Argentine 2005, Vendredi 21 : de Maimara à Tilcara

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vue salar - S468 ← vue salar - S468
Il n'y a qu'environ 7 km de Maimara à Tilcara, mais il nous a fallu toute la journée pour faire un crochet vers l'ouest. Nous avons zigzagué le long de la Côte de Lipan riche en paysages magnifiques. A notre premier arrêt, mon GPS donnait une altitude de 3851 m. Ayant trouvé les coordonnées latitude/longitude sur Google Earth, la dénivellation y est donnée de 3843 m, bonne précision à mon goût ! Nous avons trouvé Maihueniopsis boliviana et M. glomerata, ainsi que d'autres Pyrrhocactus umadeave, les seuls en fleur étant M. boliviana. On pourrait prétendre que la spination des deux autres espèces est plus impressionnante que les fleurs, mais nous aurions apprécié d'en voir quelques unes, histoire de nous rendre compte par nous-mêmes.

S468 est sur la route qui traverse les Salinas Grandes, immense lac blanc comme neige, désolé, vide de plantes mais habité par de petits groupes de lamas et de guanacos que l'on pouvait voir dans la végétation verdâtre des berges. Les animaux avaient le chic pour tourner le dos à tout objectif pointé sur eux, si bien que je me retrouve avec un tas de photos de croupes et de sabots de lamas.

De retour sur la terre ferme, nous nous sommes arrêtés dans une gorge étroite (S469) peuplée de nombreux Trichocereus pasacana dont beaucoup étaient en fleur. On pouvait remarquer que ce Tricho est beaucoup plus abondant en Argentine que de l'autre côté de la frontière chilienne. Est-ce que ce versant Est des Andes reçoit plus d'humidité que le côté chilien ? Ou bien l'industrie touristique de San Pedro (NdT : San Pedro de Atacama, au Chili que l'auteur a visité les années précédentes) a-t-elle utilisé tous les Tricho pour construire des maisons et des églises ainsi que des souvenirs ? Combien de temps ces plantes avaient-elle mis pour atteindre plus de 5 m ? Pourquoi n'y a t-il pas de petites, disons d'une trentaine de cm - n'y a t-il aucune régénération ?

Guanacos - S468

Guanacos - S468→

Notre route était la route principale vers San Pedro, via le col de Jama. J'éprouvais des sentiments mitigés à propos de cette route car en 2001, notre 4×4 était tombé en panne d'embrayage quelque part entre la frontière et San Pedro et nous avions été obligés de faire la descente de 4400 m et 2350 sans frein moteur pour ralentir et garder le contrôle. Cette fois, la difficulté a été de continuer à faire marcher le véhicule - une coupure automatique du moteur pour empêcher la surchauffe s'était enclenchée de manière alternative pendant le voyage. Jorge et son co-pilote avaient tenté à plusieurs reprises de régler le problème. Il en a résulté un certain nombre d'arrêts, certains considérés comme une opportunité pour se délasser les jambes et examiner les alentours, d'autres avec une certaine irritation, impatients que nous étions de rejoindre notre hôtel. Tout cela représentant un problème mineur comparé à un embrayage hors d'usage !

Trichocereus pasacana - S469 ← Trichocereus pasacana - S469
Nous avons dépassé l'ancien village minier de Susques à 3675 m dont aucun vestige d'origine, du 18ème siècle, n'est visible. Tout paraissait industriel et poussiéreux. Nous avons poursuivi jusqu'à Angosto del Taire et stoppé au sommet d'un autre col mineur - Altos del Morado (S470) où une pancarte annonçait que nous nous trouvions à 4170 m au dessus du niveau de la mer. Même en excellente santé, il vaut mieux bouger lentement à cette altitude à laquelle on perd rapidement le souffle. Affligé d'un mauvais rhume et les sinus encombrés, j'en étais réduit à une démonstration réduite d'enthousiasme pour prendre quelques photos de la petite Lobivia einsteinii (syn. Rebutia einsteinii). J'ai fait la queue derrière les autres pour prendre quelques photos d'un groupe de quatre plantes et me suis débrouillé pour trouver une autre plante solitaire, mais j'étais alors exténué, souffrant de la pression des sinus sur les oreilles et les yeux, ce qui me donnait l'impression que ma tête allait exploser. Nous étions encore à 240 km du col de Jama et de la frontière chilienne, et à environ 105 km de Humahuaca et les altitudes plus basses de Tilcara. Je pense que j'ai dormi pendant presque tout le voyage de retour, réveillé par la diminution de pression sur mes sinus pendant la descente, en dépit des quantités de bonbons menthe-eucalyptus que je suçais. Je n'étais pas le seul à souffrir, mais à ce moment-là, cela m'était d'un faible réconfort.

J'étais heureux d'arriver à l'hôtel de Tilcara et m'étais suffisamment rétabli à l'heure du dîner pour apprécier la surprise qu'un groupe musical typique de l'alto plano nous a faite en nous offrant un concert privé dominé par les sonorités de la flûte de pan. J'écris ce compte-rendu de voyage au son de leur CD.


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Auteur : Paul Klaassen.
Traduction : Alain Laroze, Antoine Senni, Bernard Gallardo, Claudine Laveze, Jean-Luc Loroy, Marie-Élisabeth Laffite, Odile Wolff, Patrick Cazuguel, Pierre Gambart, Véronique Cucchi
Relecture et mise en page : Alain Laroze