Cette sous-espĂšce a un corps de couleur sombre, marron-pourpre, relativement doux au toucher. Les cĂŽtes sont peu marquĂ©es avec de grands tubercules de 10 mm de diamĂštre, en spirale. Les arĂ©oles portent une touffe de laine blanche, surtout Ă lâapex. Les Ă©pines sont sombres, presque noires, devenant gris clair avec l'Ăąge. Les tĂȘtes juvĂ©niles sont plus petites dans toutes leurs parties, avec une spination courte, sans Ă©pine centrale. Superficiellement ils peuvent ressembler Ă une espĂšce miniature distincte, mais lorsque les plantes vieillissent, les Ă©pines radiales poussent, les Ă©pines centrales apparaissent, et la plante devient alors florifĂšre. Il y a 8 Ă 12 Ă©pines radiales de 15 mm de long, et jusquâĂ 4 Ă©pines centrales de 25 mm de long. Les fleurs Ă©mergent Ă travers la laine apicale, sont dâune couleur jaune or et mesurent jusquâĂ 5 cm de diamĂštre environ. La racine est grosse, napiforme et raccordĂ©e au corps par un mince cou composĂ© du tissu de la tige 4). J'ai eu en culture des plantes issues de semis qui ont un cou, mais pas aussi marquĂ©. Le cou extrĂȘmement mince ne peut apparaĂźtre que sur les vieilles plantes, peut-ĂȘtre quand de nouvelles tĂȘtes ont poussĂ© jusqu'Ă la surface depuis une racine aprĂšs que la tige dâorigine ait Ă©tĂ© endommagĂ©e.
Copiapoa humilis ssp. tocopillana (Ritter) D. Hunt
Cact. Syst. Init. 13: 14 (2002)
Basionyme : Copiapoa tocopillana Ritter, Kakteen in Sudamerika 3: 1072 (1980).
Ce taxon a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©couvert par Ritter au dĂ©but des annĂ©es 1960, bien qu'il ne l'ait pas officiellement dĂ©crit avant 1980. C'est la variante la plus septentrionale de lâespĂšce, et mĂȘme du genre entier, et lâune des moins connues dans l'habitat et en culture. Elle pousse dans une rĂ©gion extrĂȘmement sĂšche au nord d'Antofagasta, dans les environs de Tocopilla, oĂč on la trouve en haut des collines cĂŽtiĂšres Ă entre 800 m et 1 000 m. Il nây a quâĂ ces altitudes que le brouillard et les nuages fournissent l'humiditĂ© suffisante pour permettre aux plantes d'exister. Ritter mentionne plusieurs sites allant de la ville abandonnĂ©e de Cobija jusqu'Ă Tocopilla, vers le nord, et au-delĂ . Je suppose quâil est assez rĂ©pandu dans la rĂ©gion mais l'exploration est difficile en raison de la difficultĂ© du terrain et cela demande un amateur de cactus trĂšs enthousiaste pour grimper les 1 000 mĂštres de dĂ©nivelĂ© dâune colline stĂ©rile Ă la recherche des plantes !
J'ai vu pour la premiĂšre fois cette plante prĂšs de la ville de Tocopilla, en fĂ©vrier 2001. Les plantes Ă©taient rares et Ă©loignĂ©es les unes des autres, sur la partie sommitale de collines rocheuses. Elles Ă©taient incroyablement dĂ©shydratĂ©es puisquâaucune pluie n'Ă©tait tombĂ©e depuis 1997. Leur corps Ă©tait trĂšs rĂ©tractĂ©, avec une couverture Ă©pineuse dense, rendant difficile la distinction entre une plante vivante et une plante morte et rendant Ă©galement difficile la dĂ©termination du genre auquel elles appartenaient ! Quelques plantes plus petites ont Ă©tĂ© trouvĂ©es dans les fissures des rochers, protĂ©gĂ©es dâune grosse partie du soleil brĂ»lant. Elles ressemblaient beaucoup plus Ă des tĂȘtes juvĂ©niles de C. humilis ssp. humilis et confirment sa proximitĂ© avec ce taxon.
Il y avait peu d'autres végétaux dans la zone, bien que les cactus soient bien représentés avec des individus dispersés d'Eulychnia iquiquensis, Neoporteria residua 5)et le récemment décrit Eriosyce (Rimacactus) laui.
Mais lorsque je suis revenu dans la région en novembre de 2002, l'habitat était trÚs différent. Plus tÎt, cette année là , une pluie était tombée et les plantes de C. humilis ssp. tocopillana étaient gonflées en hauteur formant de courtes plantes colonnaires avec des signes de croissance récente. Cette fois les tubercules étaient distincts et le corps de couleur sombre si typique de C. humilis était clairement visible. Beaucoup de plantes annuelles étaient apparues et étaient en pleine floraison.
