Publication : Evol. & Syst. Crassulac.: 168 (1995).
Description
Couramment dénommée « orpin bâtard », cette espèce de Phedimus est commune sur les vieux murs de villages.C’est une plante vivace avec de nombreuses tiges couchées et radicantes qui s’entremêlent les unes aux autres. Les tiges sont glabres ou parfois papilleuses et mesurent entre 5 et 15cm. Les feuilles sont opposées ou rarement alternes. Elles ont sessiles ou courtement pétiolées, spatulées ou obovales, cunéiformes et crénelées. Elles font entre 1,5 à 3,5 cm de long.
Les inflorescences sont des corymbes denses avec 3 à 5 branches et 15 à 30 fleurs subsessiles ou courtement pédicellées. Les fleurs sont pentamères ou hexamères. Elles possèdent chacune une bractée oblongue et papilleuse. Les sépales sont deltoïdes-lancéolés, obtus à aigus. Les pétales sont érigés, acuminés, linéaires-oblongs et font 8-12mm de long. Les fleurs sont blanches, roses ou rouges.
La floraison a lieu entre juillet et août.
Les fruits sont des follicules glabres, érigés et connés à la base.
Culture
La
culture de cette espèce ne pose aucun problème en pleine
terre, en rocaille ou en pot avec un
substrat bien drainé. Elle apprécie un emplacement lumineux mais pas trop chaud (exposition est ou ouest). Elle est parfaitement rustique dans toute la France.
La multiplication se fait le plus souvent par division de touffe.
Etymologie
Phedimus : Du grec
phaidimos, brillant, peut-être pour le feuillage de certaines espèces.
Autre hypothèse :
Pour
Phedimus, Archevêque à Amasea (ou Amasya) dans la région du Pont (ou Pontus), royaume antique situé sur la côte méridionale de la Mer noire. Aujourd'hui, cette région se trouve en Turquie et forme une partie de l’aire de distribution de certaines d’espèces de ce genre.
spurius : du latin
spurius, bâtard. On affuble parfois certaines plantes de l’adjectif « bâtard » si ces plantes sont utilisées comme succédanés (ex : le safran bâtard,
Carthamus tictorius) ou bien si celles-ci ressemblent à une autre plante (linaire bâtarde,
Kickxia spuria).
Il semblerait que dans notre cas, ce
Phedimus a été appelé ainsi pour sa similitude avec les
Hylotelephium et les
Rhodiola à qui il ressemble fort par ses feuilles plates.
Cette hypothèse serait à vérifier.
Habitat
Ce
Phedimus est originaire de l’Asie tempérée : Sud-Ouest de l’Asie (Iran, Turquie) et du Caucase (Armenia, Azerbaïdjan, Georgie et Russie).
Il pousse dans les zones rocheuses d’altitude (entre 1200 et 3000m).
Il s’est naturalisé dans de nombreux pays européens suite à des introductions pour l’ornement.
En France, cette espèce est naturalisée sur l’ensemble du territoire (jusqu’à 1300m dans le Cantal et le Jura).
Anecdotes
Note sur sa répartition française :Bien que signalée en de nombreuses régions, la répartition de cette espèce en France est encore mal connue. Les flores de France (y compris les flores régionales) donnent des indications assez floues. Parfois même, ce taxon est absent de l’ouvrage (par manque de données, sans doute).
Par ex :
Cette espèce est absente de la flore lyonnaise de G. Nétien (1993) hors elle existe dans le Haut-Beaujolais (comm. pers.) et dans les Monts du Lyonnais.
Le catalogue floristique de la Haute-Savoie (A. Charpin et D. Jordan, 1990-92) ne cite que deux stations à basse altitude. Elle a été découverte en juillet 2007 dans les gorges de la Diosaz (Haute-Savoie) à 1000-1100m le long d’un sentier.
Ceci ne sont que quelques exemples.
En fait, il s’avère que cette espèce ait été sous-observée et qu’elle est beaucoup plus banale que ne l’indique la bibliographie. Il est vrai également que les espèces « échappées des
jardins » ne sont pas toujours indiquées dans les flores.
Depuis quelques années, de nouveaux catalogues floristiques régionaux paraissent avec de nombreuses données modernes même pour ces espèces dites « échappées de
jardins ». Ceci devrait permettre de se faire une réelle idée sur la répartition actuelle de cette espèce en France.
L’auteur de cette fiche n’a pas trouvé à quand remontent les premières naturalisations de cette espèce en France. E. Spach (Histoire naturelle des végétaux phanérogames. Tome 5. 1836) la cite dans son ouvrage comme une plante couramment cultivée.
Actuellement, cette espèce est considérée comme une invasive en Suisse. Son comportement semble moins « agressif »sur le sol français.
Note sur la variabilité de l’espèce :Cette espèce est assez variable au niveau de la taille et la forme des feuilles et dans la couleur des fleurs.
Les formes à fleurs blanches semblent dominantes dans les populations du Nord-Est et les formes à fleurs rouges seraient majoritaires dans les populations de l’Ouest.
Publications spécialisées
FOURNIER P., 1934-1940. – Les Quatre Flores de la France, Corse comprise (générale, alpine, méditerranéenne, littorale).
HART H. 't., Illustrated handbook of succulent plants (
Crassulaceae). Edité par Urs Eggli
Numéros de collecte
Vous pouvez chercher dans la base de Ralph Martin si cette espèce a des
numéros de collecte
Auteur
jeff (
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Fiche créée le 28/01/2008, mise à jour le 26/02/2008.