Publication : Cactus Journal 2: 50 (1899), in obs.
Type : Mammillaria halei Brandegee, Proceedings of the California Academy of Sciences, ser. 2, 2: 161, t. 6 (1889).
Description
Un genre traditionnellement composé de 3 espèces et 2 sous-espèces à fleurs zygomorphes rouge écarlate vif, ici étendu aux Mammillaria des séries Ancistracanthae et Bartschella (Lüthy 1995 = serie Ancistracanthae proparte Hunt 1981) à fleurs actinomorphes blanches à rouge carmin pour tenir compte des dernières études phylogénétiques.Cactus solitaires ou
cespiteux à tiges
sphériques à fortement cylindriques de 2-200cm de haut ou de long sur 2-12cm de diamètre, sans côtes. Tubercules arrangés en spirale, sans
latex. Racines généralement fibreuses, parfois tubéreuses.
Aréoles de l'extrémité des tubercules portant 1-5 épines centrales droites ou crochue(s) à l'extrémité et 7-30 (-35) radiales droites. Axiles des tubercules glabres, laineuses ou/et avec des soies.
Floraison
diurne, généralement en été. Fleurs zygomorphes rouges vifs de 1,5-5cm de long (sous-genre
Cochemiea), ou actinomorphes blanches à rouge-carmin de 1-4cm de diamètre sur 1-3cm de long (séries Ancistracanthae et Bartschella), naissant en position subapicale.
Fruits oranges, rouges ou marrons,
sphériques, ovoïdes ou en forme de massue de jusqu'à 3cm de long. Graines marrons ou noires.
Clé de détermination des espèces:A/ Fleurs tubulaires zygomorphes rouge écarlate vif, à tépales recourbés vers l'arrière, laissant nettement dépasser pistil et étamines:
sous-genre Cochemiea.1: 3-4 épines centrales droites (crochues uniquement chez les jeunes plantes):
Cochemiea halei.
2: 1 épine centrale crochue et 7-9 épines radiales:
Cochemiea poselgeri.
3: 4-5 épines centrales, dont au moins 1 crochue à l'extrémité et 10-30 épines radiales:
Cochemiea pondii.
B/ Fleurs en entonnoir actinomorphes blanches à rouge carmin, jamais rouge écarlate vif:
séries Ancistracanthae et Bartschella. 1 Relativement grand cactus sphérique, aplati au sommet, de 10-12cm de diamètre sur 6-7cm de haut:
Cochemiea mainiae.
2:Petits cactus sphériques à légèrement colonnaires de jusqu'à 5cm de diamètre sur 6cm de haut:
2.1: Généralement 1 épine centrale crochue, fleurs roses unies ou à marges des tépales plus pâles:
2.1.1: corps gris-vert d'une couleur assez unique et typique, 1 (2-4) épine centrale crochue et 9-15 épines radiales, fleurs roses,
fruit à déhiscence typiquement circulaire au dessus de la base, racines fibreuses:
Cochemiea schumannii.
2.1.2: corps en forme de tonneau, un peu plus étroit à la base et au sommet qu'en milieu de tige, 1 épine centrale crochue et environ 20 radiales fines, fleurs roses à marges des tépales plus pâles, racines fibreuses:
Cochemiea boolii.
2.1.3: corps légèrement conique, un peu plus large à la base qu'au sommet, 1 épine centrale crochue et 20-30 épines radiales fines, fleurs roses à marges des tépales plus pâles, racines tubéreuses:
Cochemiea insularis.
2.2: 4 épines centrales dont 3 droites et une crochue, fleurs à tépales rose carmin au centre, blanc plus ou moins large sur les marges mais toujours avec les deux couleurs bien contrastées:
Cochemiea blossfeldiana.
3 Cactus à tiges cylindriques fines, de 1-2,5cm de diamètre sur 5-10cm de long, se détachant facilement:
Cochemiea thornberi (inclus
yaquensis).
4 Cactus à tiges cylindriques épaisses, de (2-) 3-11cm de diamètre:
4.1 Stigmates du pistil rouges (qui se retrouvent également chez
Cochemiea thornberi et
Cochemiea mainiae):
4.1.1: 3-8 épines centrales dont la plus longue droite ou crochue, et 10-20 épines radiales blanches, fleurs blanches à rose à ligne médiane des tépales et gorge rose foncé:
Cochemiea albicans (inclus
fraileana).