C. humilis ssp. tocopillana est trĂšs rare en culture et une grande partie des plantes en circulation sous ce nom est mal identifiĂ©e. Ce taxon diffĂšre du type de par son corps solitaire, plus haut que large, 10-15cm de haut pour 5 cm de large, bleu-vert, surtout sur les zones de croissance, Ă vert gris et marron-brĂ»lĂ© sur les parties plus anciennes. Il est dur au toucher et composĂ© de 10 Ă 15 cĂŽtes peu distinctes. Les racines sont grosses et napiformes, raccordĂ©es au corps par un cou mince. Les Ă©pines sont noires, devenant grises et Ă©ventuellement brun clair aux extrĂ©mitĂ©s. Les Ă©pines centrales et radiales sont droites et semblables Ă des aiguilles, lĂ©gĂšrement plus longues que lâespĂšce type, il y a environ 10 Ă©pines radiales de 10 Ă 25mm de longueur et 1 Ă 4 Ă©pines centrales, lĂ©gĂšrement plus Ă©paisses de 15 Ă 30mm de longueur. Les fleurs sont plus petites que celle de lâespĂšce type : 20 mm de large sur 25 mm de long, elles sont jaunes avec une bande mĂ©diane sombre sur l'extĂ©rieur des pĂ©tales.
Copiapoa humilis ssp. tenuissima (Ritter ex D. Hunt) D. Hunt
Cact. Syst. Init. 16: 6 (2003)
Basionyme : C. hypogaea ssp. tenuissima Ritter ex D. Hunt, Cact. Syst. Init. 13: 14 (2002)
Synonyme : C. tenuissima Ritter, Taxon 12 (1963) (de façon invalide6))
Au sud d'Antofagasta, les collines cĂŽtiĂšres ne sont pas accessibles en raison de l'absence de routes. Ce n'est que bien au sud de la ville 7) qu'une piste relie la Route PanamĂ©ricaine Ă la mine maintenant abandonnĂ©e d'El Cobre sur la cĂŽte. Dans cette rĂ©gion Ritter a dĂ©couvert C. humilis ssp. tenuissima qu'il a dĂ©crit de façon invalide comme Copiapoa tenuissima en 1960. Il a fait une brĂšve apparition en tant que sous-espĂšce de C. hypogaea avant que David Hunt ne le place sous C. humilis, oĂč je crois qu'il a sa place8). Les plantes poussent sur des collines nues Ă une altitude de 600 m en association avec C. solaris. Cela semble ĂȘtre un taxon rare ne poussant pas en grande quantitĂ© : je n'ai vu que quelques plantes dans l'habitat. Les petites tĂȘtes poussent avec la mĂȘme couleur rougeĂątre que la terre sous laquelle il y a une trĂšs grosse racine napiforme. C'est le taxon du groupe Copiapoa humilis le plus petit avec des tĂȘtes nâatteignant que 3 Ă 4 cm de diamĂštre dans l'habitat. Les plantes cultivĂ©es peuvent devenir beaucoup plus grandes mais leur croissance reste lente et elles ne rejettent pas beaucoup. L'Ă©piderme est trĂšs sombre, presque noir et les tubercules sont beaucoup plus petits que celle de lâespĂšce type avec une dimension de 2 mm de large et 4 mm de hauteur. Ils sont aussi de forme plus angulaire. La couleur sombre du corps reste prĂ©sente sur les plantes en culture, issues de semis, dĂ©montrant que la couleur ne vient pas seulement de l'intense lumiĂšre solaire dans l'habitat. La spination est faiblement dĂ©veloppĂ©e et il nây a pas dâĂ©pine centrale. Les Ă©pines radiales sont dans l'alignement des arĂ©oles, elles sont au nombre de 8 Ă 10 et font 4 mm de long. Leur couleur va de marron Ă jaune dorĂ©. Nigel Taylor a suggĂ©rĂ© que cette plante est nĂ©otĂ©nique (elle garde lâapparence dâune plante juvĂ©nile, mĂȘme Ă maturitĂ©) et je l'approuve. Toutes les autres sous-espĂšces de C. humilis ont des Ă©pines juvĂ©niles semblables, mais en poussant elles dĂ©veloppent alors une spination adulte plus forte. Ce taxon a perdu cette capacitĂ© et peut fleurir Ă l'Ă©tat juvĂ©nile. Les fleurs mesurent environ 25 mm de diamĂštre, poussent dans la laine de l'apex et sont jaunes avec une teinte rouge sur l'extĂ©rieur des pĂ©tales.
Mise Ă jour : Il y a maintenant quelques doutes sur l'appartenance de C. tenuissima au complexe humilis. En effet l'auteur (et d'autres), aprĂšs la rĂ©daction de cet article, a trouvĂ© cette espĂšce en compagnie de plantes typiques de Copiapoa humilis ssp. varispinata sur un mĂȘme site : le pic Botija.
Or, par dĂ©finition, 2 sous-espĂšces d'une mĂȘme espĂšce ne peuvent pas cohabiter sur un mĂȘme site.
Copiapoa humilis ssp. varispinata (Ritter) D. Hunt
Cact. Syst. Init. 13: 14 (2002).
Basionyme : C. variispinata Ritter, Kakteen in Sudamerika 3: 1070 (1980).
