Argentine 2005, Mercredi 26 : de Tafi del Valle à El Rodeo

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Tillandsias - S490 ← Tillandsias - S490
Nous avons eu le plaisir de voir Chris debout et prêt à prendre son petit déjeuner, bien remis de sa maladie après avoir connu L'Aiguille du médecin la veille (l'Aiguille devenait de plus en plus longue au fur et à mesure de la progression des commentaires chuchotés dans notre groupe). Il faut dire que la veille, Chris semblait à moitié conscient une bonne partie de la journée, et avait été incapable de faire bonne figure, rendant nécessaire sa visite chez un médecin. La partie la plus étonnante de l'expérience fut que lorsque ce fut le moment de payer, le coût annoncé fut “c'est gratuit, merci!”.
Nous nous sommes débrouillés pour être sur la route peu après 8h du matin et l'humeur devenait maussade, car nous étions de plus en plus conscients que le voyage se terminait à la fin de la semaine. Le ciel bas et nuageux ne nous aidait pas en rendant tout gris. Guillermo devait avoir anticipé cela et nous nous sommes arrangés pour avoir 10 arrêts ce jour là. Le premier, S488, nous ramena dans les Yungas ; la forêt humide subtropicale, à environ 48 km au sud ouest de la ville de Tucuman. Le changement spectaculaire d'une zone climatique à l'autre en un rien de temps fut un des étonnements de ce voyage. Dans les guides touristiques, la province de Tucuman est décrite comme étant le Jardin de la République. Nous avons essentiellement photographié les paysages, avec quelques gros plans de Tillandsias, plus ou moins la même chose qu'à S489. J'aurais pu mentionner plus tôt ma stratégie sur les numéros des stops. La première image d'un 'arrêt' est une image du GPS, ce qui donne une idée de l'endroit où les photos suivantes ont été prises, jusqu'à ce qu'une autre image du GPS apparaisse. Le principe marche bien : chaque soir, en transférant les images de la carte mémoire sur mon portable, le logiciel les classe par ordre chronologique de création de fichier (d'où l'importance de bien mettre les horloges à la même heure si on utilise plus d'un appareil), et le logiciel donne ensuite la possibilité de renommer les fichiers en “numéro d'arrêt_numéro d'ordre”, ceci me permettant plus tard d'organiser mes répertoires.

Parodia rigidissima - S492

Parodia rigidissima - S492 →

Pendant ce voyage où je n'avais ni à conduire ni à guider, j'ai ajouté quelques images de paysages prises par la vitre. Beaucoup ont été enlevées par la suite, car elles étaient soit bougées soit gâchées par l'irruption soudaine d'un arbre au milieu qui cachait la vue du flanc de colline de l'autre côté de la vallée. Résultat, les images d'un arrêt particulier sont maintenant un mélange d'images prises sur place ou près de l'endroit de la lecture GPS, plus des images du bus. Ainsi, S489 inclut quelques images de El Indian, une statue d'un très imposant guerrier indigène (je l'ai surnommé le FBI) qui était le point d'attraction des touristes pour un marché artisanal typique. Le temps était encore maussade et gris- nous avions suffisamment de souvenirs- alors nous n'avons pris que peu de photos du bus et continuèrent jusqu'à S490 -la ville de Conception, une ville animée et bruyante le long de la Route 38. Nous devions nous arrêter à un garage, et nous avons profité de l'occasion pour prendre quelques photos de Tillandsias poussant sur les câbles électriques et téléphoniques ou les antennes TV. Ce n'est pas clair pour moi si les Tillandsias améliorent ou non la réception de la TV.

Rhipsalis sp. - S492 ← Rhipsalis sp. - S492
S491 à Escaba fut un arrêt beaucoup plus intéressant, car nous sommes tombés sur des milliers de petits Parodia rigidissima tout fleuris qui poussaient juste au bord de la route. Les plantes poussaient en haut du talus rocheux et auraient pu être photographiées au travers de la vitre du bus en passant, mais où est le plaisir là ? Bientôt, nous nous sommes dispersés tout le long du bas-côté sur 500m, avec chacun son petit territoire faisant les photos de “ses” plantes, en évitant les escadrons de l'armée de l'Air Argentine. C'était en fait de très gros (pour le standard Européen) spécimens de la famille de ce que nous avons appelé des “guêpes” -je suis sûr que des spécialistes nous auraient expliqué la différence entre ces insectes et les “vraies guêpes”. Il suffit de dire que ces créatures avaient fait leurs nids (il semble au moins un par territoire que nous avions revendiqué) accrochés au rocher en face les Parodias et qu'elles semblaient s'accrocher à leurs nids comme de menaçants vaisseaux spatiaux de guerre, protégeant le vaisseau amiral -exactement comme ce qui a été déjà raconté quelques jours auparavant- sauf que là elles étaient beaucoup plus nombreuses et semblaient plus grosses. De l'autre côté de la route il y avait une pente raide aboutissant à une petite rivière quelques 100m plus bas, les collines densément boisées de l'autre côté de la vallée s'accommodant d'un trio de très grosses conduites qui dévalaient colline jusqu'à la Centrale Escaba de Hydroelectrica Tucuman SA.

