Publication : Fl. Gloucestershire : 611 (1948).
Basionyme : Cotyledon rupestris Salisbury
Description
Nom commun : nombril de Vénus
C’est une plante vivace de 10 à 50 cm de hauteur (inflorescences comprises),
glabre, verte,
acaule et à souche tubéreuse. Les feuilles basales sont succulentes, orbiculaires, peltées, longuement pétiolées et cassantes. Elles mesurent de 1,5 à 7 cm de diamètre. Les feuilles caulinaires (sur l’
inflorescence) sont linéaires à réniformes et ont une
marge dentées.
Les inflorescences sont des grappes (ou racèmes) qui peuvent atteindre 50 cm de hauteur. Les fleurs sont pédicellées, pendantes et nombreuses. Les pédicelles mesurent entre 3 et 9 mm de longueur. Les pétales mesurent entre 6 et 10mm de longueur. La
corolle est tubulaire et de couleur blanc-jaunâtre, blanc-verdâtre ou encore parfois rosée.
La floraison a lieu entre mai et juillet.
Les fruits sont des follicules fins et allongés.
Culture
Cette plante se cultive assez difficilement en pleine
terre même bien drainée. Ceci est lié à son
écologie saxicole. En revanche, elle se comporte relativement bien en pot à l’extérieur dans un
substrat standard plantes succulentes (
3 tiers). Il faut l’abriter des excès de pluie hivernaux (abriter le pot sous châssis froid, etc). Si l’on tient à la cultiver au jardin, on peut essayer en l’insérant dans une fente de mur.
Plante typique des milieux subissant une sécheresse estivale, elle se développe principalement en fin d’hiver et au printemps notamment dans le sud de la France. Cette croissance dé
calée s’observe moins au fur et à mesure que l’on remonte vers le Nord , ou dans le cas d’une situation particulièrement humide (rochers suintants, etc…).
Multiplication :le semis est possible mais assez long. La division de touffe est préférable (à réaliser au printemps).
Étymologie
Umbilicus : lié à la forme des feuilles qui font penser à des nombrils (du latin umbilica).
rupestris : des rochers
Habitat
Cette
espèce est connue d’Europe occidentale et méridionale, de
Madère, des Açores, d’Egypte, de Turquie et de Chypre.
En France, cette
espèce a une répartition méditerranéenne-atlantique : Midi, Ouest, Centre, Dauphiné, Lyonnais, Bourgogne (rare) et Corse. Absent ou rare dans une grande partie du Sud-Ouest. Connu anciennement en quelques points du bassin parisien mais a disparu de ses stations naturelles (voir anecdotes).
On la rencontre dans les fissures des vieux murs et de rochers en exposition chaude mais rarement au plein soleil (rochers ombragés par des fourrés, fond de ravin en adret, etc..), de préférence sur silice et à une altitude comprise entre 0 et 700m (peut pousser occasionnellement jusqu’à 1200m).
Anecdotes
Note sur les stations d’Umbilicus rupestris du bassin parisien :Jeanpert, dans sa flore de la région parisienne cite : « Vieux murs ombragés » en signalant une seule localité (dans les pages réservées aux illustrations) : Auchy-Ferrières près Gournay. Aucune note sur la rareté de la plante n’est indiquée. Dans le guide des groupements végétaux de la région parisienne, on apprend que cette
espèce était connue du Pays de Bray mais y a sans doute disparu (non revu en 1977). Plus récemment, cette
espèce a été observée dans l’Essonne à Palaiseau (1993) mais de manière subspontanée.
On peut émettre l’hypothèse que cette
espèce a disparue de ses stations naturelles (bien que des prospections pourraient permettre la découverte de nouvelles stations) mais pourrait subsister en plusieurs points de la région parisienne « au sens large » par quelques populations subspontanées. Cette
espèce était très utilisée dans la pharmacopée populaire pour confectionner des pansements sur les contusions ou encore consommée en salade. Elle aurait été cultivée, puis se serait échappée des
jardins pour devenir subspontanée.
Taxonomie :C’est une
espèce très variable, dont certaines populations mériteraient d’être élevées au rang de
sous-espèce notamment ce qui fut nommé «
Umbilicus neglectus » dans la Péninsule Ibérique.
Sur l’ensemble de sa répartition, les populations septentrionales d’
Umbilicus rupestris ont une
corolle généralement assez longue (7-10mm) et se distinguent aisément de
Umbilicus horizontalis. A l’inverse, les populations méridionales ont une
corolle plus courte (6-7mm) et des confusions peuvent avoir lieu entre ces deux espèces. Le caractère « fleur horizontale/penchée » permet de différencier ces deux taxons. La dernière flore de Corse (2007) donne un critère supplémentaire (non cité par Walker dans le Handbook of succulent plants) :
- grappe florale occupant plus de la moitié de la longueur de la
hampe florale chez U.
rupestris.
- grappe florale occupant moins de la moitié de la longueur de la
hampe florale chez U.
horizontalis.
De plus, le caractère « longueur du
pédicelle » apportera une aide complémentaire à la détermination, celui-ci étant plus long chez U.
rupestris.
Publications spécialisées
WALKER C. C., Illustrated handbook of succulent plants (
Crassulaceae). Edité par Urs Eggli.
COSTE H., 1906. – Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes.
FOURNIER P., 1934-1940. – Les Quatre Flores de la France, Corse comprise (générale, alpine, méditerranéenne, littorale).
Numéros de collecte
Vous pouvez chercher les numéros de collecte pour cette
espèce dans :
Forum
Vous pouvez faire une
recherche sur le forum.
Auteur
jeff (
contacter)
Fiche créée le 17/10/2008, mise à jour le 16/11/2009.