Les cultivars et hybrides

Le mot cultivar est issu de la contraction du terme anglais “cultivated variety”, variété cultivée et désigne les plantes obtenues en culture, résultats de sélections, d'hybridations ou d'autres techniques horticoles et qui différent notablement des plantes d'origine. Dans la nature, des hybrides ou des formes s'écartant du type peuvent apparaître spontanément, mais ce ne sont pas des cultivars car ils ne sont pas obtenus à la suite d'une intervention humaine.

Ces obtentions horticoles sont soumises au même code de nomenclature que les autres plantes cultivées, code qui évolue régulièrement. De ce fait, la notion de cultivar a également varié dans le temps, ce qui peut rendre le terme un peu confus.

D'un point de vue taxonomique, le cultivar ne se situe pas au même niveau qu'une variété botanique ou qu'une forme botanique. C'est tout à fait autre chose, puisque l'on distingue avant tout son caractère artificiel.

L'hybridation la plus courante se pratique au rang interspécifique, par exemple Aeonium 'Velours' est un croisement entre Aeonium canariense et Aeonium arboreum 'Atropurpureum'. Mais pour autant que les genres soient compatibles, elle se pratique aussi au niveau intergénérique comme pour le x Ferobergia 'Violet' qui est un croisement entre un Ferocactus sp. et un Leuchtenbergia principis.

Chaque espèce étant plus ou moins variable, Les semis en quantité peuvent donner des plantes atypiques. Il est possible ensuite de tenter de conserver ces caractères en les croisant entre-elles ou bien de croiser les différentes formes pour en obtenir d’autres. Toutefois, il n’est jamais certain que les plantes obtenues présentent les caractères attendus. Un bon exemple peut être donné avec les nombreux cultivars d’Astrophytum dont le semis de l'un des cultivars peut tout à fait donner une plante aux caractères de l'espèce originelle.

Des mutants à feuilles panachées peuvent apparaitre en culture, avec des couleurs ou des motifs différents. Chaque forme est potentiellement un cultivar pouvant recevoir une appellation propre. Ces plantes à feuillage différemment coloré sont des accidents. Dans la nature, elles ont tendance à s'éliminer car elles n'ont pas le même potentiel de croissance que les plantes à feuillage vert. Quand on trouve un Lithops vert fluo ou jaune fluo dans la nature, et qu'on le multiplie en culture, on obtient aussi un cultivar car la conservation de ce caractère est artificielle.

Selon D.T.Cole, le Lithops optica var. rubra C081A reste très rare dans son biotope. Les semis que l'on peut faire à partir des sujets trouvés dans la nature ne redonnent qu'un petit nombre de plantes grises. Des spécialistes comme Steven Hammer ou Steven Brack font de la sélection pour obtenir des lignées pures, c'est à dire des sujets qui ne comportent plus le caractère “gris” dans leur ADN.


D'après le code de nomenclature, les noms de cultivars ne doivent plus être précédés de l'abréviation cv. Seuls les guillemets simples doivent être employés.et l'usage du latin est proscrit. Cette règle étant postérieure à l'apparition des cultivars, il existe donc néanmoins des cultivars portant encore des noms latins.
Pour conserver l'exemple de Lithops optica var. rubra. Les plantes obtenues à l'issue de cette sélection ne peuvent donc plus porter ce nom et peuvent donc être nommées par exemple Lithops optica 'Super-Red'.

L'usage des guillemets simples comporte toutefois une exception avec les noms d'espèces ou de variétés anciennes lorsqu'elles sont mises en synonymie. Dans ce cas, l'épithète peut être conservée comme précision supplémentaire, mais doit être indiquée entre guillemets simple. Par exemple : Mammillaria duoformis 'Heeriana' pour la forme à épines crochues de M. duoformis que l'on appelait M. heeriana. Cela peut prêter à confusion mais l'usage du latin, dans ce cas, aide à la distinction.

Les hybrides naturels ont un statut particulier, régi par le code de nomenclature botanique. Sempervivum x octopodes indique un hybride entre 2 espèces botaniques de Sempervivum.

Les espèces hybrides ou nothoespèce (du latin nothus : enfant illégitime) peuvent également donner lieu à des variétés. On parle dans ce cas de nothovariétés (nvar .). Sempervivum x octopodes nvar. apetalum.