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Lophophora fricii. L'histoire d'une plante mystérieuse.

Lophophora fricii




Originellement publié dans la revue Cactus & Co 2006 (10) 2.

Merci aux auteurs J. Bohata, V. Mysak et J. Snicer et à Cactus & Co pour leurs autorisations de traduction et publication ici.










El Amparo Cet article relate l'historique de la découverte de Lophophora fricii et présente un authentique témoignage quant à sa présence avérée dans l'habitat.

Vers la fin du 19ème siècle, l'ethnographe norvégien Carl Lumholtz vécut quelques temps parmi les Tarahumaras, une tribu amérindienne du nord-ouest du Mexique. Il fut alors le premier à rapporter l'existence de cette plante dans 'Unknown Mexico' ['Le Mexique inconnu' - NdT], article qu'il publia en 1902.
Il y parle d'une plante que les Tarahumaras nomment 'hikuli walula saeliami' (de genre masculin dans leur langage), signifiant 'Le Suprême' ou 'Le Grand Maître' parmi les Lophophora et autres cactus hallucinogènes.

Lophophora fricii à El Amparo Il indique : « C'est une plante très précieuse pour les Tarahumaras. Je n'en ai personnellement pas vu, mais elle me fut décrite ainsi : Elle pousse en larges amas de vingt à trente centimètres de diamètre, ressemble à un waname (hikuli waname = Lophophora williamsii) présentant de nombreuses têtes. Tous les autres hikulis sont ses serviteurs. La raison pour laquelle très peu de spécimens sont ramenés au pays des Tarahumaras [L. fricii pousse en effet à environ 600 km de là - NdT] est sa gloutonnerie légendaire. Il réclame des taureaux entiers en guise de nourriture et ne se contentera point de moutons ou chèvres … » (voir également Habermann, 1980).

Lophophora fricii à El Amparo
Alberto Vojtech Frič [célèbre botaniste tchèque - NdT] découvrit Lophophora fricii in situ, en 1923, durant son seul et unique voyage au Mexique, et le présenta à la communauté scientifique européenne en tant que Anhalonium sp. flora rosae Fric.
Il explora la région de San Pedro de la Colonias, dans l'état de Coahuila, en ayant des informations sur «une variété de peyote différente qui poussait dans cette zone ». Il rapporte : « Je contournai donc la Sierra de la Bola par le sud, en altitude, là où le sol calcaire est plus sec. Un pont s'était effondré à cet endroit quelques mois auparavant, et le train dans lequel je voyageais tomba dans un torrent. Je décidai alors d'utiliser les quatre jours nécessaires à sa réparation pour explorer la région. » Parmi d'autres espèces, il découvrit environ trois cents plantes de 'Grand Maître chiculi', le véritable Anhalonium sp. flora rosae qu'il décrivit en 1924.
Lophophora fricii à El Amparo
Nous ne connaissons pas avec exactitude la source de l'information de Frič concernant cette 'variété différente de peyote'. D'après ses notes, il semblerait que ce soit directement auprès des Indiens Tarahumaras qu'il l'ait obtenue. Nous savons, en effet, qu'il les a rencontrés. Il connaissait également les écrits de Lumholtz (il en cite une traduction, page 15, dans son livre 'Au sujet des cactus et de leurs effets stupéfiants', publié en 1924).
Alberto Frič était en quelque sorte un homme de la Renaissance, combinant sa profession de 'chasseur de cactus' avec, ce qui était peut-être plus important, son travail d'ethnologue. Il combina adroitement ces domaines et obtint ainsi de précieux renseignements auprès des Indiens ; ce qui le conduisit à d'intéressantes découvertes.

Lophophora fricii à El Amparo Pour son propre compte, Frič rapporta donc cette plante en Europe, plante que les locaux nommaient 'Chiculi hualala saeliami' (et qu'ils distinguaient clairement de L. williamsii).
Malheureusement la plupart de sa cargaison fut détruite par le froid au poste de douane de Podmokly [frontière germano-tchèque – NdT]. Il publia néanmoins une succincte description (en regard des standards actuels) de la plante et indiqua sommairement son origine géographique. Il nous indique une fleur de couleur rose à rosé foncé et un habitat de formations rocheuses calcaires dans les environs de San Pedro (Frič, 1925).

