Le genre Acanthocalycium

Le genre Acanthocalycium a été créé en 1936 par Backeberg 1) en prenant pour type Echinocactus spiniflorus.

Il décrit dans ce genre 9 espèces, divisées en 3 groupes :

a - formosum, hyalacanthum, oreopogon

b - klimpelianum, peitscherianum, spiniflorum, violaceum, chionanthum.

c - thionanthum

Le groupe “a” a été rapidement déplacé vers les Soehrensia/Echinopsis formosa.

Le groupe “b” correspond à l'Acanthocalycium spiniflorum tel qu'il est compris de nos jours, à l'exception d'Acanthocalycium chionanthum. Backeberg ayant mis, un peu rapidement, dans un même groupe les plantes à fleur blanche ou rosée.

Bien qu'Acanthocalycium chionanthum ait une fleur blanche, le reste de sa morphologie, sa localisation et son biotope le rattache au groupe “c”. Il est d'ailleurs maintenant considéré comme un synonyme d'Acanthocalycium thionanthum.

Dans la suite de cet article nous considérerons le genre Acanthocalycium comme étant composé de 2 espèces : Acanthocalycium spiniflorum et Acanthocalycium thionanthum.

La première description de cette espèce a été faite par Schumann en 1903 sous le nom d'Echinocactus spiniflorus 2)

En 1922, dans leur Cactus Lexicon, Britton et Rose avouent leur manque de connaissance de ce taxon et préfèrent le laisser dans les Echinocactus.

Quatre ans plus tard, ils le recombineront dans une revue argentine en Lobivia spiniflora 3)

En 1929, Berger le fit passer en Echinopsis spiniflora 4) A noter qu'il conserva Lobivia klimpeliana en l'affirmant proche de Lobivia chionantha.

Et enfin, en 1936, Backeberg, créa le genre Acanthocalycium en prenant pour type Echinocactus spiniflorus. Ainsi est né Acanthocalycium spiniflorum. ( K.Schum. ) Backeb. 5)

Ensuite au gré des parutions et des auteurs, ce taxon a été ballotté entre Echinopsis (NCL en 2006), Lobivia (Rausch en 1985) et Acanthocalycium.

Description

Cette espèce se présente en tige solitaire, généralement globulaire, mais pouvant atteindre 60 cm de haut pour 15 cm de large. Les côtes, au nombre d'une vingtaine, sont très anguleuses. Les aréoles distantes d'environ 2 cm portent jusqu'à 20 épines subulées à aciculaires, rigides, jaunâtres, rougeâtres aux extrémités.

Les fleurs mesurent jusqu'à 4 cm de long et de large, les pétales sont de couleur blanche à rose, le tube floral est recouvert d'écailles spinescentes. De la même façon, les fruits sont recouverts d'épines.

Acanthocalycium spiniflorum

Habitat

Les différentes populations d'Acanthocalycium spiniflorum se répartissent sur le versant nord de la Sierra de San Luis ainsi que sur le versant ouest de la Sierra Cordoba, en descendant jusqu'à San José de Morro au sud, et remontant au nord par les collines jusqu'aux limites de la province de Santiago del Estero. Quelques populations excentrées se trouvent dans la province de Catamarca, sur les contreforts est de la Sierra Ancasti (Lobivia spiniflora v. macrantha de Rausch).

Le biotope d'Acanthocalycium spiniflorum est constitué de collines de basses altitudes, entre 300 et 1500 m, recouvertes de buissons épineux plus ou moins denses. L'hiver y est sec et frais, les températures minimales se situent en dessous de 10°C et peuvent occasionnellement descendre jusqu'à -5°C. Les températures maximales sont fonctions de l'ensoleillement et varient entre 10 et 25°C. En été, les maximales atteignent facilement 40°C et les pluies sont généralement sous forme d'orages parfois violents.

Cette espèce partage son habitat avec d'autres cactus dont beaucoup de Gymnocalycium : erinaceum, monvillei, bodenbenderianum, ochoterenae, castellanosii ferocius, schickendantzii…

Dans les autres genres, les compagnons les plus courants sont Tephrocactus articulatus, Opuntia salmiana, Echinopsis aurea, Harrisia pomanensis, Stetsonia coryne, Trichocereus candicans, Cleistocactus baumannii…


Acanthocalycium spiniflorum Acanthocalycium spiniflorum Acanthocalycium spiniflorum
Acanthocalycium spiniflorum Acanthocalycium spiniflorum Acanthocalycium spiniflorum


Les noms

Les différentes formes d' Acanthocalycium spiniflorum ont été nommées soit avec un statut d'espèce, soit de variété ou simplement de forme et on les trouve sous 3 noms : klimpelianum, peitscherianum et violaceum

Echinopsis klimpeliana 6)) décrit en 1928 et Echinopsis violacea 7) en 1931 ont été transféré en Acanthocalycium lors de sa création en 1936 par Backeberg. Pour Acanthocalycium peitscherianum 8), le nom de l'espèce est né en même temps que le nom du genre et sous la même plume.