4.1.2: 11 épines jaunes faiblement différenciées, dont la plus longue droite ou crochue, fleurs blanches à jaunâtres à ligne médiane des tépales brun rosâtre:
Cochemiea cerralboa.
4.2: Stigmates du pistil autres que rouges: jaunes, vert, brun, voire roses, la couleur pouvant même varier au cours de la vie de la fleur, mais pas rouges:
4.2.1:Fleurs blanches à rouge carmin de 2-4cm de diamètre:4.2.1.1: Tubercules ovoïdo-cylindriques de 6-12mm de long sur 4,5mm de diamètre à la base:
Cochemiea grahamii (inclus
swinglei).
4.2.1.2: Tubercules coniques et courts de 4-8mm de haut sur 1cm de diamètre à la base, (1-) 3-4 épines centrales droites, ou rarement 1 crochue à l'extrémité, fleurs rouge carmin:
Cochemiea mazatlanensis (inclus
occidentalis).
4.2.1.3: Tubercules coniques et courts, 4 épines centrales dont au moins 1 crochue à l'extrémité, fleurs blanches, crème à rose pâle, naissant d'axiles glabres ou légèrement laineuses:
Cochemiea hutchisoniana (inclus
louisae).
4.2.1.4: Tubercules coniques et courts, 1-4 épines centrales dont généralement 1 crochue à l'extrémité, fleurs blanches à jaune crème, rarement roses, naissant d'axiles laineuses avec 4-15 soies et plus, généralement aussi longues que les tubercules:
Cochemiea dioica.
4.2.2: Fleurs blanches à rose pâle de 1-2cm de diamètre:4.2.2.1 Fruits orange vif:
Cochemiea capensis.
4.2.2.2: Fruits rouges, 1-4 épines centrales dont au moins 1 crochue à l'extrémité:
Cochemiea armillata.
4.2.2.3: Fruits rouges, épines centrales droites, rarement 1 crochue chez les jeunes plantes, axiles légèrement laineuses, plante très fortement cespiteuse:
Cochemiea multidigitata.
4.2.2.4: Fruits rouges, épines centrales droites, rarement 1 crochue chez les jeunes plantes, épines radiales de 3-5 (-6)mm de long, axiles fortement laineuses avec de nombreuses soies courbes:
Cochemiea neopalmeri.
4.2.2.5: Fruits rouges, épines centrales droites, rarement 1 crochue chez les jeunes plantes, épines radiales de 4-12mm de long, axiles avec environ 20 soies:
Cochemiea phitauiana.
Dans cette tentative de clé de détermination, il faut rester prudent, notamment sur la distinction entre
Cochemiea dioica et
Cochemiea hutchisoniana, ainsi que pour celle des espèces de la dernière catégorie, cactus à tiges cylindriques de (2-) 3-11cm de diamètre à fleurs blanches à rose pâle de 1-2cm de diamètre et stigmates du pistil non rouges, et bien vérifier leur identité avec l'ensemble des données des fiches: description, aire géographique,…
Classification
Famille :
Cactaceae
Sous-
famille : Cactoideae
Tribu : Cacteae
Culture
Culture généralement délicate, voire très délicate pour certaines espèces, même si d'autres sont parfois de
culture facile. Dans leur milieu naturel, la plupart des
Cochemiea poussent dans un sol minéral, brûlé par le soleil, avec de rares pluies qui ne laissent pas le sol détrempé très longtemps. En
culture, les
Cochemiea de
culture délicate ont une fâcheuse tendance à passer de vie à trépas sans prévenir, dès que les racines ont été laissées dans un
substrat un peu trop longtemps humide. Il convient donc de leur donner un
substrat minéral, bien drainé et aéré, séchant en 2-3 jours, et des arrosages bien espacés. Avec ces plantes à système racinaire généralement peu développé, il vaut mieux utiliser un pot légèrement sous dimensionné, plutôt qu'un pot un peu trop grand que les racines peineront à occuper et dont le
substrat ne séchera pas assez vite. Paradoxalement les
Cochemiea stricto sensu à fleurs zygomorphes sont moins délicats que les Chilita à fleurs actinomorphes. Pour les espèces poussant dans le calcaire, un
substrat un peu calcaire est un plus, mais les plantes cultivées en pot n'ont pas les mêmes besoins qu'en pleine
terre et, à défaut de calcaire, un
substrat neutre, mais surtout pas acide, convient.