Lophophora fricii à La Fé L' Anhalonium sp. flora rosae original de Frič ne fît donc pas son entrée dans les collections européennes, bien que Pechánek ait prétendu détenir une plante de Frič (Pechánek, 1983).
Il n'existe finalement aucune information crédible confirmant que le Lophophora à fleur rose foncé de Frič ait survécu à la Seconde Guerre Mondiale. Vers le milieu des années 60, Vlastimil Habermann compila les informations fournies par Frič et fît parvenir ses notes, plutôt imprécises d'ailleurs, sur l'habitat de L. fricii à différents 'chasseurs de cactus', leur demandant de le retrouver.

Les recherches de deux d'entre eux furent, de façon indépendante, couronnées de succès.
Le premier fut D.B. Morrical, un officier de l'armée en retraite et membre d'un club d'amateurs de cactus et minéraux à Las Cruces, au Nouveau-Mexique (USA). Morrical découvrit des Lophophora sur un site proche de Parras de la Fuente (Coahuila). Les plantes poussaient sur des contreforts orientés à l'est, abrités sous des buissons. Il envoya ses trouvailles à Habermann.

Lophophora fricii à La Fé

Denis Cowper, un avocat de renom et propriétaire d'une pépinière dénommée 'New Mexico Cactus Research' fut le second. Il découvrit une population à l'est de Viesca et fît également parvenir quelques spécimens à Habermann.
Il ne fut cependant pas facile pour lui de rentrer en possession de ces plantes car le prélèvement et la possession de Lophophora était alors déjà un délit aux USA [Habermann travaillait à cette époque aux USA – NdT].

Pourtant, entre 1968 et 1972, Habermann reçut un total d'environ 15 plantes en plusieurs livraisons, provenant donc de deux sources distinctes. D'autres plantes de Morrical complétèrent ensuite ce total. Plusieurs fruits en développement furent trouvés sur certaines plantes et ils mûrirent par la suite. Les plantes, une fois acclimatées, fleurirent et produisirent des graines après pollinisation. Il est donc plus que probable que des plantes des deux sites furent croisées. Les plantules résultantes et peut-être également des rejets des plantes-mères furent alors distribués parmi la communauté des cactophiles.
Lophophora fricii à La Fé
Habermann publia la description de Lophophora fricii dans la revue tchèque Kaktusy en 1974, indiquant que celle ci s'inspirait des textes de Pechánek, ce qui est somme toute curieux puisque Pechánek lui-même n'avait pas à l'époque porté une attention spéciale à ces 'Lophophora à fleur rosé foncé' dans ses articles ; et que neuf ans après la description de L. fricii il parlait encore à son sujet de L. williamsii var. decipiens (Pechánek, 1983).

Habermann [ingénieur chimiste de formation - NdT] mena de son côté une série d'études comparatives fort intéressantes, notamment sur la composition en alcaloïdes de ces plantes et leurs effets physiologiques sur l'homme (Habermann, 1977). La majeure partie des plantes importées devinrent alors spécimens d'herbarium.
D'après la description de Kaktusy, les fleurs sont de couleur rose soutenu-lie de vin, et effectivement les descendants des plantes originelles présentèrent ces fleurs rose-violet.

A gauche : 'La Nonne' A gauche : 'La Nonne'
A droite : Reproduit de «O kaktech e jejich narkotických účincích», les Lophophora importés de Mexico par Alberto Frič (Frič 1924, p. 23). Anhalonium sp. flora rosae est noté N°3


