Aeonium Webb & Berthelot 1840

Publication : Histoire Naturelle des Iles Canaries (Phytographia Canariensis) 3(2:1): 184-198, pl. 28-35 (1840).
Type : Sempervivum arboreum Linné, Species Plantarum 1: 464 (1753), désigné par H.-Y. Liu (1989).

Description

Un genre proche de Sempervivum, mais souvent buissonnant et poussant dans des régions exemptes de gel.
Sous arbrisseaux, plantes vivaces ou parfois bisannuelles, généralement buissonnantes mais parfois à tige simple et/ou courte, voire presque acaule, à feuilles succulentes disposées en rosettes à l'extrémité des tiges. Tiges plus ou moins dressées et tortueuses, glabres à pubescentes, voire hirsutes chez Aeonium smithii, lisses ou réticulées, à cicatrices foliaires généralement bien apparentes. Feuilles charnues vertes à jaunâtres souvent teintées de rose ou de rouge, parfois glauque ou visqueuses, voire brillantes, simples, souvent obovées ou obovo-spatulées, parfois ovales, elliptiques ou en forme de truelle, sessiles à base généralement large et cunéiforme, et extrémité aigue, acuminée ou arrondie, glabres à pubescentes, à marges souvent ciliées, disposées en spirale au sommet des tiges et formant une rosette aplatie ou en coupe, voire aplatie vers l'extérieur, mais en coupe pour les feuilles centrales plus petites, la forme des rosettes pouvant varier chez certaines espèces selon que la plante est en végétation (rosette ouverte) ou au repos car tenue au sec (rosette fermée). Racines fibreuses.
Floraison diurne. Inflorescence terminale en panicule semi-sphérique, ovoïde ou conique, à pédoncule distinct souvent pubescent, pédicelles de 1-19mm de long, glabres ou pubescents, fleurs 6-32-mères de 12-25mm de diamètre à sépales charnus, cunéiformes à la base, glabres ou pubescents, pétales blanchâtres à jaune profond, parfois striés ou teintés de rougeâtre, libres, souvent lancéolés ou oblancéolés, parfois obovés, à extrémité souvent aigue ou acuminée, largement ouverts voire recourbés en arrière, étamines 2x plus nombreuses que les pétales, à filaments libres, filiformes, glabres ou pubescents et anthères cylindriques jaunes, écaille nectarifère de 0,5-1,5mm de long sur 0,3-1,2mm de large, carrée ou oblongue, cunéiforme, parfois absente, carpelles aussi nombreux que les pétales, parfois nettement enfoncés dans le réceptacle, glabres ou parfois avec des poils glandulaires.
Graines brunâtres, côtelées ou même papillées.

Liu (1989) distingue 5 sections, mais cette classification n'est pas toujours pertinente et devrait être partiellement révisée:
1. Fleurs blanchâtres: arbustes de moyenne à grande taille, plus ou moins ramifiés, souvent monocarpiques, à feuilles souvent glauques, à marges teintées de rougeâtre, ciliées, inflorescences plus ou moins coniques ou semi-sphériques: section Leuconium.
2. Fleurs jaunâtres pâle à jaune profond:
2.1. Fleurs (6-) 8-12 (-16)-mères:
2.1.1: Inflorescence assez compacte et ovoïde: arbustes de grande taille, pas ou peu ramifiés, à feuilles souvent brillantes et marges nettement ciliées, inflorescence généralement plutôt ovoïde et fleurs jaunâtres: section Aeonium.
2.1.2. Inflorescence lâche:
2.1.2.1 Inflorescence lâche, à peu de fleurs: petits arbustes fortement ramifiés ou plantes à rosettes en coussins, à feuilles souvent visqueuses, partiellement striées de brun sous la face inférieure, fleurs jaunes: section Chrysocome.
2.1.2.2 Inflorescence lâche et feuillue, à nombreuses fleurs: plantes à tige unique ou cespiteuses, à grandes rosettes de feuilles duveteuses et parfois visqueuses, fleurs jaunâtre pâle: section Patinaria.
2.2. Fleurs 18-32-mères: Rosettes solitaires ou stolonifères de petite taille, à feuilles à marges partiellement vitreuses ou densément glandulo-pubescentes, inflorescence fortement pubescente, compacte et prenant l'apparence d'une ombelle, fleurs jaune profond: section Greenovia.

