Argentine 2005, Jeudi 13 : Anillaco de Fiambala

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Trichocereus sp. épiphyte - S420 ← Trichocereus sp. épiphyte - S420
Heureux de ne pas être la personne qui retarderait le départ (ou sans doute, parce que nous ne pouvions pas dormir à cause de notre toux ou de celle de la personne avec qui nous partagions la chambre), il n'était pas inhabituel de trouver, dans l'heure qui précédait le petit-déjeuner, des cactophiles prenant l'air du matin photographiant l'hôtel où nous avions passé la nuit. En conséquence, vers 7h38, par un matin de printemps (NdT : en octobre, c'est en effet le printemps dans l'hémisphère sud) lumineux, beaucoup d'entre nous (pour ne pas dire la plupart) exploraient le petit bout de terre sauvage en face de l'“Hosteria del ACA” à Anillaco. J'ai pris tant de photos que je donnai à cet “Hosteria del ACA” l'index S420. Ce site contenait des Gymnocalycium identifiés temporairement comme G. kieslingii, des Opuntia sp. (présumées sulphurea) et juste à côté de l'hôtel, un Trichocereus sp. d'1m qui poussait comme n'importe quel cactus épiphyte, sur la branche d'un grand arbre. Bien que les prévisions aient annoncé une belle journée chaude, nous avions appris que seulement une semaine plus tôt, la neige couvrait toujours Anillaco. Ceci pour rappeler que tout ce que nous voyons lors de nos ballades n'est qu'un cliché des conditions météo du moment qui ne dure qu'environ une heure avant que nous nous déplacions vers le site suivant. On est toujours tenté lors de telles expériences de croire que les conditions rencontrées sont typiques et durent 365 jours par an. Il n'en est pas ainsi !

Tephrocactus weberi - S422

Tephrocactus weberi - S422 →

Vers 8h45 nous avions pris notre petit-déjeuner, nos bagages étaient en sécurité sur le bus, et nous avions atteint la Sierra Copacabana où, en S421, nous trouvions Gymnocalycium mucidum, que je connais mieux par l'un de ses synonymes : G. glaucum. Je ne peux pas prétendre être un grand fan de ce genre. Il y a des années, je me suis retrouvé attablé dans le bar de ELK, aidant à briser la barrière des langues entre buveurs d'expression anglaise et allemande. Nous venions tout juste de voir une conférence du hollandais Ludwig Bercht qui contenait beaucoup de noms de Gymnos et de localités sud- américaines. “Trop de noms de variétés, la plupart créés par vous les Allemands” blaguais-je avec mon nouveau compagnon de bistro. “Mais je suis Autrichien” protesta-t-il. “Que d'histoire pour un genre qui, au plus, comporte 6 à 14 espèces, et pour lesquelles on doit voir les graines et les fruits avant de pouvoir les déterminer !” J'ai continué ma tentative pour détendre gentiment l'atmosphère, en utilisant comme argument le G. amerhauseri alors nouvellement décrit. “Oui, mais il pousse facilement, et a de belles fleurs” répondit-il. Et ainsi nous avons continué de refaire le monde sur plein de sujets, avant d'échanger nos noms et adresses e-mail à la fin de la soirée. C'est ainsi que j'appris que mon nouvel ami n'était autre que Helmut Amerhauser. Chaque année à ELK, je sais que j'aurai droit à une tape sur l'épaule, d'un Helmut souriant qui me rappelle “Juste quelques espèces, mais de belles fleurs !”

Trichocereus sp. épiphyte - S420 ← Tephrocactus articulatus - S422
Le livre de John Pilbeam “Gymnocalycium” est maintenant épuisé, et bien que pas nécessairement considéré comme correct par certaines personnes (alors pourquoi ne pas le récrire et en publier un plus correct ?) au moins fournit-il un peu d'aide, en limitant le choix des noms grâce à de grandes séries de photos en gros plan d'aréoles et de groupes d'épines. Mais il s'agit de plantes de culture en bonne santé, avec une belle forme de jolies plantes globulaires. Sur le terrain, au début du printemps, la plupart des plantes que nous avons vues étaient toujours déshydratées et aussi plates que des crêpes, donc plein d'occasions de faire de fausses identifications.

Echinopsis leucantha - S422

Echinopsis leucantha - S422 →

La plupart apprécient de pousser en compagnie d'un “buisson protecteur” mais sont capables de survivre si cette protection disparaît. D'une façon générale, j'ai observé que les Gymnos qui poussent avec une telle protection (ou la protection plus permanente d'un grand rocher ) sont moins déshydratées et plus globulaires, ressemblant aux plantes de ma collection, alors que les crêpes plates se trouvent dans les situations les plus exposées.