A la même période, les informations sur cette découverte s'étant propagées, de nouveaux imports apparurent en Europe sous diverses appellations.
Ainsi, par exemple, en 1969, Zdenĕk Fleischer, de Brno (Rép. Tchèque) reçut des établissements Uhlig une livraison de plantes d'importation étiquetées Lophophora lutea, identifiées ultérieurement par Pechánek comme L. williamsii var. decipiens. Pour la petite histoire, l'une de ces plantes disparut à la suite d'une visite de la collection Fleischer par des religieuses … ainsi, ce Lophophora fut surnommé 'La Nonne'. Les deux autres plantes restantes furent également volées un peu plus tard. Ces plantes, connues aujourd'hui uniquement grâce à des photographies noir et blanc et quelques graines découvertes dans les apex laineux ont été depuis identifiées avec certitude comme L. fricii (R. Grym, comm. personnelle).
Lophophora fricii à La Fé
Josef Busĕk marcha sur les traces de Frič en 1982 et découvrit L. fricii poussant dans des crevasses de rochers au sud de Viesca, et, avec l'aide de locaux, il découvrit également un site cette fois plus à l'est, au pied de la Sierra de Parras. Il communiqua alors ces informations à ses collègues cactophiles tchèques.
En 1983, Marcel Bouma, acheta auprès des établissements Köhres quelques Lophophora importés de la Laguna de Viesca. Les aréoles laineuses, littéralement 'blanches et brillantes' retinrent son attention au premier regard. Il identifia ces plantes comme L. williamsii var. decipiens Croizat (Bouma) d'après les photographies noir et blanc de Pechánek publiées dans Kaktusy en 1969 (page 80 – très probablement la photo d'une des 'Nonnes'). Les huit plantes importées de Bouma sont assez variables quant à la couleur de leur floraison, mais grosso-modo elles portent des fleurs rose foncé et ont surtout tendance à rejeter. Leurs descendants sont aujourd'hui largement diffusés dans les collections tchèques grâce au réel talent de propagateur de Marcel Bouma.
Nous n'avons aucun doute sur leur identification : il s'agit bien de Lophophora fricii.

Viesca Le nom Lophophora williamsii var. decipiens, également utilisé par Pechánek, est de notre point de vue inapproprié. Il ne peut plus être prouvé qu'il ait été originellement utilisé pour nommer les plantes que nous connaissons désormais sous le nom de L. fricii. La description de Croizat de L. williamsii var. decipiens datant de 1944 était basée sur une seule et unique plante d'origine inconnue. Il est bien évident qu'une telle observation d'un unique individu ne peut pas rendre compte de la variabilité d'une entière population. Cela jette le doute sur la pertinence de cette description, quand de surcroît les informations concernant l'habitat sont également manquantes.

Lophophora fricii à Viesca Alexander Lux, lui aussi, localisa des plantes au sud de Viesca en 1987. Puis Roman Staník visita le même site en 1993. Ces plantes donnent des fleurs blanches en culture, bien qu'à tous les autres égards il s'agisse de L. fricii. Rudolf Grym leur donna le nom de code de 'Frič blancs' avec le numéro de collecte RS 404 correspondant à cette découverte.
Sur la base d'informations fournies par Bušek, les explorateurs Jaroslav Šnicer et Libor Kunte examinèrent en juin 1992 l'habitat de L. fricii sur les versants sud des montagnes de Viesca.
Le numéro de collecte KS 198 correspond aux plantes qu'ils y collectèrent [Plantes parfois présentées sous l'appellation erronée de L. fricii v. gigantea' - NdT]. Les plantes de ce site présentent des fleurs d'une couleur plutôt claire (de blanc à rose très pâle). Elles y poussent de manière nettement différente de L. williamsii par exemple, colonisant les crevasses de rochers presque nus, à mi-hauteur de falaises abruptes. La plupart des plantes sont monocéphales, formant à l'occasion des petits amas et préférant les parois exposées à l'est De toute évidence, elles ne poussent pas partout sur ce site.

Lophophora fricii à Viesca Leur diamètre, lorsque pleinement hydratées, peut dépasser les 8 centimètres, mais plus généralement avoisine les 4-6 cm. Les numéros de collectes MK 27.82, PP 393 et VM 256 correspondent à ce site.
Les caractéristiques de l'autre site dans la même chaîne montagneuse au sud-est de Viesca, examiné par Staník en 1995 sont identiques. Les plantes y sont également très similaires, à la différence près qu'elles ont une tendance plus prononcée à produire des rejets. Nous y avons observé une vingtaine de plantes en fleurs dont la couleur allait de rose pâle à rose.
La monographie de Grym introduisit de substantiels changements dans la perception du taxon L. fricii.
Fort d'une observation (en collection) de plus de 25 ans, mais en prenant également compte des découvertes d'explorateurs durant les années 80-90, il y aborde ce taxon dans les moindres détails. Il proposa une description de la plante bien plus complète, notamment au sujet de la couleur des fleurs variant de blanc à pourpre-lie de vin en passant par diverses nuances de rose (Grym 1997).