Synonyme : C. paposoensis Ritter, Kakteen in Sudamerika 3: 1068 (1980).
C'est une autre dĂ©couverte de Ritter faite dans les annĂ©es 60, mais quâil a dĂ©crit comme Copiapoa variispinata seulement en 1980. David Hunt a corrigĂ© l'orthographe en remplaçant lââiiâ avec un simple âiâ lorsquâil lâa versĂ© en sous-espĂšce de C. humilis. C'est un taxon trĂšs mal compris et Graham Charles en parle un peu plus en profondeur dans son livre 'Copiapoa'. Le rĂ©cemment nommĂ© C. ahremephiana (le membre le plus septentrional du groupe des Copiapoa cinerea qui pousse prĂšs de la vallĂ©e Botija) a Ă©tĂ© confondu avec cette espĂšce pendant plusieurs annĂ©es. Il y a un grand mystĂšre : pourquoi Ritter n'a pas dĂ©couvert ce taxon en mĂȘme temps vu quâil pousse Ă seulement quelques kilomĂštres en remontant la cĂŽte de la localitĂ© type de C. humilis ssp. varispinata ? Je suis sĂ»r que s'il l'avait vu il l'aurait dĂ©crit comme une nouvelle espĂšce.
C. humilis ssp. varispinata pousse dans les environs de la vallĂ©e d'Iscuña, Ă environ 50 km au nord de Paposo, comme le rapporte Ritter. Les plantes que j'ai vues dans l'habitat avaient tendance Ă ĂȘtre de petites plantes regroupĂ©es, plus larges que hautes, poussant parmi les roches et les pierres, se composant de 15 Ă 18 cĂŽtes distinctes et formant de petits groupes. Les Ă©pines sont variables, comme il en est fait allusion dans son nom, mais cela trouve sans doute son explication dans la taille et lâĂąge des plantes, comme il est courant dans le groupe des C. humilis. Les plus petites plantes ont une spination courte qui mâa immĂ©diatement suggĂ©rĂ© un rapport Ă©troit avec C. humilis ssp. tenuissima qui montre des caractĂ©ristiques juvĂ©niles semblables. De plus grandes plantes avaient une spination plus longue et plus mature bien qu'un peu variable. La distribution de la population que nous avons Ă©tudiĂ©e allait jusqu'Ă 300 m d'altitude ; aucune plante n'a Ă©tĂ© trouvĂ©e au-dessus9). Exceptionnellement pour C. humilis, l'Ă©piderme a une couleur gris-vert dans l'habitat. En culture, les plantes issues de semis sont vertes. Les tubercules sont d'une taille et dâune structure identique Ă celles de C. humilis ssp. tenuissima, particuliĂšrement sur les petites plantes. SimilaritĂ© aussi dans la spination, les Ă©pines radiales mesurent 4 mm de long, s'Ă©tendant Ă©galement autour de l'arĂ©ole, et sont au nombre de 10 Ă 14. Les Ă©pines centrales apparaissent sur les plus grandes plantes, elles mesurent 10 Ă 15 mm de long et sont au nombre de 5. Les fleurs font environ 30 mm de diamĂštre, sortant de lâapex laineux et ont une rayure mĂ©diane rougeĂątre sur l'extĂ©rieur des pĂ©tales.
Ce taxon et C. humilis ssp. tenuissima sont semblables dans de nombreux aspects et plus proche lâun de lâautre que nâimporte quel autre sous-espĂšce de C. humilis. Cependant C. humilis ssp. varispinata semble ĂȘtre autofertile, comme observĂ© en culture, alors que C. humilis ssp. tenuissima est autostĂ©rile (J. LĂŒthy, pers. comm.). C. humilis ssp. tenuissima devrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une forme juvĂ©nile fixe qui s'est adaptĂ©e pour pousser Ă de plus hautes altitudes, dans un environnement plus sec. Il a Ă©tĂ© reportĂ© vers le sud jusqu'Ă la vallĂ©e Botija, qui est dangereusement proche de l'habitat de C. humilis ssp. varispinata !
J'ai eu la chance d'examiner les plantes originales de Ritter de C. humilis ssp. varispinata (FR1447) en culture. Toutes ùgées de plus de 30 ans, elles sont beaucoup plus grandes que celles que j'avais observé dans l'habitat et ont une longueur d'épine trÚs variable, y compris sur des plantes de taille similaire. Je pense que comme pour C. humilis ssp. tenuissima, des plantes de cette taille n'existent pas dans l'habitat.