La variabilité des plantes que je suppose appartenir au même genre, sur un même site, est amusante et m'a aidé à comprendre une des raisons du grand nombre de noms dans ce genre.

Opuntia sulphurea - S422 ← Opuntia sulphurea - S422
Un peu plus loin, (à 2h15 de route), à l'index S422, nous cherchions de nouveau des G. glaucum, ici accompagnés de quelques très grands Echinopsis leucantha, au comportement de buisson protecteur. Et en même temps que les Gymnos, Tephrocactus weberi, T. articulatus et Opuntia sulphurea (en fleur, et cela mérite d'être mentionné).

Quelques heures plus tard, des panneaux de signalisation nous ont rappelés que Copiapó et Chañaral n'étaient qu'à respectivement 486 et 538 km. Je me suis alors fait la réflexion que la flore des cactus est beaucoup plus variée ici que sur la face Est des Andes - peut-être un sujet de conférence future, comparer des plantes d'une même bande de latitude étroite, séparée par les Andes.

Tephrocactus geometricus - S423

Tephrocactus geometricus - S423 →

À l'index S423, où il convient de préciser que nous sommes à 2.141 m d'altitude (contre 1.064 m à l'index S422) nous avons trouvé Maihueniopsis boliviana poussant auprès d'Echinopsis leucantha et de Tephrocactus geometricus. Puis, à environ 2400 m, à l'index S424, Denmoza rhodacantha et T. geometricus et à l'index S425, D. rhodacantha, Lobivia (Soehrensia) formosa et M. boliviana. Ici je dois vous prévenir que l'altitude relevée sur un GPS portable ne peux pas être considérée comme fiable, en particulier lorsque l'on n'a pas eu l'occasion de calibrer le récepteur au début de la balade. Une fois que le GPS a indiqué les données de latitude et de longitude, (relativement vite) cela peut prendre plusieurs minutes de plus pour que les signaux reçus par plus de satellites améliorent la précision des indications de l'altitude. Comme je trouve l'indication de l'altitude moins importante que de prendre des photos, j'ai tendance à éteindre le GPS avant qu'il ait atteint ce degré de précision. Alors pourquoi est ce que je mentionne les altitudes ici ? Parce que, comme nous montons, l'air devient moins dense et marcher à ces altitudes-ci en prenant des photos devient plus dur, spécialement lorsque la maladie 'Clifftonaire' affecte la capacité du corps à récolter suffisamment d'oxygène.

Echinopsis leucantha - S427 ← Echinopsis leucantha - S427
Bien que les températures devenaient plus supportables, il fallait toujours tenir compte du danger de coups de soleil. L'année passée, au Chili, Alain Buffel en a souffert près de San Pedro de Atacama, à des altitudes similaires. Dans les jours qui viennent nous allons devoir grimper deux fois plus haut, à La Quiaca, ceci était donc une bonne préparation

Lobivia bonnieae - S427

Lobivia bonnieae - S427 →

Comme les ombres s'allongeaient, nous avions un objectif de plus, trouver Lobivia bonneiae. Un ami m'a donné les coordonnées GPS pour sa localisation (merci Brian, je te paie un pot à ELK 2006) mais notre première tentative (S426) nous a conduit à un canyon étroit où nous avons été arrêté par une chute d'eau asséchée mais trop difficile à franchir pour certains. Ceux qui ont conquit l'obstacle nous ont rapporté que ce canyon se rétrécissait de plus en plus et conduisait très probablement à un cul de sac. De retour au bus, Guillermo démarra son ordinateur portable et nous avons consulté l'e-mail de Brian pour confirmer les données GPS. Nous étions tout près, mais pas assez. Une seconde tentative, à une centaine de mètres, nous conduisait dans une vallée sèche plus large, et là, le long d'une arrête, à coté de T. geometricus et l'omniprésent E. leucantha, nous avons trouvé une douzaine de plantes de L. bonnieae comme la lumière tombait (dernière photo à 18h50 !). Malgré la faible luminosité, je me suis arrangé pour prendre deux photos d'un Pterocactus. Le nom de P. megliolii a été suggéré, mais celui ci est signalé dans la province de San Juan, alors que nous étions un peu plus au nord dans la province de Catamarca où P. tuberosus est signalé. Plus de lecture à faire. Toutes suggestions de lecteurs passionnés par cette plante sont les bienvenues.

Ces comptes rendus deviennent plus longs de jour en jour mais je promets (mais ne garantis pas) d'être plus court à l'avenir.


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Auteur : Paul Klaassen.
Traduction : Alain Laroze, Antoine Senni, Bernard Gallardo, Claudine Laveze, Jean-Luc Loroy, Marie-Élisabeth Laffite, Odile Wolff, Patrick Cazuguel, Pierre Gambart, Véronique Cucchi
Relecture : Alain Laroze