Lophophora fricii à Viesca Notre équipe (Bohata, Myšák, Šnicer) a mené une série d'expéditions dans l'habitat depuis 1996. Nous y avons recherché les plantes à travers la totalité de la zone de la Laguna de Viesca. En vain, jusqu'en 2004. [Les auteurs parlent ici selon toute vraisemblance d'une recherche en plaine, et non plus sur les contreforts de la sierra déjà explorés - NdT].
Les années 2002 et 2003 marquèrent cependant un tournant dans l'observation in situ de L. fricii.
Tout d'abord, l'équipe conduite par Šnicer découvrit en novembre 2002 une population dans la Sierra Zavaletta, au nord de Viesca. Nous avions exploré cette zone à la recherche de Lophophora sur la base d'informations de Werner Reppenhagen (1989) qui répertorie un L. williamsii var. caespitosa REP 2993.
Finalement, en novembre 2003, nous visitâmes également la plaine à l'est de Viesca, au pied de la Sierra de Parras, zone arpentée par Bušek en 1982. Ces deux découvertes de sites constituèrent pour nous une grande surprise et sont à ce jour encore en attente d'une étude-évaluation plus poussée.

Lophophora fricii à Viesca Dans la Sierra de Zavaleta, les plantes tirent avantage d'un micro-climat favorable dans des ravins et des cours d'eau asséchés et poussent au fond de ces formations, directement au pied des collines. De manière générale, elles colonisent les crevasses des rochers, formant des conglomérats de plusieurs douzaines de têtes atteignant une largeur de plus de 40 cm et une hauteur de 15 cm quand elles sont complètement hydratées. Pour autant les spécimens solitaires ne sont pas rares.
L'épiderme des plantes est gris-vert, les fleurs vues sur ce site en novembre 2002 étaient roses. Nous supposons que c'est cette large propension des plantes à pousser en amas qui conduisit Reppenhagen à les nommer L. williamsii var. caespitosa.
Lophophora fricii dans la Sierra Zavaleta
Les plantes situées à l'est de Viesca forment d'immenses tapis composés de dizaines de têtes grisâtres et laissent à l'observateur une impression monumentale. Ces amas peuvent atteindre 60 cm de large et 20 cm de haut quand les plantes sont pleinement hydratées. Les plantes sont principalement présentes en plaine. Les exemplaires solitaires sont rares, les plus gros mesurant près de 15cm de diamètre.
La zone de distribution s'étendait sur environ deux kilomètres. Nous supposons désormais que les plantes de Bouma, obtenues en 1983 chez Gerhard Köhres, provenaient probablement de ce site. Nous avons également réussi à obtenir un plan détaillé de Cowper indiquant clairement qu'il collecta les L. fricii destinés à Habermann sur cette zone.

Lophophora fricii dans la Sierra Zavaleta En 2005, nous avons eu la chance d'observer des plantes en floraison sur ce site. Les fleurs étaient rose foncé, tout comme les plantules issues du matériel original de Bušek.

Dans la littérature germanophone, Peter Hansen a consacré plusieurs articles sur le genre Lophophora, du point de vue du cultivateur (Hansen, 2000).
Sa conclusion actuelle est qu'il y a une petite proportion de L. fricii qui ne forme pas de côtes bien marquées et dont la surface de l'épiderme se craque en formant des bosses individuelles. Ce genre de plantes était précédemment nommé L. williamsii var. decipiens.
La communauté cactophile extra-européenne ne semble pas vouloir reconnaître L. fricii comme une espèce valide. Ce taxon est souvent considéré comme une simple variation de L. williamsii [* voir note du traducteur en fin d'article] ou est tout bonnement rejeté (ex. par E.F. Anderson dans son livre 'Peyote, The Divine Cactus', p. 185).
Lophophora fricii dans la Sierra Zavaleta
Pourtant, l'évidence de la nature exceptionnelle de ce taxon est extrêmement concluante à nos yeux (Grym, 1997 – Hansen, 2000). Par sa morphologie, et sa composition en alcaloïdes, L. fricii est bien plus proche de L. diffusa (malgré leur éloignement et isolement géographique) que de L. williamsii quand bien même leurs habitats se chevauchent par endroits.

