Publication : Blätter für Kakteenforschung 1934(3): 4 (1934).
Description
Cierges principalement péruviens, de moyenne taille, dont deux espèces sont appréciées en culture pour leur dense couverture d'épines jaunes.Cierges buissonnants de petite à moyenne taille, à tiges prostrées à érigées, généralement ramifiées à la base. 10-24 côtes généralement nombreuses à aréoles rapprochées et assez grandes portant de nombreuses épines.
Floraison nocturne mais persistant parfois le jour suivant. Fleurs plutôt régulières et actinomorphes, tubulaires à en forme d'entonnoir de 4-11,5cm de long sur 2,5-8cm de diamètre, généralement blanches mais pouvant être rougeâtres, naissant d'aréoles à semi-apicales pouvant être indifférenciées ou comporter des épines fines, voire des soies. Péricarpe étroit et charnu, aux aréoles portant des soies parfois nombreuses. Tube floral droit à légèrement courbé (sauf
Haageocereus tenuis, très courbé), vert à vert rougeâtre. Etamines nombreuses (200-400) mais implantées sur un seul rang. Pistil dépassant parfois des autres pièces florales.
Fruit charnu sphérique à ovoïde de 2-6,5cm de long sur 1,3-5,6cm de diamètre, portant de rares écailles et soies, sur lequel persistent les pièces florales desséchées, indéhiscent sauf chez
Haageocereus pseudomelanostele ssp. turbidus, déhiscent latéralement. Graines de 1,2-2 mm de long sur 0,8-1,5mm de large et 0,6-1mm d'épaisseur, brun foncé, brillantes.
En raison de la grande variabilité de la spination, il est très difficile pour l'amateur d'
identifier après-coup un
Haageocereus en
culture. On peut toutefois préciser que les
Haageocereus proposés en jardinerie et grandes surfaces appartiennent tous aux deux seules espèces H.
pseudomelanostele et H
versicolor, ou à leurs nombreuses sous-espèces (aureispinus, pseudoversicolor, …)
Par ailleurs il est possible de distinguer par le port ou la spination 4 grands groupes d'
Haageocereus:
1 Grandes espèces semi-érigées à semi-prostrées à dense spination (21-56 épines radiales), de couleur jaune à or pour les jeunes épines, autour de Lima jusqu'au nord du Pérou (sauf
Haageocereus pseudomelanostele ssp. turbidus, sud du Pérou):
Branches semi-érigées, aréoles florifères non différenciées, autour de Lima et nord du Pérou jusqu'au dessus de Trujillo (sauf ssp. turbidus: sud du Pérou):
Haageocereus pseudomelanostele.
Branches semi-érigées, aréoles florifères différenciées, à nombreuses soies blanches, nord du Pérou:
Haageocereus versicolor.
Branches semi-prostrées, aréoles florifères non différenciées, sables au sud de Trujillo:
Haageocereus repens.
2 Petites espèces prostrées poussant près des côtes à basse altitude, du nord de Lima, du sud du Pérou et du nord du
Chili:
Epines sans trichomes, sud du Pérou et nord du
Chili:
Haageocereus decumbens.
Epines avec trichomes, 1-2 épines centrales, fleurs dépassant 6,5cm de long, nord de Lima:
Haageocereus tenuis.
Epines avec trichomes, sans épine centrale, fleurs de moins de 5cm de long, Pativilca:
Haageocereus lanugispinus.
3 Espèces moyennes semi prostrées à densité d'épines moyenne (7-20 épines radiales), du sud du Pérou et du nord du
Chili entre 1000 et 3000m d'altitude:
7-11 épines radiales:
Haageocereus chilensis.
12-20 épines radiales:
Haageocereus platinospinus.
4 Tiges plus ou moins tuberculées et spination laissant nettement apparaître l'épiderme, évoquant davantage un
Cleistocactus, centre du Pérou:
Haageocereus acranthus.
Classification
Famille :
Cactaceae
Sous-famille : Cactoideae
Tribu : Trichocereeae
Culture
Les espèces
pseudomelanostele et
versicolor et leurs sous-espèces sont communes en
culture, souvent proposées à la vente en jardinerie et grandes surfaces sans
identification précise.
Culture facile sans grandes particularités par rapport aux
conditions générales de culture de la famille des
Cactaceae.
Reproduction par semis, voire par
bouturage de tiges.
Etymologie
Haageocereus: en l'honneur de l'horticulteur allemand Ferdinand Haage (1859-1930).
Anecdotes
Distribution: Pérou et nord du
Chili.
Type: Haageocereus pseudomelanostele (Werdermann & Backeberg) Backeberg 1934 (Basionyme: Cereus
pseudomelanostele Werdermann & Backeberg 1931).
Histoire taxonomique: En 1920, les botanistes états-uniens Britton et Rose créèrent le genre Binghamia avec pour type
Cereus acanthurus Vaupel 1913. Ils y inclurent également une autre espèce de cierge péruvien dans lequel ils crurent reconnaître le
Cephalocereus melanostele de Vaupel (1913) et qu'ils nommèrent donc Binghamia
melanostele.
En 1931, constatant que le nom de
Cephalocereus melanostele devait être attribué à ce qui est maintenant connu comme
Espostoa melanostele et que l'espèce de Britton et Rose était nouvelle, Werdermann et Backeberg renommèrent cette dernière: Cereus
pseudomelanostele. L'année suivante Backeberg la reclassa dans le genre Binghamia avant d'en faire le type d'un nouveau genre,
Haageocereus, en 1934.
Du fait de la grande variabilité des espèces, près de 100 noms d'
Haageocereus ont été publiés, dont pas moins de 49 en 1957 par Rauh et Backeberg, faisant de ce genre l'un des plus difficiles à appréhender de manière cohérente. Les deux dernières 'compilations' parues dans le Cactus Family d'Anderson (2001) et le Cactus Lexicon de Hunt et al. (2006) n'étaient guère satisfaisantes, mais en juillet 2007, une botaniste péruvienne, Natalia Calderon, en collaboration avec ses maîtres de thèse et un confrère péruvien, a publié un excellent article, basé sur de nombreuses observations de terrain ainsi que sur l'étude des graines au microscope électronique, qui, malgré quelques lacunes, devient le travail de référence sur ce genre en reconnaissant 9 espèces et 6 sous-espèces.
Publications spécialisées
Article de référence en anglais:Natalia Calderon, Daniela Zappi, Nigel Taylor et Aldo Ceroni, Taxonomy and conservation of
Haageocereus Backeb. (
Cactaceae) in Peru, Bradleya 25: 45-124 (27 juillet 2007).
Auteur
philippe (
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Fiche créée le 04/08/2007, mise à jour le 15/09/2007.