Balsas est un village situé dans la vallée du Marañon (photo), sur la piste reliant Cajamarca à Chachapoyas. Même si cette piste a perdu de son importance au profit de la route goudronnée reliant Chachapoyas à la côte par Corral Quemado, elle reste l'une des rares voies de communication menant au Marañon, ce fleuve mythique pour l'amateur de cactus péruviens car riche en espèces intéressantes.Le fleuve Marañon (photo), qui donnera plus loin naissance à l'Amazone en rejoignant d'autres fleuves de même importance, traverse ici une vallée sèche riche en cactées. Du bord du fleuve jusqu'à environ 1400m, abondent
Armatocereus rauhii ssp. balsasensis (photo),
Browningia pilleifera (photo),
Espostoa mirabilis (photo),
Melocactus bellavistensis ssp. onychacanthus et Thrixanthocereus (
Espostoa) blossfeldiorum.
Les zones proches du fleuve (photo satellite
A et
A') sont le lieu d'élection de
Matucana formosa (photo) où il pousse en compagnie des cactées précédemment citées et du
Peperomia trollii à l'étonnante
hampe florale (photo), cependant que
Matucana krahnii se situe généralement entre 1600 et 1700m (notamment en
C), même si certaines personnes en ont trouvé nettement plus bas. Deux autres Peperomia succulents méritent le coup d'œil, l'omniprésent Peperomia dolabriformis et le plus rare Peperomia hutchisonii.
Deux espèces de cactus privilégient des zones plus densément arborées: le
Calymmanthium fertile (
synonyme de
Calymmanthium substerile) et un
Cleistocactus qui semble apparenté au
Cleistocactus longiserpens de la vallée de Huancabamba, plus au nord, mais pourrait être une
espèce distincte (photo), sont ainsi particulièrement abondants dans la ravine (photo satellite
B) située sur la rive droite, peu après avoir quitté les zones cultivées.
Vers 1800m on commence à apercevoir, surplombant la piste, deux autres espèces de cactus:
Lasiocereus fulvus (photo) et un
Espostoa qui parait apparenté à
Espostoa lanata. Mais ils sont inaccessibles jusqu'à ce que la route contourne nettement la montagne par la droite et rejoigne une crête rocheuse caractéristique (photo satellite
D, photo). On retrouve ces deux espèces sur cette crête rocheuse légèrement en contrebas de la piste, en compagnie d'un Calymnanthium fertile très photogénique car poussant dans une zone à végétation rase. La partie au-dessus de la piste n'est pas moins intéressante avec notamment des
Matucana weberbaueri f. flammea à fleurs oranges.
Matucana weberbaueri a initialement été décrit avec une fleur jaune, mais depuis le passage de Weberbauer qui le collecta, la piste à mulets qui passait probablement plus au nord, a été abandonnée au profit d'un itinéraire plus long mais utilisable par les véhicules à moteurs et ne traverse donc plus la même population.
Au-delà la piste qui continue vers Chachapoyas traverse une zone de buissons riche en
Calymmanthium fertile dans laquelle doit également pousser
Espostoa calva (photo satellite
E) et, peut-être un peu plus haut, puisque donné pour 2200-2300m d'altitude,
Matucana myriacantha (
synonyme de
Matucana haynei ssp. myriacantha), mais je ne suis pas allé au-delà de la crête rocheuse.
Infos pratiques
Le fleuve Marañon marque ici la frontière entre les régions de Cajamarca (rive gauche) et Amazonas (rive droite). Une barrière ferme d'ailleurs parfois le pont (photo), s'adresser au poste de police pour son ouverture. Plusieurs petits commerces et habitations sont construits autour du poste de police, mais l'authentique
Balsas est un village situé un peu plus au nord.
Accès-transports: Balsas est assez facile à rejoindre depuis Cajamarca en une journée. Pour ceux qui ont un véhicule de location, si un véhicule de tourisme permet de visiter les villes de Cajamarca et
San Marcos, reliées à la
côte par de la route goudronnée, voire même
Puente Crisnejas, relié à
San Marcos par une bonne piste, il vaut mieux avoir un véhicule tous-terrains pour se rendre à
Balsas, même si la piste n'est pas trop mal entretenue jusque là, ne devenant franchement mauvaise et totalement impraticable aux véhicules de tourisme qu'entre
Balsas et Chachapoyas.
