Nous avons dĂ©collĂ© de Roissy le dimanche soir vers 23h et nous sommes arrivĂ©s lundi matin vers 7h (aprĂšs 13h de vol) Ă Buenos Aires, en Argentine. Des hublots de lâavion, nous voyons le Rio de la Plata dans le jour levant un peu brumeux. En se rapprochant du sol, on aperçoit des herbes de la pampa (Gynerium) Ă perte de vue. Il nous faut descendre de lâavion, nous soumettre Ă un contrĂŽle puis rembarquer dans le mĂȘme avion. AprĂšs un peu plus dâune heure passĂ©e au sol nous voilĂ repartis vers Santiago. Des kilomĂštres de pampa dĂ©filent en dessous de nous, puis les Andes commencent Ă se dessiner au loin. Rapidement elles prennent de lâaltitude et par endroits se couvrent de neige. A lâhorizon, vers lâouest, on voit le Pacifique. AprĂšs 1h et demi de vol nous redescendons sur Santiago. De toute part, le paysage est entiĂšrement minĂ©ral. Nous plongeons dans le brouillard et câest lâarrivĂ©e, Ă 10h30, dans une purĂ©e de pois Ă 7°C. Les formalitĂ©s dâentrĂ©e sur le territoire chilien se font au pas de course, les bagages rĂ©cupĂ©rĂ©s, nous devons nous occuper de notre voiture de location rĂ©servĂ©e depuis la France. Nous nous retrouvons bons derniers pour passer la douane. Ce qui nous prend bien 2 minutes, vu lâempressement des douaniers⊠Il est vrai que l'on approche de lâheure de lâapĂ©ro. Il ne nous reste plus quâĂ rĂ©cupĂ©rer la voiture, changer nos euros en pesos, et Ă 11h30 nous voilĂ lĂąchĂ©s sur les routes chiliennes avec les derniers conseils du loueur de voiture.
AprĂšs nous ĂȘtre acquittĂ©s de nos 350$ au pĂ©age de lâaĂ©roport, nous prenons la direction « Al Norte » par une autoroute trĂšs frĂ©quentĂ©e par les camions. RĂ©guliĂšrement sur le bas-cĂŽtĂ© de lâautoroute des personnes seules ou en groupe attendent⊠le bus probablement.
Vers 12h30 le brouillard se dissipe enfin, le soleil se met à briller et la température devient plus que douce.
Nous apercevons nos premiers cactus â des cierges - sur le flanc des collines.
Curieux de les voir de plus prĂšs, nous nous arrĂȘtons dans une cĂŽte oĂč la voiture peut ĂȘtre garĂ©e sans dangerA1. La colline est peuplĂ©e d'Echinopsis (Trichocereus) chiloensis de toutes les tailles, des sujets vĂ©nĂ©rables de 2 Ă 3 mĂštres de haut jusquâaux jeunes plantes de quelques centimĂštres. Aucune fleur, pas mĂȘme un bouton. La saison est passĂ©e depuis bien longtemps, et câest par miracle que nous trouvons des graines dans quelques fruits secs.
Cette plante a dâabord Ă©tĂ© dĂ©crite comme Cactus chiloensis par Colla en 1826. Le nom 'chiloensis', signifiant âoriginaire de l'Ăźle de Chiloeâ, est incorrect (il n'y a pas de cactus poussant dans cette Ăźle) et a Ă©tĂ© corrigĂ© par plusieurs auteurs en 'chilensis' (originaire du Chili), Mais d'aprĂšs les rĂšgles de la nomenclature botanique, l'Ă©criture originelle doit rester. Friedrich Ritter lista 5 variĂ©tĂ©s qui sont dĂ©sormais considĂ©rĂ©es comme des synonymes, simples formes locales de cette espĂšce trĂšs variable.
Quelques dizaines de kilomĂštres plus loin, au km 77 (A2), nous trouvons un site, toujours en bord de lâautoroute, bien plus riche et plus impressionnant. Les Trichocereus sont en compagnie de Puya chilensis et des Ă©ternels Cumulopuntia sphaerica qui vont nous accompagner le long des 1400 km de voyage restants.
Au fil des kilomĂštres et des pĂ©ages, la route rejoint lâocĂ©an.
Las Molles (A3) est maintenant une station balnĂ©aire, on arrive encore a y trouver des Eriosyce, des Eulychnia castanea, des Cistanthes et des Oxalis au milieu des constructions et sur des rochers. Sympathique pour un premier contact avec des cactus dâhabitat, mais somme toute, rien de mĂ©morable.
Quelques kilomĂštres plus loin, nous sortons de lâautoroute Ă Pichidangui oĂč nous avions prĂ©vu de passer la nuit. Il nâest que 16h, il nous reste encore 2 heures de jour, suffisamment pour prendre la route de Quillimari, Ă 6/8 km de lĂ , voir les Neoporteria horrida. A la sortie de Pichidangui, les pros du cierge dĂ©tectent un Trichocereus atypique, on y retournera demain (A4).
Encore nĂ©ophytes, nous hĂ©sitons pour trouver le chemin de Quillimari, mais nous sommes vite sur place (A5). Les photos faites quelques annĂ©es plus tĂŽt de cet endroit par Paul Klaassen, montraient des collines verdoyantes et des cactus bien joufflus. Le spectacle qui sâoffre Ă nous aujourdâhui est quelque peu diffĂ©rent. Apparemment, il nâa pas plu depuis longtemps, tout est sec, plein de poussiĂšre, lâherbe jaunie et les cactus ressemblent Ă des hĂ©rissons enterrĂ©s dans le sol. On arrive tout de mĂȘme Ă distinguer les 2 Eriosyce diffĂ©rents occupant les lieux : E. subgibbosa et E. curvispina var. mutabilis (horrida) accompagnĂ©s de Trichocereus. Ce dernier est souvent porteur d'une plante parasite, Tristerix aphyllus, Ă fleur rouge orangĂ© et comme son nom l'indique, sans feuille.
Il est probable que ce site ne sera plus là dans quelques années, les collines environnantes étant utilisées pour le pùturage⊠ou la culture de la vigne. Nombre de cactus sont sûrement les victimes de la réputation grandissante des vins chiliens.
Le soleil se couchant, il est temps de se trouver un endroit pour dormir.
Ce que nous avons fait Ă Pichidangui dans une modeste cabanas Ă 20000$ la nuit, avec 2 chambres, 3 lits, une salle de bain et une cuisine /salle Ă manger. Un français au Chili nâest pas trop dĂ©paysĂ©, la valeur du peso chilien, notĂ© $ (ne pas confondre avec US$), correspond Ă notre bon vieux centime de franc. La nuit nous a donc coĂ»tĂ© 200FF ou pour les plus jeunes 30âŹ.
Dehors, sans le soleil, la tempĂ©rature a nettement baissĂ©. Nous voilĂ partis Ă la recherche de nourritureâŠ. Une petite Ă©picerie et un âSuperMercadoâ qui nâavait de âsuperâ que le nom, nous ont fournis quelques boites de conserves (du thon ! !) et des biscuits Ă un prix digne des meilleurs quartiers de Paris.
AprĂšs manger, au lit. Il est 21h. Mais pour nous, il est 3 heures du matin !