Rien dans leur description ne permet vraiment de les différencier d'Acanthocalycium spiniflorum. De même, leur localité type est trop imprécise pour permettre une distinction. Seul le Lobivia spiniflora v. macrantha de Rausch mérite d'être distingué par sa fleur plus grosse et par sa localisation excentrée, séparée du reste des populations par le salar de Salinas Grande.

Description originale Echinocactus thionanthus

En 1905, Spegazzini décrit un Echinocactus thionanthus dans les “Anales del Museo Nacional de Buenos Aires” (ser. 3, t. 4: 499. 1905).

La description en latin, un peu succincte, a par la suite été légèrement amendée :

Solitaire, globuleux à courtement cylindrique, jusqu'à 50 cm de haut et 15 cm de large, racines superficielles, épiderme vert à gris plus ou moins pruiné. 14 côtes droites. Épines subulées, généralement droite de 1,5 à 3 cm de long. Environ 10 radiales et 1 à 4 centrales. Fleur d'environ 5 cm de long et de large, jaune (sulfureis v. citrinis). Tépales internes spatulés denticulés, jaunes, à mucron de même couleur. Tube floral puis fruit ovoïde portant des écailles spinescentes.

L'habitat est défini comme : In altiplanitie petrosa aridissima prope Cachi, Prov. Salta. Ce qu'on peut traduire par hauts plateaux secs et rocheux des environs de Cachi, province de Salta.

Au cours du temps, différentes formes ont été découvertes et décrites, soit avec un simple statut de variété, soit avec un statut d'espèce d'Acanthocalycium ou de Lobivia.

Acanthocalycium thionanthum RFPA113 - Est Cafayatte

En effet, en 1922, Britton & Rose recombinent l'espèce Echinocactus thionanthus en Lobivia thionantha. Ils se posent déjà la question de la parenté entre celui-ci et Echinocactus spiniflorus mais par manque de connaissances au sujet de ce dernier taxon, ils préfèrent ne pas le recombiner. Ils le feront 4 ans plus tard, dans la “Revista del Centro Estudiantes de Farmacia” de Cordoba.

Il faudra encore attendre 10 ans pour que Backeberg les réunissent sous Acanthocalycium.

Par la suite, selon les flux et reflux de la taxonomie, notre Echinocactus thionanthus est revenu dans les Lobivia, puis a fait une incursion dans les Echinopsis (Echinopsis thionantha). En 2012, une vaste étude génétique sur les Echinopsis et les genres proches donne des arguments pour le replacer dans le genre Acanthocalycium en compagnie de A. spiniflorum. Cette publication le sépare nettement des Lobivia et des Echinopsis et le rapproche d'Echinopsis leucantha (qui a été à cette occasion recombiné en Acanthocalycium leucanthum).

La couleur des fleurs des différentes formes ou variétés d'Acanthocalycium thionanthum varie du blanc au rouge, en passant par le jaune (clair ou plus soutenu) avec des intermédiaires orange ou bicolores.

Répartition Acanthocalycium thionanthum

L'habitat

L'aire de répartition a une amplitude d'environ 350 km selon un axe nord-sud. Elle court le long d'un système de vallées centrées sur la ville de Cafayate (Province de Salta, Argentine).

Au nord de cette ville se déploie la vallée de Calchaquies, avec Molinos, Cachi, la Poma. On atteint avec ce dernier village les limites de l'aire répartition. En effet, au delà, l'altitude augmente vite et dépasse les capacités de la plante.

Au sud de Cafayate, le long de la vallée du Río Santa María se trouve Tolombon (Province de Salta), Quilmes, Amaicha del Valle (Province de Tucuman), Santa Maria, Punta de Balasto. Puis le long de la Sierra del Aconquija : mina Capillitas, Hualfin (Province de Catamarca).

On trouve Acanthocalycium thionanthum dans des vallées sèches entre 1500 et 2800 m. Les pluies tombent essentiellement en été (de décembre à février) sous forme d'orage, parfois violents. La pluviométrie annuelle moyenne est de l'ordre de 160 mm. Les hivers sont parfaitement secs.

Cette espèce partage son habitat avec d'autres cactus : Gymnocalycium spegazzinii et saglionis, Tephrocactus weberi et molinensis, Parodia aureicentra et microsperma, Echinopsis haematantha et leucantha, Trichocereus pasacana, Cereus aethiops, Opuntia sulphurea.

