Publication : Annals of the Missouri Botanical Garden 65(4): 1007 (1979).
Basionyme : Cereus eruca T. Brandegee
Description
Le célèbre "diable rampant", dont les tiges, armées de fortes épines centrales aplaties en forme de poignard et dirigées vers l'arrière, rampent sur le sol en s'enracinant au fur et à mesure que la tige progresse, l'apex légèrement redressé pour passer au-dessus des obstacles, la partie de tige plus ancienne mourant et se desséchant au fur et à mesure de la croissance.Cactus colonnaire rampant sur le sol et formant des amas de tiges partant dans toutes les directions, aux tiges vert-grisâtre fortement épineuses de 1-3m de long sur 4-8cm de diamètre. Apex redressé formant un angle d'environ 30° par rapport au sol. La partie ancienne de la tige se dessèche et meurt progressivement, mais la portion de tige vivante produit des racines adventives.
(9-)10-12 côtes de 0,5-1,2cm de haut, aux aréoles espacées d'environ 2cm, portant 1-3 épines centrales fortes, aplaties et en forme de poignard, grisâtres de 1-2,5cm de long (jusqu'à 6cm selon S. Porembski) et 10-17 épines radiales blanchâtres de 1-1,5cm de long (0,8-2,5cm selon S. Porembski).
Floraison nocturne en fin d'été (août à octobre en Basse Californie, avec une production de fruits matures d'octobre à décembre). Fleurs crème à blanc rosâtre, en forme de long tube, souvent courbe, de 10-12cm de long sur 6mm de diamètre, prolongé par une corolle ouverte presque à plat de 5-6cm de diamètre portant la longueur totale à 10-15cm. Péricarpelle épineux.
Fruit sphérique rouge et épineux de 3-4cm de diamètre. Graines noires.
Culture
Plante peu connue en
culture amateur.
Culture facile sans grandes particularités par rapport aux
conditions générales de culture de la famille des
Cactaceae.
Ce cactus est souvent cultivé debout car il ne se couche pas naturellement rapidement, surtout si il est greffé. Mais c'est couché sur le sol, lorsqu'on a de la place dans sa serre, qu'il est le plus représentatif. Dans ce dernier cas la surface de contact tige-sol est importante et les risques de pourriture sont accrus, aussi on amendera et on surfacera le sol avec du
sable grossier. Par sécurité, on évitera de les exposer à des températures inférieures à 7°C, voire 10°C.
Reproduction par
bouturage de tiges, voire par semis, mais les graines sont rarement proposées.
Etymologie
Stenocereus: du grec
stenos, étroit: cierge aux côtes étroites.
eruca: du latin
eruca, chenille, en référence au port rampant.
Habitat
Mexique: Basse Californie, plaines sableuses de Magdalena, côte Pacifique, de Poza Grande au nord à Estero Salinas au sud, et côte est des îles adjacentes Magdalena et Santa Margarita.
Anecdotes
Noms vernaculaires: chirinole, cherinole, casa de ratas, creeping devil cactus (cactus diable rampant), caterpillar cactus (cactus chenille), desert snake (serpent du désert).
Ecologie: Stenocereus eruca présente une aire de distribution limitée, menacée par le développement de l'agriculture. Il est considéré comme se reproduisant exclusivement végétativement, ce qui limite ses possibilités de survie face à la pression des activités humaines.
Les fleurs de
Stenocereus eruca sont nocturnes et auto stériles. Pour fructifier, elles ont surtout besoin d'un agent pollinisateur nocturne car les opportunités diurnes sont très réduites. Or une étude menée sur 4 années, de 1999 à 2002, n'a constaté qu'en 2000 l'intervention de deux espèces de papillons de nuit de la famille des Sphingidés (
Hyles lineata et
Erinnys ello). Les 3 autres années, seule une abeille, d'espèce non identifiée, a pollenisé les fleurs, juste avant le coucher du soleil et le matin peu après le lever du soleil.