Gymnocalycium baldianum - S496

Gymnocalycium baldianum - S496 →

Les guêpes et notre groupe n'étaient pas les seuls à s'intéresser aux Parodia, plusieurs berlines stoppèrent et les gens remplirent des sacs avec des plantes ramassées sur le bord de la route à flanc de colline certaines après être tombées, d'autres récoltées directement sur le rocher. Il s'avéra que ces gens étaient des locaux qui collectaient les plantes simplement pour décorer leurs maisons -sans doute un évènement annuel, car ils ne donnaient pas l'impression de savoir s'occuper des plantes une fois la floraison passée. Vu le nombre de plantes présentes, ceci ne semble pas mettre la population en danger outre mesure.
Après une demi-heure de route (S492), les Parodia en fleurs étaient toujours aussi nombreux, indiquant une population importante. L'autre intérêt du site fut fourni par une grande broméliacée (sp.) en fleurs et un Opuntia sp. pendant de la colline avec un Rhipsalis sp. se balançant parmi eux, mais je ne pouvais pas oublier les nids de guêpes bien nets disséminés au milieu des plantes. Grâce aux possibilités de grossissement des appareils numériques, j'ai pu prendre une photo de guêpe au repos. C'est une magnifique créature qui remplit presque tout l'écran, et qui fait un peu peur aussi- est-ce qu'elles piquent ?
En début d'après-midi nous eûmes l'opportunité de nous dégourdir les jambes à S493 pour faire d'autres photos d'épiphytes sur leur arbre. Parmi les cactées, il y avait encore Pfeiffera ianthothele et Rhipsalis sp.
Quinze minutes plus tard, le paysage avait encore changé et nous roulions dans un paysage de larges collines arrondies, avant de retrouver un paysage semblable aux Yungas. Les photos de ce paysage changeant ont été prises à l'arrêt S494

Gymnocalycium oenanthemum - S497 ← Gymnocalycium oenanthemum - S497
S495 fut encore différent- nous avons trouvé là des Gymnocalycium baldianum (en boutons bien avancés, mais pas de fleurs ouvertes), des Lobivia sanguiniflora et Trichocereus rowleyi (syn. Lobivia grandiflora) mais nous nous sommes bientôt retrouvés dans le bus zigzaguant de haut en bas de nouvelles collines boisées. La biodiversité de cette zone était impressionnante ! Guillermo était déterminé à nous montrer des G. baldianum en fleur, et il réussit à l'arrêt S496. Je pris des photos d'un spécimen en fleur et d'un Trichocereus sp. en boutons -encore à identifier (par moi)-. Poussés par la promesse de plus de G. baldianum en fleur au prochain arrêt, nous sommes remontés dans le bus et nous avons atteint un autre arrêt de bord de route, S497, à Bella Vista, alors que le jour baissait (il était alors 18h30). Les Gymnos de l'endroit étaient des G. oenanthemum (syn. G. carminanthum), une autre espèce à fleurs rouges, qui nous taquinaient encore avec des boutons très avancés, sans doute sur le point de s'épanouir le jour suivant. Après avoir noté la localisation exacte de ces plantes, nous avons continué la route pour passer la nuit dans la ville voisine d' El Rodeo, à l'Hosteria La Casa de Chicha, avec la ferme intention de retourner sur les lieux le lendemain pour photographier les fleurs de Gymno épanouies.


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Auteur : Paul Klaassen.
Traduction : Alain Laroze, Antoine Senni, Bernard Gallardo, Claudine Laveze, Jean-Luc Loroy, Marie-Élisabeth Laffite, Odile Wolff, Patrick Cazuguel, Pierre Gambart, Véronique Cucchi
Relecture et mise en page : Alain Laroze