Copiapoa paposoensis est un taxon que Ritter a dĂ©couvert Ă 20 km au nord de Paposo. Il pousse trĂšs en hauteur sur les collines, Ă une altitude mesurĂ©e de 1.300 m, peut-ĂȘtre la plus haute altitude pour un Copiapoa et proche de la limite supĂ©rieure de la vĂ©gĂ©tation profitant de la Camanchaca. En raison de son habitat inaccessible, il semble que peu lâaient recherchĂ© et localisĂ©. La plupart des auteurs l'ont supposĂ© ĂȘtre une forme de C. humilis ssp. humilis. Cependant j'ai examinĂ© les plantes originales de Ritter (FR1148) en culture avec d'autres plantes d'origine inconnue. Toutes ont des caractĂ©ristiques stables et se rapprochent beaucoup de la description de Ritter. Il y a un certain nombre de diffĂ©rences importantes avec C. humilis ssp. humilis. En particulier il a un Ă©piderme trĂšs vert et un corps dur au toucher. Son corps est de forme globulaire Ă faiblement cylindrique, il ne rejette quâoccasionnellement et il a des cĂŽtes plus prononcĂ©es que celles du C. humilis ssp. humilis. Le spination est spĂ©cialement dense et forte par rapport au type avec environ 12 Ă©pines radiales allant jusqu'Ă 20 mm de long et 2 Ă 3 Ă©pines centrales de 40 mm de long. Elles sont marron foncĂ©, devenant gris-clair avec l'Ăąge. La racine est trĂšs grosse et napiforme. Il m'est devenu immĂ©diatement Ă©vident aprĂšs avoir vu de grands spĂ©cimens adultes de C. humilis ssp. varispinata et de C. paposoensis en culture qu'il sâagissait du mĂȘme taxon. Les spĂ©cimens les plus armĂ©s au niveau de la spination chez les C. humilis ssp. varispinata se rapprochent trĂšs fortement des C. paposoensis. Ils ont tout deux le mĂȘme Ă©piderme trĂšs vert. Je considĂšre donc que C. paposoensis est un synonyme de C. humilis ssp. varispinata10). La rĂ©gion de 30 km entre les habitats des deux taxa serait intĂ©ressante Ă explorer car jâespĂšre quâil y a des populations intermĂ©diaires Ă trouver. Je suppose qu'il y a un tout un Ă©ventail de variation sur la distance, avec le fortement Ă©pineux C. paposoensis au sud, le nĂ©otĂ©nique C. humilis ssp. tenuissima au nord Ă environ 70 km de lĂ , avec C. humilis ssp. varispinata au milieu comme lien, montrant des caractĂ©ristiques intermĂ©diaires11).
Copiapoa humilis ssp. longispina (Ritter) Doweld
Sukkulenty 4(1-2): 49 (2002)
Basionyme : C. longispina Ritter, Taxon Vol XII No. 1: 31 (1963)
C'est encore une fois une dĂ©couverte de Ritter qui lâa dĂ©crit comme C. longispina peu aprĂšs quâil l'ai trouvĂ© en 1963. Il vit dans un habitat extrĂȘmement improbable pour un Copiapoa : dans de hautes montagnes au sud de la ville de Copiapo. Cette rĂ©gion est bien Ă lâintĂ©rieur des terres et ne doit recevoir quâune faible humiditĂ© des brouillards cĂŽtiers. Cependant, cette rĂ©gion est suffisamment au sud pour profiter des petites pluies hivernales annuelles. Nous avons cherchĂ© cette plante dans la localitĂ© type et l'avons trouvĂ©e poussant sur les pentes raides, relativement stĂ©riles, dans les fissures de la roche. Quand je suis allĂ© dans lâhabitat en novembre 2002 j'ai remarquĂ© que les plantes ne faisaient pas d'effort pour pousser ou fleurir et avaient l'air d'ĂȘtre en dormance.
En apparence C. humilis ssp. longispina est trĂšs semblable Ă C. humilis ssp. humilis, mais est beaucoup plus Ă©pineux, particuliĂšrement chez les vieilles et grosses plantes. Cela peut ĂȘtre dĂ» en partie Ă leur environnement plus sec. Les spĂ©cimens, en majoritĂ©, Ă©taient solitaires, avec juste occasionnellement quelques plantes polycĂ©phales en Ă©vidence. Le corps est de couleur sombre, presque noire, avec une couche cireuse gris clair, mesurant 10cm de diamĂštre, avec de la laine blanche Ă l'apex. Les tubercules sont arrondis et grands, dâenviron 10mm de diamĂštre. Les plantes ne semblaient pas souffrir des attaques des guanacos ou des larves dâinsectes et il nây avait pas beaucoup de tĂȘtes juvĂ©niles sur les plantes. Les Ă©pines sont beaucoup plus puissantes que celle du type, avec 7 Ă 9 Ă©pines radiales de 20 mm de long et des Ă©pines centrales allant jusqu'Ă 50 mm de long. La racine est grosse et napiforme, raccordĂ©e au corps par un cou mince. Bien que trĂšs semblable Ă C. humilis ssp. humilis je crois appropriĂ© de lâĂ©lever au rang de sous-espĂšce en raison de son aire de rĂ©partition limitĂ©e et isolĂ©e. Il est adaptĂ© pour pousser dans un environnement plus sec, avec une spination plus forte, un Ă©piderme plus cireux et il rejette moins facilement. Ritter a aussi rapportĂ© qu'il a des graines plus grandes que le type. Ce taxon n'a pas Ă©tĂ© trouvĂ© par grand monde et les plantes rapportĂ©es en culture sont rares. Cependant, Ritter a signalĂ© aussi une population du nord de Copiapo et rĂ©cemment Paul Klaassen (pers. comm.) a annoncĂ© quâil avait vu des plantes se rapprochant de Copiapoa humilis dans les collines prĂšs de Caldera, qui pourraient ĂȘtre aussi ce taxon 12).
