Description
Un Opuntia d'origine sud-américaine répandu en culture amateur sous ses formes monstruosa, avec une prolifération de petits articles plats naissant de chaque aréole (photo), et variegata, ressemblant à la forme monstrueuse, mais avec de nombreuses parties des articles privées de chlorophylle, paraissant ainsi marbré de blanc plus ou moins jaunâtre à rougeâtre.Opuntioïdeae
arborescent ou buissonnant de jusqu'à 2(-3)m de haut au tronc aplati, et aux branches érigées à retombantes. Articles terminaux vert foncé, rhomboïdes à obovés, plus étroits à la base, au bord irrégulier, mesurant 8-30cm de long sur 4-10cm de large.
Aréoles duveteuses, espacées de 2-4cm, sans épine, ou avec 1, rarement 2-3, épine fine de (5-)15-50(-60)mm de long, marron. Glochides marrons.
Floraison
diurne en été. Fleurs jaune foncé brillant de 7-10cm de long sur 3-6cm de diamètre, naissant au sommet des articles terminaux ou proliférant à partir d'une autre fleur. Péricarpelle en forme de toupie, de 3-7cm de long. Etamines réagissant au toucher.
Fruits sans épines solitaires ou groupés, piriformes (partie étroite à la base), de 5-10cm de long, verdâtre à rougeâtre. Pulpe blanchâtre translucide,
placenta jaunâtre.
Graines nombreuses, de jusqu'à 4mm de diamètre.
Deux sous-espèces sont actuellement reconnues: la
sous-espèce monacantha largement répandue, et la
sous-espèce brunneogemmia aux articles plus petits poussant au Brésil dans l'état du Rio Grande do Sul.
Culture
Culture facile, sans grandes particularités par rapport aux
conditions générales de culture de la
famille des
Cactaceae.
Bien que l'
espèce soit plutôt originaire de régions chaudes, les clones proposés à la vente dans nos pays sont assez résistant au froid, peut-être même à de courtes gelées s'ils sont tenus au sec. On évitera, par sécurité, de descendre en dessous de 5°C.
Reproduction par
bouture de tiges ou d'articles; semis possible, mais les graines ne sont jamais proposées à la vente.
Étymologie
Opuntia: origine incertaine : voir la fiche de genre
Opuntia.
monacantha: du grec
monos, seul et
akantha, épine, à une seule épine.
Habitat
centre-est de l'Amérique du Sud: Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay.
Naturalisé dans de nombreux pays tropicaux du monde où il a pu être considéré comme une peste végétale (voir la rubrique
écologie de cette fiche).
Anecdotes
Noms vernaculaires: urumbeba, palmatória, monducuru (Brésil), drooping tree pear, drooping prickly pear (U.S.A.), Joseph's coat (forme
variegata, U.S.A.).
Taxonomie: Dans les ouvrages botaniques, cette
espèce est désignée tantôt sous le nom de
Opuntia monacantha, tantôt sous celui d'
Opuntia vulgaris, comme dans le Britton & Rose
The Cactaceae vol. 1 (1919). Le second, qui sert parfois également à désigner
Opuntia humifusa, est maintenant généralement reconnu comme étant un
synonyme d'
Opuntia ficus-indica. Quant à
Opuntia monacantha, il n'est pas nécessairement plus pertinent puisque Haworth l'a utilisé pour décrire un
Opuntia des Barbades et ne cite
Cactus monacanthos Willdenow que comme un possible
synonyme et non comme un basionyme.
N.P. Taylor et W. Stuppy ont considéré qu'Haworth avait pu se tromper dans la localité d'origine de la plante qu'il a examiné en Angleterre, ou que
Opuntia monacantha avait pu être introduit antérieurement aux Barbades et ont choisi de désigner un néotype brésilien pour cette
espèce. Ils ont cependant exclu que
Cactus monacanthos Willdenow soit considéré comme un basionyme et n'ont retenu que Haworth comme auteur (N.P. Taylor et al., Realignement and revision of the Opuntioideae of Eastern Brazil, Studies in Opuntioideae (
Cactaceae), Succulent Plant Research 6:127-129 (99-132) (2002)).
En
culture, on retrouve parfois cette plante sous le nom d'
Opuntia horrida, nom qui devrait en fait être considéré comme un
synonyme d'
Opuntia dillenii.
