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À propos des Schlumbergera ou cactus de Noël

Michel Combernoux nous présente les Schlumbergera qu'on trouve aussi sous le nom Cactus de Noël.

Les Schlumbergera (En abrégé dans cet article : S. ) ou Zygocactus, sont des cactées épiphytes ou saxicoles dont les ancêtres botaniques vivent dans les forêts du Brésil, plus précisément dans une zone de 200 km environ autour de Rio de Janeiro. Ce sont donc des plantes australes.

Ils ont été découverts à partir du début du 19ème siècle. Les espèces botaniques du genre sont au nombre de six, toutes à fleurs roses ou rouges. Par ordre alphabétique, ce sont :

S. kautskyi à articles plats, ressemblant beaucoup à S. truncata ci-dessous.

S. microsphaerica à articles cylindriques, découvert vers 1900.

S. opuntioides dont les articles ressemblent à de petits articles d'Opuntia. Il fleurit en mars ou avril. Il a été décrit en 1905.

S. orssichiana dont les grands articles sont plats, dentelés, anguleux. Il fleurit début septembre. Il a été décrit vers 1978. C'est le dernier découvert.

S. russelliana a des articles plats, arrondis, non anguleux, plus petits en taille que les précédents. Il fleurit de février à avril. Il a été découvert en 1837.

S. truncata a des articles plats et dentelés. Il fleurit en octobre et novembre. Il est mentionné dès 1819, pas encore sous son nom actuel. C'est donc le premier découvert.

Dans l'Hémisphère nord, la période de floraison, selon les espèces, s'étale environ de septembre à avril.

Schlumbergera truncata Schlumbergera russelliana Schlumbergera orssichiana
Schlumbergera truncata Schlumbergera russelliana  |Schlumbergera orssichiana

Schlumbergera x buckleyi

Les hybrides les plus nombreux ont été obtenus à partir de S. truncata et de S. russelliana. Un nombre plus restreint utilise aussi S. orssichiana ou S. opuntioides. Il y a aujourd'hui en 2011 plus de 1000 hybrides enregistrés de Schlumbergera.

La création des hybrides a débuté quelques années après la découverte de S. truncata, quand on a commencé à le cultiver et à l'exporter en Europe. Dès la deuxième moitié du 19ème siècle, de nombreux cultivars étaient déjà disponibles, souvent obtenus en Angleterre.

Les premiers hybrides sont ceux du groupe « buckleyi », hybrides entre S. truncata et S. russelliana. Ce sont les Cactus de Noël cultivés par nos grand-mères dans les années 1930 et dont certains collectionneurs possèdent encore des exemplaires aux dimensions parfois impressionnantes, ils sont robustes et faciles de culture.

Depuis lors, sont apparus des quantités d'autres hybrides, créés en Grande Bretagne, en Allemagne, au Danemark, aux Pays Bas, et depuis les années 1960 aux Etats Unis et en Australie.

Schlumbergera x buckleyi

La création des nouveaux hybrides a permis d'enrichir la palette des couleurs des fleurs avec notamment l'obtention de Schlumbergera à fleurs blanches et d'autres à fleurs jaunes.

Une autre étape décisive dans la création des nouveaux hybrides a été celle de la création d'hybrides utilisant S. orssichiana, après sa découverte en 1978. Ces hybrides sont précoces, les fleurs ont une forme inhabituelle, mais ils sont quasiment absents dans le grand commerce car réputés plus difficiles de culture. x “Bristol Queen” est l'un d'entre eux.

Schlumbergera x “White Christmas” Schlumbergera x “Gold Charm” Schlumbergera x “Bristol Queen”
Schlumbergera x "White Christmas" Schlumbergera x "Gold Charm"  |Schlumbergera x "Bristol Queen"

Les Schlumbergera aiment un compost humifère, acide et bien drainé ; on peut utiliser par exemple un mélange à parts égales de terreau de feuilles, de terreau horticole de jardinerie et de perlite (ou de pouzzolane).