Copiapoa humilis forme de Guanillos
En 1971 Alfred Lau a dĂ©couvert lâespĂšce de Copiapoa la plus petite, C. laui, dans la vallĂ©e de Guanillos juste au nord d'Esmeralda (clairement marquĂ© sur beaucoup de cartes, bien que ce ne soit quâune mine abandonnĂ©e maintenant). C'est une rĂ©gion Ă©tonnamment riche de Copiapoa, avec cinq taxons distincts poussant proches les uns des autres. Les amateurs de cactus qui ont visitĂ© la rĂ©gion ont trouvĂ© depuis, poussant en association avec Copiapoa laui, un autre petit Copiapoa appartenant au groupe des C. humilis. Il a Ă©tĂ© mal identifiĂ© par beaucoup d'auteurs qui lâont considĂ©rĂ© comme le C. esmeraldana dĂ©crit par Ritter mais je crois que c'est incorrect (voir Copiapoa grandiflora ssp. ritteri ci-aprĂšs). Cela laisse la forme de C. humilis de la vallĂ©e de Guanillos au nord d'Esmeralda sans nom valide. J'ai vu cette plante sur de basses collines oĂč elle pousse au ras du sol, dans le gravier. L'Ă©piderme est marron clair, avec une faible couche cireuse. Elle pousse de façon solitaire ou occasionnellement en petites touffes. La spination est trĂšs variable, pouvant ĂȘtre presque absente sur beaucoup de spĂ©cimens. Les plantes fortement armĂ©es ont 6 Ă 8 Ă©pines radiales et 3 Ă 5 Ă©pines centrales. La fleur est plus petite que celle du type avec 20 mm ou moins de diamĂštre, mais avec une couleur rouge trĂšs prononcĂ©e sur l'extĂ©rieur des pĂ©tales, la plante dĂ©veloppant ainsi des bourgeons semblant rouges. Je crois que ce taxon demande un nom, Ă©tant donnĂ© quâil est distinct de C. humilis ssp. humilis, avec une diffĂ©rence d'habitat, de forme et de couleur du corps, de spination courte ou absente et de fleur plus petite. Les plantes maintenues en culture semblent conserver ces caractĂ©ristiques. Malheureusement, en raison du manque dâĂ©chantillon type, je ne peux pas dĂ©crire valablement cette plante Ă cet instant.
Mise à jour : Le Copiapoa humilis de Guanillos a été nommé C. angustiflora en 2006 (Helmut Walter, G.J.Charles & MÀchler Cact. World 24(4): 188 (185-192)[Dec 2006]) et l'auteur est maintenant persuadé qu'il n'est pas apparenté à C. humilis. C'est probablement une espÚce à part entiÚre plutÎt proche de C. mollicula.
Copiapoa humilis ssp. australis â une nouvelle sous-espĂšce
Vers la fin de mon premier voyage au Chili en compagnie d'Alfred Lau, Clarke Brunt et Jean Ellwood nous avons passĂ© une journĂ©e dans les environs de Huasco oĂč nous avons dĂ©couvert un petit Copiapoa que nous ne pouvions pas identifier. Nous nâavons trouvĂ© que quelques plantes dans une zone trĂšs limitĂ©e et le manque de temps nous a empĂȘchĂ© d'explorer plus loin. J'ai cherchĂ© son identitĂ© et l'Ă©tude de la littĂ©rature aprĂšs notre retour n'a pas permis de trouver un nom convenable. Lors dâun second voyage au Chili, en novembre de 2002, cette fois accompagnĂ© par Jonas LĂŒthy, Clarke Brunt et Simon Mentha, nous avons projetĂ© d'enquĂȘter plus profondĂ©ment sur cette fascinante petite plante et dâexplorer son habitat plus en dĂ©tail. Nous avons voulu aussi chercher dans les environs pour trouver d'autres populations et tenter de mieux apprĂ©hender sa distribution. Nos tentatives pour trouver d'autres populations sont restĂ©es infructueuses, mais heureusement lâexploration de la zone originelle a rĂ©vĂ©lĂ© un plus grand nombre de plantes que ce Ă quoi je mâattendais et une population rĂ©ellement en bonne santĂ©. Nous avons Ă©tĂ© aussi rĂ©compensĂ©s avec un Ă©talage de fleurs alors qu'au moment de notre premiĂšre visite en fĂ©vrier 2001 nous n'en avions vu aucune.