Classification

Famille : Crassulaceae
Sous-famille : Sempervivoideae
Tribu : Aeonieae

Culture

Plantes de culture généralement assez facile, avec une croissance automnale, hivernale et printanière et une période de repos estivale. Dans les régions à hiver froid il est cependant recommandé de forcer le repos des Aeonium en hiver en cessant presque totalement les arrosages afin de renforcer leur résistance au froid et de favoriser plutôt la croissance automnale et printanière. En été les plantes adultes sont généralement maintenues au sec, car si certaines espèces plus résistantes tolèrent et même apprécient des arrosages estivaux, d'autres pourrissent dans ces conditions : se reporter aux fiches d'espèces ou dans le doute ne pas arroser en été. Les jeunes semis ou boutures doivent cependant être très légèrement arrosés ou vaporisés en été. Un substrat 3 tiers neutre ou légèrement acide, ou, mieux, 1/2 bonne terre de jardin non calcaire et 1/2 pouzzolane leur convient particulièrement. On veillera par ailleurs à ce que l'eau ne stagne jamais dans les rosettes des feuilles qu'elle peut faire pourrir: en extérieur les espèces à tiges courtes qui ne penchent pas naturellement leur tête doivent être plantées inclinées, voire complètement penchées sur le coté, dans un mur par exemple, en imitant ainsi la manière dont elles poussent dans leur milieu naturel. La plupart des Aeonium résistent à de faibles gelées occasionnelles et peuvent être plantés en extérieur en zone 9 et plus, mais, en zones plus froides, il est préférable de les hiverner en hors gel ou au-dessus.
Ces plantes sont peu sujettes aux maladies, en dehors d'éventuelles pourritures par excès d'eau. Leurs rosettes de feuilles serrées offrent une cache idéale aux cochenilles et sont particulièrement apprécies des gastéropodes en tous genres.
Reproduction par semis, bouturage de tiges, ou, pour les espèces à feuilles bien charnues, bouturage de feuilles. Plusieurs espèces sont monocarpiques, meurent après floraison sans produire de rejets et doivent donc être ressemées. L'amateur qui souhaite produire ses propres graines doit veiller lors de la floraison à ce qu'aucun insecte ne butine d'une plante à l'autre car les Aeonium s'hybrident naturellement très facilement. Le semis de ces graines très fines se pratique sur un substrat très fin tamisé, sans recouvrir les graines, mais en maintenant une ambiance humide avec une petite plaque de verre ou en sachets.
Le bouturage de tiges est le mode de reproduction le plus facile et le plus usité pour les espèces cespiteuses ou buissonnantes. Comme pour tout bouturage il suffit de laisser sécher la plaie de coupe une quinzaine de jours avant de replanter dans un substrat léger, éventuellement du sable pur légèrement humidifié, voire directement dans le substrat définitif. Le bouturage de feuilles est plus délicat, nettement plus que pour d'autres genres comme les Echeveria chez lesquels il est facile, mais permet, lorsqu'il est maîtrisé, d'obtenir rapidement de nombreux plants. Les feuilles prélevées doivent être bien charnues, parfaitement matures mais pas trop avancées, et arrachées entières sans les casser. La plaie est laissée à l'air quelques jours, puis la base de la feuille est légèrement enfoncée dans un substrat léger, comme du sable pur, légèrement humidifié. Les nouvelles plantules apparaissent à la base de la feuille.

Étymologie

Aeonium: du grec aeonios, éternel, immortel, en raison de leur succulence et de leur supposée longue durée de vie.

Répartition géographique

Principalement originaire de Macaronésie (îles Canaries, archipel de Madère, îles du Cap Vert), quelques espèces poussent au Maroc, en Afrique de l'Est (Ethiopie, Somalie, Kenya, Tanzanie et Ouganda), et au sud de la péninsule arabique (Yémen). Plusieurs espèces sont cultivées en ornemental dans les zones exemptes de gel, et certaines d'entre elles se sont même naturalisées par endroit, comme Aeonium arboreum en France et au Maroc, ou Aeonium haworthii à Gibraltar.

