Description
Genre vaste répandu sur tous les continents, regroupant plus de 2000 espèces de plantes allant de l'herbacée annuelle à l'arbre de grande taille, et dont une partie seulement est succulente.Les caractères communs à toutes ces espèces sont:
Une sève blanche, collante et irritante appelée latex;Des fleurs de taille réduite à insignifiante appelées cyathes, complétées par des glandes nectarifères et parfois deux bractées colorées;Un fruit à trois capsules contenant chacune une seule graine, éclatant à maturité en expulsant au loin les graines.Les éventuelles épines peuvent être de deux natures:
Des aiguillons issus de l'épiderme de la plante (contrairement aux vraies épines des cactus qui sont des feuilles modifiées issues des tissus internes; l'arrachage des aiguillons des Euphorbes enlève donc une partie de l'épiderme, provoquant un léger suintement de latex). Voir par exemple la photo d'Euphorbia polyacantha;Des pédoncules floraux stériles persistants (fins, droits et de section constante contrairement aux aiguillons plus épais à la base et parfois légèrement aplatis). Voir par exemple la photo d'Euphorbia enopla.Clé simplifiée de détermination des euphorbes succulentes:Euphorbes cactiformes à côtes: tiges globuleuses à colonnaires à angles distincts, bourgeons disposés le long de côtes verticales, feuilles très réduites à inexistantes:
Tige globuleuse rarement ramifiée: E. meloformis, E. obesa, E. symetrica, E. valida,…
Tiges cylindriques de petite taille, fortement ramifiées dont les épines sont en fait des pédoncules floraux stériles: E. enopla, E. ferox, E. heptagona, E. horrida, E. mammillaris, E. pulvinata,…
Tiges colonnaires possédant une paire d'aiguillons disposés de part et d'autre du point d'attache des feuilles: E. acrurensis, E. aeruginosa (tiges très fines), E. avasmontana, E. baioensis, E. canariensis, E. coerulescens, E. columnaris, E. echinus, E. erythraeae (candélabre), E. lactea, E. neriifolia (grandes feuilles), E. opuntioides (seulement deux côtes), E. polyacantha, E. pseudocactus, E. resinifera, E. stellata (racine tubéreuse), E. stenoclada, E. trigona,…
Tige colonnaire pruinée et sans épines: Euphorbia abdelkuriEuphorbes plus ou moins cactiformes sans côtes:
Tiges globuleuses sans épines, munies de tubercules ou d'écailles disposées en quinconce: E. bupleurifolia (assez grandes feuilles), E. gymnocalycioides (ressemble à un Gymnocalycium), E. piscidermis (aspect floconneux), E. turbiniformis...
Tiges principales courtes et épaisses donnant naissance à des tiges secondaires plus fines et longues, disposées à plat donnant l'illusion d’une tête de méduse: E. caput-medusae, E. gorgonis, E. pugniformis,…
Tiges globuleuses plus ou moins allongées se succédant en chapelet: E. globosa,…Euphorbes coraliformes: tiges fines sans épines et aux feuilles inexistantes ou de petite taille tombant rapidement:
Tiges cylindriques lisses: E. aphylla, E. burmannii, E. tirucalli,…
Tiges cylindriques indistinctement anguleuses paraissant couvertes de tubercules très allongés rabattus et soudés sur la tige: E. pteroneura,… (voir aussi certains Monadenium).
Tiges lisses nettement aplaties: E. enterophora, E. platyclada (petite taille), E. xylophylloides,…
Euphorbes d'aspect classique munies de feuilles normalement développées:
Tige lisse ramifiée s'épaississant à la base du tronc: E. balsamifera.