Les Ă©tudes ont indiquĂ© que ce taxon se rapproche de Copiapoa humilis et il est dĂ©crit ici au rang de sous-espĂšce. Il est Ă noter que cette sous-espĂšce de C. humilis est la plus mĂ©ridionale des sous-espĂšces connues jusqu'Ă prĂ©sent et il Ă©tend la zone vers le sud dâenviron 100 km par rapport au Copiapoa humilis ssp. longispina, le taxon de Copiapoa humilis le plus au sud enregistrĂ© prĂ©cĂ©demment. J'ai donc choisi l'Ă©pithĂšte de sous-espĂšce australis pour indiquer sa caractĂ©ristique australe. Ce taxon diffĂšre de Copiapoa humilis ssp. humilis par son corps plus petit et conique, ses fleurs plus petites avec un ovaire vert distinct, la trĂšs grande diffĂ©rence de dimensions entre ses Ă©pines radiales et centrales et sa localisation trĂšs isolĂ©e.
Copiapoa humilis ssp. australis P Hoxey subspecies nova
Differt a ssp. typica caulibus minoribus, conicis, floribus minoribus ovario viride, spinis conspicue dimorphis, marginalibus tenuibus et centralibus validis etiam patria disjuncta, australe.
Holotype
Paul Hoxey 472.07 (SGO 150209). CollectĂ© par Paul Hoxey, Clarke Brunt, Jonas LĂŒthy et Simon Mentha le 28 novembre 2002 et dĂ©posĂ© Ă lâherbier du MusĂ©e National dâHistoire Naturelle, Santiago (SGO), numĂ©ro 150209.
Description
Tige
Les tĂȘtes adultes mesurent 3 Ă 5 cm de large et 5 Ă 8cm de haut, occasionnellement plus grandes. En gĂ©nĂ©ral plus hautes que larges. Fortement tuberculĂ©es, 8 Ă 10 cĂŽtes peu marquĂ©es. Corps doux au toucher, raccordĂ© au haut de la racine par un cou souterrain remarquablement mince mesurant jusqu'Ă 50 mm de long et 3 Ă 4 mm de large. Initialement souple, le cou devient fragile et est facilement cassable. Il a de petites arĂ©oles sur toute sa hauteur. Il rejette facilement, les rejets partent du haut de la racine oĂč ils dĂ©veloppent un cou pour atteindre la surface, ou d'une arĂ©ole situĂ©e en bas dâune tige mature. Les tĂȘtes immatures ont des caractĂ©ristiques juvĂ©niles en Ă©tant plus petites dans toutes leurs parties et ne sont pas cĂŽtelĂ©es. Les plantes rejettent Ă©nergiquement et sont formĂ©es de tĂȘtes adultes tout autant que juvĂ©niles. L'Ă©piderme est gris-vert sombre, avec une lĂ©gĂšre couche cireuse blanchĂątre. Les plantes cultivĂ©es issues de semis conservent cette couleur. Les tubercules sont arrondis et Ă©crasĂ©s, mesurant 8 mm de diamĂštre et 5 mm de profondeur.
Racine
Grosse, napiforme et ramifiée, mesurant jusqu'à 150 mm de long et 30 mm de large.
Ăpines
Les Ă©pines centrales et radiales sont trĂšs diffĂ©rentes sur les parties adultes, les Ă©pines centrales Ă©tant beaucoup plus longues et plus Ă©paisses. Il y a 4 Ă©pines centrales, occasionnellement 5, droites, mesurant 15 Ă 25 mm de long, initialement sombres, presque noires, devenant grises avec la pointe plus sombre avec lâĂąge. DressĂ©es et s'Ă©tendant loin du corps de la plante. Les Ă©pines radiales sont au nombre de 6 Ă 8, mesurent 5 Ă 7 mm de long, initialement sombres, devenant grises, elles sont beaucoup plus minces que les Ă©pines centrales, rayonnent dans toutes les directions autour de l'arĂ©ole et sont plaquĂ©es sur le corps de la plante. La diffĂ©rence entre les Ă©pines centrales et radiales est beaucoup plus marquĂ©e chez cette sous-espĂšce que dans nâimporte quelle autre, tant par l'Ă©paisseur que par la longueur. Les caractĂ©ristiques des Ă©pines juvĂ©niles sont observĂ©es sur les plantules et les rejets issus des racines adultes. Les plantes juvĂ©niles ont une plus faible spination que les tĂȘtes adultes, ce qui est typique dans le groupe des Copiapoa humilis, les Ă©pines centrales sont en gĂ©nĂ©ral absentes, mais occasionnellement, elles mesurent entre 1 et 5 mm de long. Elles ont des Ă©pines radiales mesurant 3 mm de long plaquĂ©es contre la tige.
Aréoles
3 mm de diamĂštre, circulaires, initialement couvertes dâune laine blanche dense qui se disparaĂźt avec l'Ăąge. Une laine blanche trĂšs prĂ©sente Ă l'apex couvre le point de croissance. Les arĂ©oles se dĂ©tachent trĂšs facilement avec le groupe dâĂ©pines, en laissant libre une dĂ©pression circulaire de 2-3 mm de diamĂštre.
