Argentine 2005, Lundi 10 : Cordoba à Cruz del Eje

Octobre 2005 : Intro - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 - 20 - 21 - 22 - 23 - 24 - 25 - 26 - 27 - 28 - 29 - 30 - Postscripts

Gymnocalycium mostii - S400Gymnocalycium mostii - S400
Nous expérimentions tous les décalages des fuseaux horaires, les Britanniques GMT - 4 heures et les Américains (du moins ceux de Californie) le Pacific Time + 4 heures, et ce fut un miracle que nous soyons tous parvenus à nous retrouver à l'heure prévue pour le petit déjeuner. L'exploit fût répété tout au long du voyage, même si certains hôtels n'étaient pas tout à fait à la hauteur de notre impatience à continuer notre route.

Quotidiennement, nous descendions tous nos bagages de sorte que l'ensemble puisse être chargé sur le bus de 20 places par nos conducteurs. C'était un véritable challenge, car les lignes aériennes utilisées par les Américains autorisent deux fois plus de bagages par personne que nos vols européens. Mais Jorge fut à la hauteur du défi et y réussit chaque jour.

Acacia caven ? - S400

Acacia caven ? - S400 →


Ainsi nous sommes arrivés à notre premier arrêt cactus de la journée à 8h26, selon les metadonnées qui proviennent en partie des photos numériques. Développeurs d'appareils photos numériques, veuillez noter : il serait très utile que dans le futur ces données incluent la position GPS et des informations météorologiques (température, humidité etc.) - pas besoin du bulletin météo à court terme car nous sommes susceptibles de nous déplacer vers d'autres endroits.

Il m'a fallut au moins une journée pour me mettre dans l'ambiance du terrain, pour réaliser où j'étais, quelle heure il était et ce que j'étais supposer viser avec ma caméra. C'est pourquoi ce premier jour est pauvre en informations et qu'il sera enrichi par les infos provenant des autres membres du groupe. Pour le moment, je peux vous dire que notre premier arrêt se fit le long de la route principale près du village de El Manzano et que ma première photo fut celle d'un beau Gymnocalycium mostii, poussant parmi plus de végétation que nous n'en avons vu sur l'ensemble de notre voyage dans le désert d'Atacama au Chili ! Quelques unes de ces plantes étaient en boutons, mais il n'y avait aucune fleur - et ce fut ainsi pour la plupart des sites que nous avons visités durant ce voyage :

  • A. Parce que comme au Royaume Uni en avril/mai 2005, l'Argentine connût un printemps tardif
  • B. Parce qu'en jonglant pour prendre en compte les dates du voyage qui convenaient aux Britanniques, nous avions ignoré le conseil de Guillermo qui était de retarder notre départ de quelques semaines afin d'optimiser les chances de voir la floraison des cactus.

Puya spathacea - S401Puya spathacea - S401
J'utilise les numéros Sxxx (c'est à dire numéro de stop) pour mes voyages cactus et je me suis rappelé qu'en 2004 j'avais atteint le S300 et quelque mais sans me souvenir du nombre exact. Je décidais donc de démarrer à S400 pour ce voyage. Mon autre ancienne habitude est de faire, à la première photo d'un arrêt, une image du GPS montrant les coordonnées de l'endroit. Chaque photo suivante doit logiquement avoir été prise à cet arrêt, ou sur la route du prochain site (habituellement ceci peut être déduit par les données de chaque photo numérique). C'était un bon plan, mais quand j'ai enclenché mon GPS, les batteries étaient à plat, et que celles de rechange étaient dans ma valise principale, au fond de la soute à bagages du bus. Qu'importe, suffisamment de mes camarades de voyage étaient équipés de GPS, ainsi j'allais pouvoir relever les coordonnées sur papier, dans mon carnet de note. Mais où était-il, ce carnet de note ? Toujours dans la poche latérale du sac que j'avais eu l'intention de prendre, mais que j'ai dû laisser en Angleterre quand la fermeture éclair s'est cassée alors que je le portais jusqu'à ma voiture. Aarrgghh! Je me sentis frustré et humilié par de telles erreurs de débutant. Heureusement j'avais un bloc note miniature, qui tenait facilement dans une poche de chemise, et qui est parvenu d'une façon ou d'une autre à contenir toutes mes notes jusqu'à la fin du voyage. Le carnet de note de terrain que j'ai acheté quelques jours plus tard a été seulement utilisé comme approvisionnement occasionnel en papier toilette, mais c'est une autre histoire.