Si vous utilisez les transports collectifs, des bus relient tous les jours Cajamarca à Celendin. Puis de Celedin des taxis collectifs, à prendre au 'monumento', près du marché, peuvent vous emmener à
Balsas. Dans la mesure où le col n'est pas très loin de Celendin et qu'ensuite des pistes descendent assez directement sur
Balsas, il m'a même été indiqué que les bons marcheurs pouvaient rejoindre
Balsas à pied dans la journée, mais je ne l'ai pas essayé. Une solution médiane consisterait à prendre un taxi jusqu'au col (une demi-heure de piste) et continuer la descente à pied. Si vous le faites, pensez à rechercher peu après le col
Matucana celendinensis et ouvrez l'œil en descendant car il n'est pas impossible que
Matucana krahnii pousse également dans le coin.
Pour revenir de
Balsas à Celendin, cela reste également facile. Vous avez un taxi collectif qui part le matin assez tôt de
Balsas, renseignez-vous la veille, ou sinon quelques transports, assez rares, passent dans la journée.
Il est nettement plus difficile de trouver un véhicule pour rejoindre Chachapoyas depuis
Balsas. En effet les transports collectifs ne relient pas Celendin à Chachapoyas tous les jours et comme ces transports ne partent de Celendin que lorsqu'ils sont complets, ils risquent de ne disposer d'aucune place libre en passant à
Balsas. C'est pourquoi pour ceux qui souhaitent visiter Chachapoyas, il peut être plus intéressant de revenir à Celendin pour être sûr d'avoir une place, ou mieux, de faire le trajet dans le sens Chachapoyas-
Balsas, puisque à Chachapoyas vous serez sûr d'avoir une place (et ce ne sont pas les excursions qui manquent à Chachapoyas pour attendre le jour du départ), et que de
Balsas à Celendin, il y a nettement moins de problème.
Vous ne pourrez pas plus compter sur un transport collectif pour espérer rejoindre sans trop de fatigue le site des
Lasiocereus fulvus et c'est là que l'absence de véhicule de location se fait durement sentir. Pour ne pas vous épuisez à monter à pied jusqu'à ce site, je vous conseille de solliciter à
Balsas même un véhicule: cela ne représente qu'une demi-heure de voiture contre une demi-journée à pied avec une chaleur souvent très dure à supporter. Ce serait bien le diable si personne n'acceptait de vous rendre ce service pour quelques soles, et vous pourrez ensuite redescendre tranquillement à pied.
Du fait de la chaleur, évitez tous raccourcis à l'exception du raccourci
x-y (photo satellite). Il peut par exemple être tentant de revenir directement à
Balsas sans passer par la piste carrossable qui fait un détour par une zone cultivée au sud de
Balsas. Mais ce raccourci est un vrai four, alors que la zone cultivée ménage un peu de fraîcheur tout en longeant assez souvent une zone riche en cactées.
Hébergement: Il est possible de loger à
Balsas même, au nord du pont.
L'hôtel est rustique et un peu à l'écart, avec des douches et toilettes communes assez propres. Il n'y a pas de moustiquaires, donc pensez à apporter la votre ou une autre protection, et comme il est un peu isolé et sans gardien, vérifiez que la porte de la chambre ferme bien à clé de l'intérieur. Mais pour 7 soles la nuit par personne en 2007, c'est d'un excellent rapport qualité-prix. Il n'y a pas de réception sur place: il faut s'adresser à un petit commerce un peu avant
l'hôtel. Ce commerce est facilement reconnaissable, deux palmiers poussent devant, mais n'importe qui peut aussi vous l'indiquer.
J'ai remarqué que des chambres étaient également proposées à la location à coté du poste de police. Cela évite d'aller jusqu'à
Balsas et permet de rester près du pont dans une zone où se concentrent les restaurants, et où passent les transports, mais je n'ai pas visité ces chambres: si elles s'avéraient sales ou trop chères, n'hésitez pas à vous rendre à
Balsas même.
Coordonnées
- Latitude : 6° 50' 30" S
- Longitude : 78° 1' 45" O
- Altitude : 800m
Auteur
philippe (
contacter)
Fiche créée le 29/03/2008.