Fleurs
Ămergeant par une ou deux en mĂȘme temps prĂšs de lâapex avec des bourgeons protĂ©gĂ©s dans les premiers temps par la laine apicale blanche. S'ouvrant pendant le jour, elles mesurent 20 mm de diamĂštre Ă pleine ouverture, pour 25 mm de long. Les segments du pĂ©rianthe13) extĂ©rieur (au nombre de 12 environ) sont verts Ă la base, devenant jaune en allant vers l'extrĂ©mitĂ© de couleur rouge qui, elle mĂȘme, s'estompe en une lĂ©gĂšre rayure mĂ©diane. Les pĂ©tales (environ 14) mesurent 20 mm de long et 4 mm de large, sont jaune d'or avec une rayure mĂ©diane lĂ©gĂšrement plus sombre. Lâovaire est circulaire et mesure 3 mm de diamĂštre. Le pĂ©ricarpelle est vert et nâa ni Ă©cailles ni poils. Le style de 12 mm de long est jaune et devient vert Ă la base. Le stigmate est jaune dorĂ© et composĂ© de 6 Ă 7 lobes de 2 mm de long. Le pollen est jaune. Les Ă©tamines, longues de 10 mm, entourent et surplombent le stigmate. Dans l'habitat la floraison a Ă©tĂ© observĂ©e en novembre 2002. De petits scarabĂ©es ont Ă©tĂ© surpris Ă manger les pĂ©tales pendant notre visite. On ne sait pas si ce sont les agents pollinisateurs, comme les abeilles et les mouches le sont d'habitude pour le genre Copiapoa.
Fruits
Globulaires, 5 mm de diamĂštre, verts Ă maturitĂ© et secs au final, pouvant alors ĂȘtre enlevĂ© facilement de la plante. Contiennent 10 Ă 15 graines.
Graines
Typiques pour un Copiapoa, testa noir et brillant. Dimensions approximatives : 1,5 mm x 1,2 mm.
Localité type
Dans les environs de Huasco dans la province d'Atacama (Région III), au Chili. Les plantes poussent sur des pentes douces et des terrains plats, parmi de petits rochers et des pierres sur un sol marron trÚs poudreux.
Distribution
La localitĂ© type est la seule population connue Ă prĂ©sent. Les plantes ont Ă©tĂ© trouvĂ©es sur une zone d'environ 1.000 m 14) , oĂč elles sont assez nombreuses. Des plantes de tous Ăąges ont Ă©tĂ© trouvĂ©es et la population semble stable et se reproduit bien, avec au moins un millier dâindividus. Il ne semble pas y avoir de menaces naturelles sur les plantes, ni de preuve de prĂ©dation animale, comme les guanacos ou les larves dâinsectes. Les dĂ©gĂąts humains sont aussi trĂšs limitĂ©s jusquâĂ prĂ©sent, la plante ne devrait donc pas ĂȘtre en danger, mais serait susceptible de lâĂȘtre en raison de son faible nombre dâindividus. Cette rĂ©gion du Chili est souvent visitĂ©e par des amateurs de cactus et le fait que personne ne lâai vu jusquâĂ prĂ©sent laisse supposer que sa distribution est restreinte.
Plantes examinées
Paul Hoxey 279.07 (le 18 février 2001) et Paul Hoxey 472.07 (le 28 novembre 2002), toutes les deux dans la localité type.
Flore
La région est riche en autres espÚces de cactus avec Copiapoa fiedleriana, Eriosyce villosa, Eriosyce napina, Eriosyce sp., Eulychnia acida et Echinopsis (Trichocereus) coquimbana poussant en association.
Copiapoa grandiflora ssp. ritteri (Ritter) Doweld
Sukkulenty 4 (1-2) : 56 (2002)
Basionyme : C. esmeraldana Ritter, Kakteen dans SĂŒdamerika 3 : 1064 (1980)
Le nom de C. esmeraldana est maintenant considĂ©rĂ© comme associĂ© Ă la petite plante gĂ©ophyte de Las Lomitas, une rĂ©gion juste au sud d'Esmeralda dans le Parc National Pan de AzĂșcar. Cela concorde bien avec l'endroit que Ritter a dĂ©crit comme une cĂŽte abrupte au sud d'Esmeralda. Au sommet de cette falaise se trouve un plateau particuliĂšrement brumeux et frais, situĂ© Ă 900 m d'altitude. Les plantes ne sont pas nombreuses et nous nâavons trouvĂ© que quelques spĂ©cimens Ă©pars. Les plus grandes plantes que nous ayons trouvĂ©es Ă©taient toujours solitaires, mesurant jusqu'Ă 40 mm de large avec un Ă©piderme gris-vert et un petit menton sous l'arĂ©ole. Les plantes rejettent rarement. La spination est faible, avec 6 Ă 8 Ă©pines radiales d'environ 5 mm de long et 1 ou 2 Ă©pines centrales mesurant jusqu'Ă 10mm. La racine est trĂšs grosse et napiforme.