Gymnocalycium amerhauseri - S402

Gymnocalycium amerhauseri - S402


Donc, S400 - El Manzano, le long de la route principale : Gymnocalycium mostii, un Opuntia sp. (probablement O. cordobensis ou O. sulphurea - dans cette journée de désastres, j'ai oublié de le prendre en photo), beaucoup de buissons d'Acacia (le nom d'Acacia caven fut suggéré), la plupart avec des épines plus impressionnantes que n'importe lequel des cactus que nous pourrions rencontrer et la première des nombreuses et charmantes broméliacées que nous verrions : Tillandsia recurvata, qui pousse ici sur les lignes téléphoniques.

Notre arrêt suivant (S401) était au nord d'El Manzano, au niveau d'un petit cours d'eau, où l'attraction était un Puya spathacea en bouton, sur la colline située sur la berge opposée à celle par laquelle nous étions arrivés. Quand je suis arrivé sur les lieux, il y avait déjà une rangée impressionnante de trépieds (en faveur chez un certain nombre de photographes Etats-Uniens), alignés le long du torrent, pointant vers la petite (env. 10 m.) colline. Ayant pris la même photo que tout le monde, j'ai suivi Mark qui avait trouvé le moyen de traverser le torrent (utiliser le pont situé un peu plus loin était trop facile pour nous) et qui était parvenu à atteindre le haut de la colline et à prendre une photo de la plante, de l'épi floral, et de l'activité des photographes.

Echinopsis (Lobivia) aurea - S404Echinopsis (Lobivia) aurea - S404
Suivit S402, baptisé l'arrêt du Rally Auto. Ceci parce que cette route est régulièrement utilisée pour les rallies, le virage où nous cherchions des cactus devant être alors peuplé d'une centaine de spectateurs attendant les voitures dont les conducteurs perdent le contrôle et se crashent dans le fossé. Ce faisant, les spectateurs se tiennent à l'emplacement d'une petite population de Gymnocalycium amerhauseri. À chaque ELK, nous rencontrons Helmut Amerhauser, l'un des membres du Groupe Australien d'Etude des Gymnocalycium. En septembre prochain je me moquerai de l'allure piétinée des plantes nommées en son honneur. Elles se sont développées à côté de G. mostii et ont représenté notre premier défi cactophile, l'identification de différentes espèces de Gymnocalycium partageant le même habitat. Je ne suis pas du tout expert dans ce genre et ferai probablement rire si je nomme simplement les grosses plantes G. mostii, et les plantes plus petites G. amerhauseri.

vue - S405

vue - S405


Nous nous sommes acheminé vers S403 à El Cuadrado, où G. mostii cohabite avec Echinopsis (Lobivia) aurea et Trichocereus lamprochlorus. E. aurea nous a récompensé de notre première (jaune lumineux) fleur de cactus du voyage. Ces plantes s'avèrent être un plus grand défi à photographier que les Copiapoa de mes précédents voyage au Chili, car elles sont entourées voire partiellement recouvertes de végétation, épines et brins d'herbe entrelacés. Ma photo finale pour cet arrêt est celle de la floraison d'un Oxalis aux feuilles pubescentes. Une mauvaise herbe dans beaucoup de collections de cactus au Royaume Uni, mais je dois admettre qu'elles peuvent être de bien intéressantes plantes dans l'habitat.