Tiges cylindriques courtes rugueuses naissant parfois d'un tubercule souterrain: E. alfredii, E. ambovombensis, E. capsaintemariensis, E. cylindrifolia, E. decaryii, E. francoisii,…
Tiges indistinctement anguleuses munies d'aiguillons, feuilles de taille moyenne ne tombant qu'à partir d'un certain âge ou en cas de sécheresse prolongée: E. behariensis, E. didiereoides, E. millii,…
Tiges distinctement anguleuses munies d'aiguillons ou de franges, feuilles de taille moyenne ne tombant qu'à partir d'un certain âge ou en cas de sécheresse prolongée: E. leuconeura, E. lophogona, E. viguierii,…
Classification
Famille :
Euphorbiaceae
Sous-
famille : Euphorbioideae
Tribu : Euphorbieae
Sous-tribu : Euphorbiinae
Culture
Avec une répartition géographique aussi étendue, il n'existe pas de méthode de culture unique. Mais la plupart des espèces sont de culture facile, sans exigences particulières.Cycle de végétation: période de croissance printanière et/ou automnale, arrêt de végétation en hiver et parfois en été. Certains
jardins botaniques pratiquent un cycle de végétation avec croissance hivernale, mais cette méthode qui suppose une
serre fortement chauffée n'est pas accessible aux amateurs et n'est pas indispensable pour avoir de belles plantes.
Substrat drainant.
Arrosages réguliers en période de végétation, toute rupture trop nette entraînant un arrêt de végétation difficile à rattraper, aucun
arrosage en période de repos hivernal, très léger en cas de repos estival.
Exposition au soleil, légèrement atténuée, sauf pour les grandes espèces lorsqu'elles sont adultes. Attention aux coups de soleil qui laissent des marques brunes indélébiles, toujours habituer lentement les
Euphorbes à une exposition lumineuse plus intense et prendre en compte la variation de la hauteur du soleil sur l'horizon au printemps et en automne: le soleil d'été n'est pas toujours le plus dangereux.
Température hivernale entre 10 et 15°C, mais certaines espèces peuvent être beaucoup plus résistantes.
E. obesa peut même résister à de faibles gelées sous abri.
Reproduction par semis ou bouturage, voire greffage:Le
semis est facile, la principale difficulté consistant à obtenir des graines pour les espèces dioïques: il faut alors au moins un plant mâle et un plant femelle et utiliser un pinceau pour transférer le
pollen des étamines sur le pistil du plant femelle. Température de semis entre 25 et 30°C, un peu moins après germination.
Le
bouturage peut-être délicat. Il faut impérativement arrêter l'écoulement du
latex qui se produit après prélèvement de la
bouture. Pour cela, passer immédiatement les deux plaies sous un
filet d'eau en retirant délicatement le surplus de
latex avec une éponge ou un chiffon dédié à cette tache, l'eau provoquant la coagulation du
latex. Puis laisser bien cicatriser la plaie de la
bouture dans un endroit sec. Un fongicide peut être apposé sur la plaie fraîche (cannelle, charbon de bois, fongicide chimique).
Planter de deux semaines à trois mois plus tard, selon la taille de la plaie, dans un mélange léger. L'enracinement est le plus délicat. Certains recommandent l'emploi d'hormones de bouturages. Personnellement j'utilise pour les espèces rétives à l'enracinement une chaleur de fond (environ 25°C) en posant le pot sur un radiateur pas trop chaud. Un humidificateur, sous forme d'une soucoupe remplie de billes d'argiles et d'eau placée sous le pot sans qu'il ne trempe dans l'eau, évite un dessèchement de la
bouture (
mais évidemment, pas sur un radiateur électrique, risque d'électrocution!). On peut aussi utiliser une résistance électrique, par exemple celle utilisée dans votre mini
serre à semis, le passage d'une conduite de chauffage dans le sol,... Cette légère chaleur du sol favorise en effet l'émission de racines.