Il y avait beaucoup de trace d'activitĂ© des guanacos et il semblerait quâils mangent les tĂȘtes, peut-ĂȘtre aussi les racines, et je pense que cela met les plantes en danger. J'ai Ă©tudiĂ© les plantes originales de Ritter en culture : FR1457 qui ressemblent beaucoup aux plantes vues dans l'habitat, mis Ă part un Ă©piderme beaucoup plus vert. Le trait le plus significatif de ce taxon que je n'ai pu voir que sur les plantes cultivĂ©es est la taille de ses fleurs en forme de cloches Ă©mergeant de la laine dense couvrant l'apex. La forme des fleurs ne ressemble pas tout Ă fait Ă celles de Copiapoa humilis, ce qui indique que ce taxon ne peut pas appartenir au groupe des C. humilis. Il est maintenant considĂ©rĂ© que c'est une petite plante gĂ©ophyte et nĂ©otĂ©nique sâapparentant Ă Copiapoa grandiflora. Alexander Doweld a créé rĂ©cemment la combinaison C. grandiflora ssp. ritteri (l'Ă©pithĂšte d'espĂšce âesmeraldanaâ Ă©tant changĂ© en âritteriâ au rang de sous-espĂšces), ce qui semble appropriĂ©.
Mise à jour : Le recombinaison de Doweld est loin d'avoir fait l'unanimité. Ce taxon est aujourd'hui considéré comme une espÚce a part entiÚre : C. esmeraldana (New Cactus Lexicon - 2006). L'auteur se rallie à ce point de vue.
Copiapoa taltalensis (Werd). Looser
Revista Chilena Hist. Nat. 33:614 (1929)
Basionyme : Echinocactus taltalensis Werd. Notizbl. Bot. Gart. Berlin Dahlem 97 (1929)
Copiapoa taltalensis a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme proche de C. humilis par diffĂ©rents auteurs tels Hutchison et Ritter et par consĂ©quent a Ă©tĂ© combinĂ© Ă C. humilis, comme sous-espĂšce, par Hoffmann. Il se pourrait bien que ce nom ait Ă©tĂ© donnĂ© par erreur aux Copiapoa humilis de Guanillos. Ayant lu la description originale de C. taltalensis et ayant visitĂ© la localitĂ© type je peux confirmer qu'il n'est pas Ă rattacher Ă C. humilis. Les tiges solitaires, dâenviron 50 mm de diamĂštre, sont fortement cĂŽtelĂ©es sans tubercules avec un Ă©piderme trĂšs vert. Les plantes ne montrent pas de phase juvĂ©nile distincte et les Ă©pines, tant centrales que radiales, sont beaucoup plus fortes que chez n'importe quel taxon de C. humilis. Il a cependant une grosse racine napiforme. Anderson a inclu ce taxon dans le groupe des Copiapoa rupestris - rubriflora - desertorum dont il a l'air d'ĂȘtre la forme poussant la plus au sud. Cela provoque un peu de rĂ©arrangement dans la nomenclature, Copiapoa taltalensis Ă©tant le nom le plus vieux pour ce groupe, il doit ĂȘtre utilisĂ© de prĂ©fĂ©rence au plus connu C. rupestris.
Remerciements
L'auteur remercie Jonas Luthy pour la diagnose latine et ses remarques constructives sur l'article, Melica Munoz-Schick pour avoir acceptĂ© notre Ă©chantillon type Ă lâHerbier du MusĂ©e National dâHistoire Naturelle de Santiago et finalement Ă Alfred Lau pour mâavoir fait connaĂźtre les cactus du Chili.
Bibliographie
- ANDERSON, E. (2001) The Cactus Family. Timber Press, USA.
- BRITTON, N.L. & ROSE J.N. (1922) The Cactaceae Volume 3.
- CHARLES, G. (1998) Copiapoa, Cactus File Handbook 4. Cirio Publishing, Southampton, UK.
- DOWELD, ALEXANDER (2002) On the Phylogeny and Systematics of the Genus Copiapoa, Succulenty 2001 No 1â2.
- HOFFMANN, J. (1989) CactĂĄceas en la flora silvestre de Chile.
- HUNT, D. (2002) Cactaceae Systematics Initiatives 13, p 12-15.
- HUNT, D. (2003) Cactaceae Systematics Initiatives 16, p.6.
- HUTCHISON, P. (1953) Studies of South American Cactaceae, Cact. Succ. J (US) 25(2):34
- RITTER, F. (1980) Kakteen in Sudamerika Band 3. Self-published.
- SCHULZ, R & KAPITANY, A. (1996) Copiapoa in their Environment. Self-published.
- TAYLOR, N. (1981) Cact. Succ.J (GB) 43: 46-90.
Traduit pour le Cactus Francophone par Nicolas POINTEAU
Relu et annoté par Alain LAROZE
Mise en page Alain LAROZE
Publié le 2010/12/26
Vous pouvez commenter cet article ou lire les commentaires postés.




