EL Cuadrado s'est avéré être une petite colline et S404 était plus haut que S403, pas loin du sommet. Là, la diversité des cactus était impressionnante. Via mes photos numériques j'ai trouvé Echinopsis aurea, Gymnocalycium amerhauseri, G. bruchii, G. mostii, Parodia (Notocactus) submammulosus, Trichocereus candicans et T. lamprochlorus aussi bien que des photos d'une Euphorbia sp., et de Broméliacées (avec des feuilles aux bords dentés et visqueux - de vrais écorcheurs de chevilles!). Il était seulement 11h24 (d'après ma dernière photo numérique) et l'ensemble des genres et des espèces de cactus que nous avions vus était impressionnant ! Je suis sûr que si j'avais fait plus attention, j'aurais pu ajouter un ou deux Opuntia à la liste.

Gymnocalycium monvillei - S405Gymnocalycium monvillei - S405
Celles-ci sont certainement apparues sur les photos de l'arrêt suivant, S405, que nous avons atteint 30 minutes plus tard. Si mes notes sont correctes, les Gymnocalycium incluent ici G. bruchii, G. capillaensis, G. monvillei et G. valnicekianum, et probablement plus si vous étudiez sérieusement le genre et adoptez le point de vue des “splitters”. Les Parodia, Opuntia et Trichocereus mentionnés aux précédents arrêts étaient également présents, dans un paysage attrayant de collines basses et verdoyantes. Quelques cactus étaient en fleur - la plupart étaient en boutons, nous étions arrivés quelques jours trop tôt. Le soleil était haut et bien plus fort comparé à ce que nous avions en Grande Bretagne quelques jours plus tôt. Une brise fraîche rendait l'endroit très agréable. La vie est belle ! Le bruit des appareils photo cliquetant et des cris de 'Ici il y a un bruchii en pleine floraison' remplissait l'air, jusqu'à ce que le bruit du klaxon du bus nous rappelle de nouveau à la réalité.

Gymnocalycium bruchii - S405

Gymnocalycium bruchii - S405


S406 était près de Capilla del Monte, et offrait G. capillaense, G. valnicekianum et Trichocereus candicans, aussi bien que l'omniprésent Opuntia sulphurea, que j'exclurai probablement de ma liste de cactus rencontrés aux prochains arrêts, à moins qu'il n'y ait quelque chose de peu commun à rapporter. Pendant que je terminais entouré d'Acacias sur un chemin sans issue, j'ai saisi l'occasion de photographier au moins 4 espèces de Tillandsia sur un seul arbre. Se pourrait-il que ce soit pour moi une nouvelle obsession ? Pas besoin de rempotage !

Parodia (Notocactus) submammulosus - S405Parodia (Notocactus) submammulosus - S405
S407 était sur le bord d'un lac ou d'une réserve d'eau. La plupart de mes compagnons de voyage indiquaient notre progression sur les atlas de route que Guillermo nous avait fournis. Je marquerai mon exemplaire lors de la session prochaine de dégustation de vin. Le Gymno ici est encore G. valnicekianum, mais les plantes sont beaucoup plus grandes que celles vues lors des précédents arrêts. Suis-je en train de devenir un “splitter” ? Il était 5 h de l'après-midi quand nous avons embarqué dans le bus et 5h40 quand nous sommes arrivés à S408. Sur le talus, le long de la route, environ 3 m au-dessus de nous, Guillermo avaient repéré Acanthocalycium spiniflorum (syn. violaceum) se dorant au soleil de la fin de journée. À 18 h nous sommes retournés nous asseoir dans l'autobus, plus que satisfait de notre premier jour de chasse au cactus, nous sommes arrivés à Cruz del Eje avant le coucher du soleil, pour une bière au bord de la piscine et notre première dégustation de vin au restaurant de l'hôtel avant dîner.

J'ai assez radoté pour aujourd'hui et je vous dirai tout au sujet des infâmes dégustations de vin dans un futur rapport.

Octobre 2005 : Intro - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 - 20 - 21 - 22 - 23 - 24 - 25 - 26 - 27 - 28 - 29 - 30 - Postscripts


Auteur : Paul Klaassen.
Traduction : Alain Laroze, Antoine Senni, Bernard Gallardo, Claudine Laveze, Jean-Luc Loroy, Marie-Élisabeth Laffite, Odile Wolff, Patrick Cazuguel, Pierre Gambart, Véronique Cucchi
Relecture : Alain Laroze