Le
greffage est plus particulièrement utilisé pour certaines espèces très sensibles à l'excès d'humidité:
E. abdelkuri, E. columnaris, E. piscidermis. Je connais cependant une
bouture d'
E. abdelkuri qui pousse sur ses propres racines depuis deux ans et a doublé sa taille. Le
porte-greffe le plus utilisé est
E. canariensis.
Maladies: les
euphorbes sont peu sensibles aux maladies, mais, en cas d'excès d'
arrosage, peuvent pourrir par la base. Il convient d'abord de s'assurer que l'on est bien en présence d'une telle pourriture afin de ne pas "charcuter" cette pauvre plante pour rien: prenez un cutter désinfecté à l'alcool et entamez délicatement l'
épiderme à l'endroit soupçonné de pourriture. Si du
latex blanc coule, il n'y a pas de pourriture, arrêtez l'écoulement comme pour une
bouture et veillez à ce que la plaie reste à l'air pour cicatriser.
Si aucun
latex ne coule, et si vous êtes bien sur qu'il s'agit d'une
euphorbe (voir ci-dessous), entamez la plante plus profondément et retirez des tranches de plante jusqu'à retrouver un écoulement de
latex. Pratiquez alors une dernière coupe fine avec un cutter à nouveau désinfecté à l'alcool et procédez comme avec une
bouture.
Avant de procéder à ces opérations, assurez-vous qu'il s'agit bien d'une
euphorbe: ne découpez pas en tranches un cactus sain à la recherche de
latex inexistant. En cas de doutes vérifiez la présence de
latex sur une partie saine en entamant délicatement l'
épiderme.
PRECAUTIONS D'USAGE: le
latex étant irritant et poison, on prendra toujours des précautions en manipulant ces plantes, en ne perdant pas de vue qu'une peau normale soumise à des contacts réduits ne ressent pas grand chose, mais qu'il n'en est pas de même pour les muqueuses et l'oeil qui sont beaucoup plus fragiles. Des cas d'atteintes graves à l'oeil ont déjà été rapportés. Il est donc important de bien se laver les mains après manipulation, de faire attention aux projections de
latex dans l'oeil, de ne pas se frotter un oeil sans s'être préalablement lavé les mains, de ne pas laisser jouer un enfant ou un animal à proximité.
EN CAS DE PROBLEME, CONSULTEZ UN MEDECIN.
Étymologie
Euphorbia: ce genre aurait été dédié par le roi
Juba II de Mauritanie à son médecin Euphorbos au 1er siècle avant Jésus Christ, et conservé par Linné.
Anecdotes
Toutes les
euphorbes succulentes sont classées dans l'annexe II de la CITES, à l'exception de celles classées en annexe I.
Les
euphorbes ont de multiples utilisations.
A titre médicinal, elles sont notamment employées comme purgatif ou vésicant, pour traiter les morsures de serpent, dans le traitement de la dysenterie, du choléra, de la bronchite chronique ou de la syphilis. Pour plus de détails,
voyez ce site en anglais.
L'apparition de médicaments moins dangereux conduit cependant progressivement à son abandon. La sève de plusieurs plantes est réputée comme antidote:
Aeonium lindleyi,
Senecio anteuphorbium,...
Par ailleurs, le
latex des
euphorbes est parfois employé pour pécher en en jetant dans l'eau pour empoisonner les poissons. Il a également été essayé d'exploiter le
latex de l'
E. tirucalli pour produire du caoutchouc (l'hévéa, dont est tiré le caoutchouc, appartient à la même
famille), et celui d'E. resinifera entrerait dans la composition des peintures des coques de bateaux au Maroc.
Site spécialisé
http://www.euphorbia.de/
Publications spécialisées
Publication originale: C. Linné, Species Plantarum 1: 450 (1753) (
espèce type:
Euphorbia antiquorum Linné).
Numéros de collecte
Vous pouvez chercher les numéros de collecte pour ce genre dans :
Forum
Vous pouvez faire une
recherche sur le forum.
Auteur
philippe (
contacter)
Fiche créée le 15/11/2001, mise à jour le 24/12/2008.