Les noms

Voici, classés du nord au sud, les différents noms rattachés à cette espèce et couramment rencontrés.

Acanthocalycium chionanthum (Speg.) Backeb. 9)

Spegazzini a publié E. chionanthus en même temps qu'E. thionanthus. Il le différencie par ses fleurs blanches et la forme des épines centrales. La localité donnée est : In montibus lapidosis aridis circa Cachi, Prov. Salta. (Dans les collines pierreuses sèches autour de Cachi)

Maintenant ce nom est donné aux plantes à fleurs blanches poussant au nord de Cafayate : Molinos, Cachi, La Poma (Province de Salta). Il est à noter toutefois que la majorité des Acanthocalycium rencontrés dans cette partie de la région est à fleur jaune.

Acanthocalycium thionanthum (Speg.) Backeb. var. munitum (Rausch) J.G.Lamb. 10) (basionyme : Lobivia thionantha var. munita Rausch 11))

Globuleux, 10 cm de diamètre, gris-vert, petite racine napiforme, 9 aiguillons divergents, tordus et entrelacés, robustes et subulés, jusqu'à 5 cm de long. Fleur de 5 cm de long et de large, jaune, dorée, orange à rouge. Le site d'origine se situe à moyenne altitude autour du Cerro Zorrito, 20 km au nord est de Cafayate, à l'entrée de la Quebrada de Las Conchas.

Acanthocalycium copiapoides n.n. est un nom de catalogue, sans description formelle, donné par Jörg et Brigitte Piltz aux formes poussant dans la Quebrada de Las Conchas, jusqu'à environ 30 km à l'est de Cafayate (160 m alt). On le trouve sous le numéro de collecte P 54. Fleur jaune.

Acanthocalycium_chionanthum P67 Acanthocalycium minutum R772 Cerro Zorito Acanthocalycium thionanthum copiapoides P54
Acanthocalycium_chionanthum P67 Acanthocalycium minutum R772 Cerro Zorito Acanthocalycium thionanthum copiapoides P54


Lobivia hoevenii décrit par Rausch 12) dans la vallée de las Conchas, aux environs de Santa Barbara, entre 1500 et 2300m.

Lobivia thionantha v. erythrantha Rausch.

Globuleux, jusqu'à 10 cm de diamètre, gris de plomb, racine napiforme, 6 à 8 aiguillons radiaux, rayonnants, jusqu'à 35 mm de long, subulés. Fleur de 25 à 30 mm de long et de large, rouge. Site d'origine : Abra de Candado et Arca Yaco, province de Salta, 25-30 km au sud est de Cafayate, en altitude. Ces formes sont semblables à la v. aurantiaca (Rausch), mais s'en distinguent par leur petite fleur rouge.

Acanthocalycium brevispinum F. Ritter 13)

Description par Ritter d'une forme à fleur jaune or et épine courte (FR968) dont la localité est 7 km au sud de Cafayate, près de la frontière avec la Province de Tucuman, Salta, Argentine. Mais on trouve des morphologies similaires ailleurs.

Acanthocalycium variiflorum Backeb. 14)

Tépales internes rouge-orange, à mucron de même couleur. Comme l'indique le nom de l'espèce, la couleur des fleurs est variable, et va du jaune au rouge en passant par l'orange. Aire de répartition : Montagnes au-dessus de 2500 m du Nord-Ouest de Tucuman et du Sud-Ouest de Salta. On trouve ce taxon le long de la route quittant Amaicha del Valle en direction de Tafi del Valle, en dessous de 2800 m.

Lobivia thionantha v. erythrantha Acanthocalycium brevispinum Acanthocalycium variiflorum
Lobivia thionantha v. erythrantha Acanthocalycium brevispinum Acanthocalycium variiflorum


Acanthocalycium ferrarii Rausch 15)

Forme aux pétales internes rouge orange à bords rouge vif. Dans sa description, Walter Rausch donne comme localité “R 572 : Nord de Santa Maria, Catamarca”. Santa Maria est dans une vallée d'orientation nord-sud. Il y a au nord de la ville un groupe de colline appartenant à la Sierra de Quilmes qui borde la vallée à l'ouest. Ce qui situe A. ferrarii à 30 km d'A. variiflorum, de l'autre coté de la vallée.

Acanthocalycium griseum Backeb. 16)

Localité : Punta de Balasto (Province de Catamarca), 110 km au sud de Cafayate. Cette forme a été redécrite quelques années plus tard par Ritter sous Acanthocalycium catamarcense F.Ritter 17), FR969, fleur jaune d'or à orange. Il donne pour localité : 35 km au sud de Santa Maria, Prov. Catamarca. Or, cette position est précisément celle de Punta de Balasto, il s’agit donc très vraisemblablement de la même plante.