L'ensoleillement et la chaleur sont des facteurs également importants, pour la santé, la spination et la floraison de ces espèces. Même celles qui poussent dans la nature à l'ombre de buissons ou d'arbres ont besoin d'une lumière vive, avec soleil direct dans le nord de la France et gagnent à être cultivées sur les étagères du haut de la
serre. Dans le sud, il faut trouver un compromis entre trop de soleil, qui ralentit la croissance de la plante, et un manque de soleil qui ne permet pas d'obtenir une floraison. Une bonne chaleur en été, comme pour la plupart des mexicaines, est indispensable. En hiver, ces plantes de relativement basse altitude, contrairement aux
Mammillaria du centre du Mexique, ont également besoin de plus de chaleur, entre 5 et 8°C selon les espèces, voire 10°C par sécurité, même si certaines résistent à de courtes gelées nocturnes avec remontée des températures en journée si elles sont gardées bien au sec.
Certaines de ces espèces ont une dense couverture d'épines qui favorise une prolifération insoupçonnée de
cochenilles et nécessite une surveillance particulière, à défaut de traitement
systémique deux fois par an. En cas de traitement
systémique, pensez à isoler votre
serre avec de fins voiles pour empêcher les insectes pollinisateurs d'entrer et de s'empoisonner en butinant, même quelques mois après, les fleurs de vos cactus. Les
araignées rouges, en fait jaune-oranges et visibles seulement à la loupe, à ne pas confondre avec les
acariens rouges visibles facilement à l'œil nu qui en sont des prédateurs, peuvent également faire de gros dégâts chez les espèces à
épiderme tendre comme
Cochemiea schumannii. Le symptôme est une décoloration de l'
épiderme provoquée par les piqûres des
acariens, et, outre qu'elle rende la plante disgracieuse, peut, dans les cas les plus graves, provoquer sa mort. Un traitement préventif avec un acaricide
systémique, les insecticides étant sans effet, peut être pratiqué. Mais pour
réduire ces traitements je vous conseille de cultiver avec vos cactus des plantes particulièrement sensibles à ces attaques, à feuilles tendres, comme
Brighamia insignis, pour qu'elles vous donnent l'alerte et que vous ne traitiez que lorsque cela est nécessaire.
Du fait de leur sensibilité des racines à l'humidité, la plupart des
Cochemiea sont également atteints par des maladies cryptogamiques, mais l'effet en est généralement tellement rapide qu'il n'y a souvent rien à faire d'autre que de constater le décès.
Reproduction par semis ou
bouturage de rejets. Le semis est généralement facile, sans grandes particularités par rapport à celui des autres
Cactaceae. Le
bouturage est surtout pratiqué chez les espèces très cespiteuses. Chez certains
Cochemiea, ce mode de reproduction végétative est naturel, avec des épines centrales crochues agrippant tout ce qui passe à proximité, et des rejets qui se détachent de la plante mère au moindre choc. Pour ces espèces le défi n'est pas de réussir à les
bouturer, mais de réussir à en conserver une touffe présentable de belle taille. Les pulls sont un ennemi redoutable de cet objectif, et il est de toute manière bon, à défaut de se greffer une troisième ou une quatrième main supplémentaire, d'avoir toujours une ou deux paires de pince brucelles à portée de main pour décrocher délicatement les segments qui se seront accrochés subrepticement à vos vêtements, quand ce ne sont pas les mains ou toute autre partie de votre
anatomie un peu trop exposée.
Étymologie
Cochemiea: du nom d'une ancienne tribu amérindienne de Basse Californie, les Cochimí.
Anecdotes
Taxonomie: Le genre
Cochemiea a d'abord été créé en sous-genre de
Mammillaria par
Kate Brandegee en 1897 (Erythea 5: 113) pour des espèces de Basse Californie qui se différenciaient des autres
Mammillaria par leurs longues tiges plus ou moins rampantes et surtout leurs fleurs zygomorphes rouge écarlate vif. Deux ans après, Walton érige ce sous-genre en genre. En 1923 Britton & Rose conservent cette approche en portant le nombre des espèces incluses à 5 dans leur ouvrage majeur,
The Cactaceae (Britton & Rose).