Site spécialisé

http://www.aeonium.info/

Publications spécialisées

Livre grand public: Rudolf Schulz, Aeonium in Habitat and Cultivation 1-216, figs & cartes (2007) (anglais).
Traitements récents du genre:
Nyffeler R. in Eggli, Crassulaceae, Illustrated Handbook of Succulent Plants 15-23 (2003) (anglais, principalement basé sur l'étude de Liu).
Liu H.-Y., Systematics of Aeonium (Crassulaceae), National Museum of Science, publication spéciale 3, P.T. Han 1-102, figs & cartes (1989) (anglais).
Autres ouvrages ou travaux:
Mort E. & al., Physiological evolution and association between physiology and growth form in Aeonium (Crassulaceae), Taxon 56(2): 453-464 (2007) (anglais).
Jorgensen T.H. & Olesen J.M., Adaptive radiation of island plants: evidence from Aeonium (Crassulaceae) of the Canary Islands, Perspectives in Plant Ecology, Evolution and Systematics, (2001) (anglais).
Mes T.H.M., Brederode J. van & Hart H. 't, Origin of the woody Macaronesian Sempervivoideae and the phylogenetic position of the East African species of Aeonium, Botanica Acta 109. 477-491 (1996) (anglais).
Mes T.H.M.& Hart H. 't, The evolution of growth-forms in the Macaronesian genus Aeonium (Crassulaceae) inferred from chloroplast DNA RFLPs and morphology, Molecular Ecology 5(3): 351-363 (1996) (anglais).
Stevens J.F., Hart H. 't & Wollenweber E., The systematic and evolutionary significance of exudate flavonoids in Aeonium, Phytochemistry 39(4) 805-813 (juillet 1995) (anglais).
Rivera D. & Obón C., The ethnopharmacology of Madeira and Porto Santo Islands, a review, Journal of Ethnopharmacology 46(2): 73-93 (mai 1995) (anglais).
Press J.R. & Short M.J., Flora of Madeira, Natural History Museum 132-134 (574pp) (1994) (anglais).
Heath P.V., The type of Aeonium Webb & Berthelot, Calyx 2(2): 56-59 (1992) (anglais).
Bañares Baudet A., Hibridos de la familia Crassulaceae en las Islas Canarias, Novedades y datos corologicos: 2, Vieraea 18: 65-85, figs & cartes (1990) (espagnol).
Bramwell D. & Bramwell Z., Flores silvestres de las Islas Canarias, Editorial Rueda (1990) (espagnol).
Santos Guerra A., Vegetación y flora de La Palma, Editorial Interinsular Canaria, 348pp, figs & cartes (1983) (espagnol).
Jimenez M.S. & al, Succulence and CAM-relationships in Aeonium genus, Photosynthesis Research, 4(1): 2-20 (janvier 1983) (anglais).
Lösch R. & Kappen L., The cold resistance of Macaronesian Sempervivoideae, Oecologia 50(1):98-102 (août 1981) (anglais).
Kornelius Lems, Botanical Notes on the Canary Islands II, The Evolution of Plant Forms in the Islands: Aeonium, Ecology 41(1): 1-17 (janvier 1960) (anglais).
Voggenreiter V., Geobotanische Untersuchungen an der natürlichen Vegetation der Kanareninsel Tenerife (Anhang: Vergleiche mit La Palma und Gran Canaria) als Grundlage für den Naturschutz, Verlag von J. Cramer, 718pp, figs & cartes (1974) (allemand).
Praeger R.L., An account of the Sempervivum Group, Royal Horticultural Society 265pp, figs (1932) (anglais).

Numéros de collecte

Vous pouvez chercher les numéros de collecte pour ce genre dans :

Forum

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Auteur

philippe (contacter)
Fiche créée le 16/06/2009, mise à jour le 05/02/2014.


Aeonium canariense
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Aeonium arboreum
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Aeonium arboreum cv. 'Schwarzkopf'
Aeonium arboreum cv. 'Schwarzkopf'


Aeonium davidbramwellii
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Aeonium decorum
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Aeonium gomerense
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Aeonium haworthii
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Aeonium sedifolium
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Aeonium tabuliforme
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Aeonium urbicum
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Aeonium x simsii
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Aeonium x simsii
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Fiches de botanistes :

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Fiches d'espèces :

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Fiches de synonymes :

Fiche de synonyme Sempervivum arboreum Carl von Linné 1753
image disponible Sempervivum glandulosum Aiton 1789
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