Acanthocalycium aurantiacum Rausch 18)

Espèce à fleurs orange et stigmate jaune, découverte par Rausch près de Minas Capillitas, Catamarca (2800-3000 m), à 150 km au sud de Cafayate. Cette forme est à rapprocher d'A. variiflorum qui occupe le même versant de montagne quelques dizaines de kilomètres plus au nord.

Acanthocalycium ferrarii Acanthocalycium griseum Acanthocalycium aurantiacum
Acanthocalycium ferrarii Acanthocalycium griseum Acanthocalycium aurantiacum


Acanthocalycium glaucum F. Ritter 19)

Le nom vient de la teinte gris bleuté caractéristique de l'épiderme. Les fleurs sont jaune vif, la pointe des pétales rouge et le mucron noir. On le trouve à l'extrémité sud de l'aire de répartition connue d'Acanthocalycium thionanthum, dans la région de Belen-Hualfin, Province de Catamarca.

Lobivia kuehhasii décrit très récemment par Rausch 20) est remarquable par la distance qui le sépare de la population la plus proche d'Acanthocalycium : environ 150 km. On le trouve dans la Sierra Famatima (la Rioja) en compagnie de Pyrrhocactus andreaeanus et de Lobivia famatinensis. Il est connu aussi sous le nom très évocateur d'Acanthocalycium thionanthum var. australis.

Acanthocalycium glaucum Lobivia kuehhasii
Acanthocalycium glaucum Lobivia kuehhasii


L'espèce décrite par Backeberg sous l'appellation de Neochilenia andreaeana, transférée d'abord au genre Neoporteria par Donald et Rowley, puis pour laquelle Donald proposa la combinaison Acanthocalycium andreaeanum, est maintenant considérée comme Pyrrhocactus andreaeanus (sous genre d'Eriosyce). La localité type est la Sierra de Famatina. Peut-être est ce une découverte précoce mais non décrite de Lobivia kuehhasii qui induisit Donald en erreur.

La publication de Schlumpberger sur la phylogénie du groupe des Echinopsis montre une certaine proximité entre les Acanthocalycium historiques et Echinopsis leucantha et son cousin Echinopsis rhodotricha. Ces résultats ont amené l'auteur de cette publication à recombiner ces deux Echinopsis en Acanthocalycium. Soit : Acanthocalycium leucanthum (Salm-Dyck) Schlumpb. et Acanthocalycium rhodotrichum (K.Schum.) Schlumpb. 21)

D'autres études devront être faites pour confirmer si ces deux taxons sont effectivement à classer dans les Acanthocalycium ou s'il faut créer un nouveau genre pour les héberger.


Par Alain Laroze
Les photographies d'Acanthocalycium en culture sont d'Aymeric de Barmon. Qu'il soit remercié ici de son aide.
Merci à Eric pour avoir relu et corrigé le texte.
Publié le : 2017/02/10

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1)
Kaktus-ABC [Backeb. & Knuth] 227. 1936
2)
K. Schumann Gesamtbeschreibung der Kakteen (Monographia Cactacearum) 88. 1903
3)
Britton & Rose ex Hosseus Revist. Cent. Estud. Farm. Cordoba ii. No. 6, reimpr. p. 16, 21 (1926); cf.Gray Herb. Card Cat., Issue 130.
4)
A.Berger Illustrierte Handbücher sukkulenter Pflanzen: Kakteen 193, 340 (1929).
5)
Kaktus-ABC [Backeb. & Knuth] 226. 1936 [12 Feb 1936]
6)
Weidl. & Werderm. – Z. Sukkulentenk. III 175 (1928
7)
Werderm. Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem 11: 262. 1931
8)
Backeb. – Kaktus-ABC [Backeb. & Knuth] 225, 412. 1936
9)
Kaktus-ABC [Backeb. & Knuth] 225. 1936 [12 Feb 1936]
12)
Kakteen And. Sukk. 60(12): 319 [Dec 2009]
13)
Taxon 13: 144. 1964
14)
Kakteenlexikon 57. 1966
15)
Succulenta (Netherlands) 55: 82, 1976
16)
Descr. Cact. Nov. 3: [5]. 1963
18)
Kakteen And. Sukk. 19: 92. 1968
19)
Taxon 13: 143. 1964
20)
Kakteen And. Sukk. 60(12): 319 [Dec 2009]
21)
Cactaceae Syst. Init. 28: 29. 2012 [Oct 2012]