Dans les années 1970, l'idée que la forme de la fleur répond à une exigence d'adaptation, ici une
pollinisation par les colibris, et n'est pas nécessairement la marque d'une profonde différence
génétique, prend l'avantage. Hunt (1981), puis Lüthy (1995) vont donc considérer
Cochemiea comme un sous-genre de
Mammillaria. Mais alors que Hunt s'en tient à un sous-genre n'incluant que les espèces à fleurs zygomorphes rouges, Lüthy inclut de nombreuses espèces à fleurs actinomorphes en divisant le sous-genre
Cochemiea en 2 sections, Archiebnerella et
Cochemiea, et divise cette dernière section en 3 séries: Ancistracanthae, Bartschella et
Cochemiea.
Toutefois en 2001, Anderson, dans son ouvrage The Cactus Family, reconnaît le genre
Cochemiea avec 5 espèces à fleurs zygomorphes rouges, sur la foi d'une communication personnelle de Charles A. Butterworth. Ce dernier est engagé avec Robert S. Wallace dans une étude phylogénétique portant sur 125 cactus dont 113
Mammillaria qui est publiée en 2004. Ils concluent qu'au delà des apparences, les
Cochemiea à fleurs zygomorphes sont trop éloignés génétiquement des
Mammillaria pour être inclus dans le même genre. Les
Mammillaria des séries Ancistracanthae, Bartschella et
Phellosperma se révèlent génétiquement également éloignés des
Mammillaria, et plus proches des
Cochemiea à fleurs zygomorphes. Butterworth et Wallace n'effectuent cependant aucun reclassement en l'attente d'études complémentaires destinées notamment à clarifier les rapports entre la série
Phellosperma avec les genres
Escobaria, Neolloydia et
Ortegocactus (Butterworth C.A. & Wallace R.S., Phylogenetic studies of
Mammillaria (
Cactaceae) – insights from chloroplast sequence variation and hypothesis testing using the parametric bootstrap, American Journal of Botany 91(7): 1086-1098 (2004)).
En 2006, D.R. Hunt & al. dans le nouvel ouvrage de référence, The New Cactus Lexicon, gardent une approche très conservatrice et maintiennent les
Cochemiea dans le genre
Mammillaria. Dans le cadre de cette encyclopédie, il ne nous a pas paru pertinent d'ignorer une étude de l'importance de celle de Butterworth et Wallace et nous avons donc décidé de reconnaître les
Cochemiea en tant que genre. Les
Mammillaria des séries Ancistracanthae et Bartschella ont également rejoint ce genre, pas uniquement parce que l'étude phylogénétique précitée leur reconnaît une grande proximité
génétique avec les
Cochemiea à fleurs zygomorphes, mais également en considération de leurs caractères morphologiques, déjà bien mis en évidence par Lüthy qui les a regroupé dans une même section
Cochemiea, et de leur centre de diversité commun en Basse Californie. S'il nous était, de la même manière, impossible de maintenir les espèces de la section
Phellosperma dans le genre
Mammillaria, il nous a semblé difficile de les inclure dans ce genre
Cochemiea et nous avons choisi, relativement arbitrairement, de les placer dans un genre
Phellosperma en l'attente d'études complémentaires.
Ne bouleversez pas nécessairement vos étiquettes pour vous mettre en accord avec notre
classification. Les études génétiques n'en sont qu'à leurs débuts et ont elles-mêmes leurs limites. Rien ne dit que des études complémentaires n'iront pas, par exemple, dans le sens de la création d'un nouveau genre, d'une résurrection du genre Bartschella, qui aurait également pu être soutenue au regard de l'étude phylogénétique de 2004, ou au contraire l'inclusion dans le genre
Cochemiea d'
Ortegocactus macdougallii, très proche de
Cochemiea schumannii, de la série
Phellosperma et de
Neolloydia conoidea. Même si la
classification que nous avons retenue nous semble, en l'état, plus pertinente et juste que celle d'autres ouvrages récents, elle ne peut en rien être considérée comme définitive.
Répartition géographique
Mexique, principalement en Basse Californie qui constitue le centre de biodiversité de ce genre, s'étendant pour quelques espèces dans l'état mexicain de Sonora, puis vers l'est jusqu'à celui de Chihuahua et l'ouest du Texas, vers le nord en débordant également la frontière états-unienne en Arizona, Nouveau-Mexique et Californie (U.S.A), ainsi que vers le sud sur la
côte du golfe de Californie jusqu'à l'état mexicain de Michoacán.
Numéros de collecte
Vous pouvez chercher les numéros de collecte pour ce genre dans :
Forum
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recherche sur le forum.
Auteur
philippe (
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Fiche créée le 13/02/2009, mise à jour le 20/02/2009.