La production de fruits a été assez faible en 2000 (ratio fruits/fleurs: 6,5%), mais beaucoup plus faible les trois autres années (ratio fruits/fleurs: 4%). Cette différence s'explique à la fois par la durée beaucoup plus courte de pollinisation lorsque seules les abeilles interviennent, puisqu'elles ne sont pas nocturnes, mais aussi au fait que les abeilles déplacent le pollen sur de plus faibles distances, généralement moins de 10m. Or
Stenocereus eruca, se reproduit principalement en émettant des rejets qui, par le jeu de la progression des tiges et le dessèchement des tiges anciennes abouti à avoir plusieurs plantes apparemment distinctes sur le terrain, mais en réalité issues du même clone et donc incompatibles.
Les papillons de nuit de la famille des Sphingidés transportent le pollen sur de bien plus grandes distances, ce qui accroît les possibilités de rencontre entre matériel génétique de deux clones distincts. Mais ils n'ont été vu qu'une année, toujours à des périodes où la température nocturne excédait 18°C, et les auteurs, sans en être certains, soupçonnent la température d'être un des facteurs limitant l'intervention de ses papillons. Le ratio fruits/fleurs reste de toute manière très bas en pollinisation naturelle (entre 4 et 6,5%, v. supra, contre un peu moins de 50% en pollinisation croisée pratiquée par intervention humaine).
Par ailleurs, il y a bien production de graines viables, même si elle est réduite, mais on ne rencontre presque jamais de jeunes sujets. Ainsi le manque de pollinisateurs et les conditions difficiles d'établissement de semis naturels se conjuguent pour faire de cette espèce une espèce se reproduisant presque exclusivement végétativement.
R. Clark-Tapia et F. Molina-Freaner Reproductive ecology of the rare clonal cactus
Stenocereus eruca, Plant Systematics and Evolution (2004) (en rapport avec la thèse (en espagnol) de Ricardo Clark-Tapia: Estructura clonal, demografía y biología reproductiva de
Stenocereus eruca (
Cactaceae) en las planicies de Magdalena, B.C.S. Doctorado, Posgrado en Ciencias Biomédicas, Instituto de Ecología, UNAM. (juin 2004) sous la direction du Dr. Francisco Molina-Freaner).
Exposition
Vive (luminosité maxi, plein soleil accepté)
Température mini
7°
Arrosages
Hiver : Aucun. Eté : Moyen.
Substrat
Standard (
3 tiers)
Dimensions maximales
Hauteur : 15 cm. Largeur : 8 m.
Couleur des fleurs
crème
Publications spécialisées
Articles en anglais:K.J. Niklas, F. Molina-Freaner, C. Tinoco-Ojanguren, C.J. Hogan Jr. et D.J. Paolillo Jr., On the mechanical properties of the rare endemic cactus
Stenocereus eruca and the closely related species S. gummosus, American Journal of Botany 90(5): 663-674 (2003):
J. Cancino, H. Romero-Schmidt, A. Ortega-Rubio, J.L. Leon de la Luz, Observations on distribution and habitat characteristics of the endangered Mexican endemic cacti
Stenocereus eruca, Biological Conservation 75(3): 312 (1996).
Clark, William H., Paul E. Blom and Robert D. Bratz, A new locality for the Creeping Devil Cactus,
Stenocereus eruca (T.S. Brandegee) Gibson and Horak (
Cactaceae), in Baja California, Mexico, with notes on growth,
Cactus and Succulent Journal of America 65.1:37-40 (1993).
Article en allemand: Dr. Stefan Porembski,
Stenocereus eruca, fiche à détacher du
Kakteen und andere Sukkulenten 43(6): 1992/18 (1992).
Numéros de collecte
Vous pouvez chercher dans la base de Ralph Martin si cette espèce a des
numéros de collecte
Auteur
philippe (
contacter)
Fiche créée le 10/12/2004, mise à jour le 17/01/2005.