Les Schlumbergera se plaisent dans des endroits bien aérés, lumineux mais sans trop de soleil direct, dans lesquels il ne fait pas trop chaud (20 à 25°C est un maximum souhaitable). En été ils sont très bien suspendus à l'ombre d'un arbre et pendant l'hiver, dans une serre froide avec une température minimale de 8°C environ.

Seuls, les Schlumbergera à floraison blanche ou jaune nécessitent des températures minimales de 15°C environ entre la formation des boutons et l'éclosion des fleurs, pour pouvoir donner de belles couleurs blanches ou jaunes.

Je fais les arrosages à l'eau de pluie environ une fois tous les dix jours en été et une fois toutes les trois semaines à un mois en hiver. Le substrat doit bien sécher entre deux arrosages.

Un pot dont le substrat sèche mal est souvent l'indice d'un dépérissement du système racinaire qui doit inciter à rempoter et/ou à bouturer après vérification de l'état des racines.

Le rempotage est un point délicat sur lequel je me pose toujours des questions : la littérature de référence indique que les Schlumbergera aiment des rempotages fréquents, environ tous les deux à trois ans.

Pour ma part, je serai plus nuancé car j'ai remarqué que les Schlumbergera n'aiment pas qu'on leur perturbe leur système racinaire, souvent fragile. J'ai cultivé pendant près de dix ans des Schlumbergera à l'étroit dans leur pot et qui étaient en parfaite santé y compris au niveau de la floraison. Puis, pris de remords, j'ai décidé de leur offrir un compost frais ; je ne peux pas dire que l'opération ait été un grand succès : j'ai perdu certaines plantes et d'autres ont eu du mal à repartir.

Les Schlumbergera sont autostériles et les fruits sont extrêmement rares en l'absence de pollinisation manuelle. Le mode de reproduction le plus aisé est le bouturage, en utilisant des boutures non lignifiées de trois articles environ.

Le greffage sur Selenicereus par exemple n'est employé que pour des espèces ou cultivars particulièrement difficiles à cultiver sur leurs propres racines ; c'est une procédure d'exception.

Les limaces, escargots et chenilles constituent de redoutables prédateurs des Schlumbergera.

Les cochenilles farineuses, les araignées rouges et les thrips peuvent aussi s'attaquer à ces plantes. Les poux des racines me paraissent les parasites les plus fréquents.

Les Schlumbergera sont aussi sensibles à des maladies bactériennes ou fongiques qui peuvent entraîner la pourriture du collet et la destruction du système racinaire.

La destruction du système racinaire empêche la plante de s'hydrater et on observe alors un flétrissement progressif des articles. Il faut alors vérifier l'état des racines et, si nécessaire, procéder à des rempotages et/ou bouturages de sécurité avec des boutures non lignifiées de trois ou quatre articles.

Si vous désirez plus d'informations et plus de photographies de Schlumbergera dans leur biotope, des fleurs d'espèces botaniques et d'hybrides, je vous invite à consulter mon site personnel : Cactus Epiphytes.

Et plus spécialement les rubriques : Histoire des Cactus de Noël et Cactus de Noël : Schlumbergera orssichiana et ses hybrides Queen.

Et enfin la galerie des Photos de tous mes Cactus Noël depuis 2002, remise à jour chaque année et qui comprend plus de 150 photos au moment où j'écris cet article.

  • Christmas Cacti, the genus Schlumbergera and its hybrids par A.J.S. McMillan et J.F. Horobin ; édité par David Hunt et Nigel Taylor des Royal Botanic Gardens de Kew.(1995).
  • Zygocactus (Schlumbergera), A Comprehensive and Practical Guide For the Weekend Gardener par Mark E. Cobia., édité par Tillington House (1992).
  • The New Cactus Lexicon  par David Hunt, Nigel Taylor et Graham Charles, édité par dh books (2006)






Auteur : Michel Combernoux

Mise en page par Alain Laroze
Publié le 2011/05/18

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  • Dernière modification: 2012/02/10 19:33
  • par alain