Ecologie:
Opuntia monacantha est une
espèce qui a été largement introduite dans les régions tropicales du globe, tant pour servir de haies vives que comme nourriture pour le bétail, voire les humains. L'absence de prédateurs a souvent permis une prolifération rendant impraticables et inexploitables des surfaces gigantesques. Une lutte biologique a alors été conduite en introduisant des
cochenilles qui ont presque éradiqué ce fléau.
Opuntia monacantha reste considéré comme une peste végétale à éliminer dans de nombreux pays, comme en Australie où il subsiste en petit nombre, ou en Afrique du Sud.
Le cas malgache est assez intéressant, d'autant que les colonisateurs français y ont joué un grand rôle.
Opuntia monacantha a été introduit en 1769 à Fort Dauphin afin de sécuriser ce camp contre les attaques des malgaches, par la création de haies vives. Il s'est ensuite
répandu dans l'île, surtout sur le plateau entourant Antananarivo et dans le sud-ouest de Madagascar et a été adopté rapidement par les Malgaches comme haie vive ou comme fourrage pour les très nombreux zébus, élevés notamment en prévision des cérémonies funéraires.
Une
cochenille du genre
Dactylopius a été introduite en 1923 probablement pour détruire ce qui était devenu dans ces deux régions, un vrai fléau. Deux autres motivations ont été évoquées: la production de colorant rouge et la suppression d'une végétation servant de refuges aux populations rebelles.
Si autour d'Antananarivo, la disparition d'
Opuntia monacantha n'a pas provoqué de problèmes particuliers, il n'en est pas de même dans le sud de l'île. La
cochenille y aurait été envoyée en 1924 par H. Perrier de la Bathie à l'entomologiste Petit, qui l'y aurait disséminé.
Opuntia monacantha disparut dans les 4 ans, mais cette disparition fut désignée, notamment par Decary, comme la cause de la famine qui sévit dans le sud de l'île lors de la sécheresse de 1930.
Toutefois, il est aujourd'hui difficile d'affirmer un lien direct entre la disparition d'
Opuntia monacantha et la famine de 1930. Ainsi Decary indique une diminution du cheptel de 20% lors de cette famine, mais entre 1922 et 1923, les recensements montrent une diminution de 31% de ce cheptel alors qu'
Opuntia monacantha était abondant!
Par ailleurs, l'introduction d'autres espèces d'
Opuntia résistantes à la
cochenille et notamment d'une forme inerme d'
Opuntia ficus-indica qui fut alors plus largement cultivée, n'empêchât pas la famine de 1943. Toutefois, les villages cultivant des
Opuntia parurent moins touchés.
Une étude plus précise mériterait d'être menée, mais les documents fiables sont rares, d'autant que les deux grands spécialistes de la flore de Madagascar de cette époque, et protagonistes de cet épisode, Decary et H. Perrier de la Bathie, n'étaient pas vraiment amis.
Aujourd'hui, la présence d'
Opuntia monacantha a de nouveau été constatée à Madagascar, et il est même fait mention de sa
culture autour de certaines habitations.
Exposition
Vive (luminosité maxi, plein soleil accepté)
Température mini
5°C
Arrosages
Hiver : Aucun. Eté : Moyen.
Substrat
Standard (
3 tiers)
Dimensions maximales
Hauteur : 3 m. Largeur : 2 m.
Couleur des fleurs
jaune
Site spécialisé
http://www.cactos.com.br/us/Publications spécialisées
Description originale: Willdenow, Enumeratio Plantarum Horti Botanici Berolinensis, Suppl.33 (1814) (comme
Cactus monacanthos).
Lectotype: Edward's
Bot. Reg. 20: t. 1726 (1834) désigné par Leuenberger, Feddes Repert. 123(4): 429 (26 mars 2002).
Reclassement: Haworth, Supplementum Plantarum Succulentarum 81 (1819).
Néotype: Hunt 6363, 18 juillet 1966, Brésil, Santa Catarina, Itajaí, Praia Baba, sur la plage, désigné par W. Stuppy & N.P. Taylor, Realignement and revision of the Opuntioideae of Eastern Brazil (avec W. Barthlott),
Studies in Opuntioideae (Cactaceae), Succulent Plant Research 6:127 (99-132) (2002)).
Numéros de collecte
Vous pouvez chercher les numéros de collecte pour cette
espèce dans :
Forum
Vous pouvez faire une
recherche sur le forum.
Auteur
philippe (
contacter)
Fiche créée le 06/06/2003, mise à jour le 04/08/2006.