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La photographie des cactus

Par Emmanuel Lattes, 2002/05/29.

La photographie de cactus est extrêmement aisée même si le plus souvent il s'agit de macrophotographie (photographie rapprochée). En effet, nos cactus étant parfaitement immobiles, cela permet l'emploi de temps de pose longs, ce qui évite l'utilisation de flashs et simplifie considérablement les choses. Voici quelques bases et conseils appliqués à la photographie argentique (avec appareil reflex), mais ce qui vaut pour l'argentique vaut aussi pour le numérique.

1196_r180.jpg C'est là le principal problème de la macrophotographie. Quand on photographie de prés la zone nette sur l'image est très faible avec beaucoup de flou devant et derrière la zone de mise au point. Pour augmenter la profondeur de champ (la partie nette devant et derrière la zone de mise au point), il suffit de fermer le diaphragme de l'objectif, avec l'inconvénient d'augmenter d'autant le temps de pose. Ce dernier peut aller jusqu'à plusieurs secondes, ce qui n'est pas un problème puisque nos cactus sont statiques. Mais il faut alors utiliser un trépied pour appareil photo.

Les ouvertures de diaphragme sont les suivantes:
f/1 f/1.4 f/2 f/2.8 f/4 f/5.6 f/8 f/11 f/16 f/22 f/32 ?
La plus petite est f/32
La plus grande est f/1

C'est paradoxal mais plus le chiffre est grand, plus le diaphragme est fermé (petite ouverture) et plus la profondeur de champs est importante.
A l'opposé plus le chiffre est petit, plus le diaphragme est ouvert (grande ouverture) et plus la profondeur de champs est faible.
Pour exposer correctement un film ou un capteur CCD à une sensibilité donnée (100 iso, 400 iso etc. ) il faut toujours la même quantité de lumière, or quant on ferme le diaphragme d'un cran (par exemple de f/8 à f/11) il y a deux fois moins de lumière qui passe : le temps de pose est multiplié par deux, mais on gagne en profondeur de champ.

Pour photographier nos cactus avec un maximum de profondeur de champ il ne faut pas hésiter à diaphragmer (fermer le diaphragme) le plus possible, attention le temps de pose augmentant beaucoup il faut alors un trépied pour éviter le bougé de l'opérateur. L'idéal est d'utiliser le retardateur de l'appareil, ce qui évite de déclencher soi même et de faire bouger le tout.
Un petit bémol toutefois : aux plus petites ouvertures (f/32) tous les objectifs connaissent un problème de diffraction de la lumière qui atténue le piqué de l'image, même si la profondeur de champ est maximale à ces ouvertures.
Le plus simple pour obtenir ces réglages consiste à mettre l'appareil photo en priorité diaphragme (généralement mode Av), de choisir une petite ouverture f/22 par exemple. La cellule de l'appareil trouvera toute seule la vitesse adaptée à cette ouverture pour bien exposer le film.

Remarque : la profondeur de champs ne se voit pas dans le viseur des appareils récents (enfin de moins de 25 ans !) car la visée se fait toujours à la plus grande ouverture possible de l'objectif pour plus de confort (visée lumineuse). Le diaphragme ne se fermant à l'ouverture demandée qu'au moment de la prise de vue. Seuls certains appareils haut de gamme permettent de vérifier la profondeur de champ grâce à un bouton (appelé testeur de profondeur de champ) qui ferme le diaphragme à l'ouverture demandée pour juger de l'effet du choix du diaphragme sur la zone de netteté (profondeur de champ).

Il est important de bien choisir sa lumière : en argentique choisir la lumière du jour (en numérique il est possible d'utiliser une source de lumière artificielle), éviter la lumière du soleil directe surtout en début d'après-midi (trop dure et contrastée) et ne pas hésiter à utiliser un réflecteur blanc (plaque de polystyrène par exemple). Ce réflecteur est à placer à l'opposé de la source de lumière et le plus près possible du cactus à photographier. Ainsi si la lumière vient de droite, placer le réflecteur à gauche de la plante.
Il est souvent judicieux d'éviter les fonds trop disparates qui attirent le regard et atténuent l'impacte visuel de l'image. Un fond uniforme (feuille de Canson noir par exemple) est souvent du meilleur effet.
Avec les appareils récents il est tout à fait possible de laisser faire la cellule toute seule, il est désormais très rare que les boîtiers d'aujourd'hui se “plante” dans l'exposition.

Le fait d'utiliser un trépied permet de vraiment peaufiner son cadrage et sa MAP. Il faut savoir que la profondeur de champ se développe 1/3 devant la zone de MAP et 2/3 derrière.

Toutes ces règles ne sont guère contraignantes et permettent d'obtenir facilement des images pro avec relativement peu de moyens (pas de flashs mais un réflecteur), et c'est je crois la moindre des choses que nous puissions faire pour immortaliser nos petits protégés.

Auteur : Emmanuel Lattes
Publié le : 2002/05/29
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  • Dernière modification: 2016/11/30 13:38
  • par yann