Les différences d'avec L. williamsii sont principalement dans la forme du corps mais également dans la couleur, forme et structure de la fleur ; dans la couleur et aspect de l'épiderme [L. fricii présente un épiderme plus 'mat' et moins lisse que L. williamsii – NdT], dans la structure du test de la graine, dans la composition en alcaloïdes et également dans le nombre de côtes [L. williamsii ne dépasse jamais 13 côtes quand L. fricii va jusqu'à 21- NdT]. Enfin, L. fricii n'est par ailleurs pas auto fertile.
Les plantules de L. fricii peuvent également être différenciées des autres espèces dès leurs premiers mois. Une analyse plus détaillée justifierait la publication d'un article à part entière …

Lophophora fricii dans la Sierra Zavaleta

Quatre sites de L. fricii sont à ce jour connus. Tous se situent dans le sud-ouest de l'état de Coahuila. Deux se trouvent au sud de Viesca, dans le massif montagneux de la Sierra El Marmol, un se situe au nord de Viesca dans la Sierra Zavaletta et le dernier à l'est, au pied de la Sierra de Parras. D'après nos découvertes, et après en avoir discuté avec Gerhard Köhres, les deux derniers sites sont les plus proches, à vol d'oiseau, de l'habitat de L. williamsii.
La présence de L. fricii n'a pas encore été vérifiée dans une cinquième zone, indiquée par Pavel Pavlíček à son retour d'un voyage au Mexique en 1996.
Les graines de ce site portent le numéro de collecte PP400. A en juger par les diapositives de Pavlíček et les plantes issues de ses graines, cette forme aurait tendance à être monocéphale. Les plantes en culture présentent des fleurs lilas et sont les plus proches de la plante type décrite par Habermann.
Ce site qu'Hans Swoboda en personne montra à Pavlíček est prétendument sis dans la Sierra de Parras, entre les villes de Parras de la Fuente et Viesca.
Pavlíček ne proposa à la vente des plantules de PP400 que dans son catalogue 1999. [Pour la petite histoire, J. Bohata m'a raconté que Pavel Pavlíček fût incapable de retrouver ce site quelques années plus tard alors qu'il l'accompagnait sur site avec V.Mysak … Et Swoboda est décédé. Cultivez donc vos PP400 avec grands soins ! ;-) - NdT]

Afin d'en apprendre le plus possible sur la succession d'évènements qui jalonnèrent l'histoire de L. fricii, nous avons étudié un grand nombre de sources bibliographiques originales et également interviewés ceux qui furent assez aimables de partager leurs connaissances et souvenirs. Qu'ils en soient ici remerciés. A cet égard, nous sommes les plus redevables à Vlastimil Habermann, Rudolf Grym, Josef Busek et Marcel Bouma.

[*] Certains auteurs rattachent L. fricii à L. diffusa comme sous-espèce, principalement à cause de la similitude de leur profil alcaloïdique. Je n'adhère pas à cette proposition.

Les auteurs de cet article quant à eux, considèrent ce taxon comme une espèce à part entière, mais incluse dans la section botanique (sectio) Diffusae, qu'ils ont créée au sein du genre Lophophora [cf Kaktusy Special 2 / 2005].
Je trouve cette approche pertinente.

Lophophora fricii dans la Sierra Zavaleta Cette création de Section présente de plus à mes yeux l'avantage de figer un tant soit peu la systématique de ce genre qui a connu durant son histoire beaucoup trop de créations de taxons superflus et de recombinaisons inter-génériques plongeant l'amateur dans la plus grande confusion (Le genre Lophophora est le genre de cactus ayant donné lieu au plus grand nombre de publications). La dernière proposition en date (2006), celle de Gordon Rowley, parue dans la revue anglaise Cactus World n'est pas pour moi [avec tout le réel respect que je porte à cet éminent et reconnu spécialiste] un exemple de clarification.

Bohata, Mysak et Snicer divisent donc le genre ainsi :
Sectio Lophophora : L. williamsii et toutes ses formes/variations
Sectio Diffusae : L. diffusa, L. koehresii, L. fricii, et le nouvellement décrit L. alberto-vojtechii

Le New Cactus Lexicon 2006 reconnaît quant à lui 3 espèces de Lophophora : williamsii, diffusa et fricii.

Restera en suspens l'éternel cas de L. jourdaniana impossible à retrouver dans l'habitat mais si présent dans nos collections. Mais ce n'est pas l'objet de cet article.

BOUMA, M. (1985) : « Lophophora wiliamsii var. decipiens Croizat znovu objevena. » Aztekia (8) : 60-61
FRIČ, A.V. (1925) : « Rod : Anhalonium, Lem. » Kaktusovà příloha ŽIVOT V PŘÍRODĚ (8) : 25-28
FRIČ, A.V. (1925) : « O kaktech e jejich narkotických účincích » SFINX Praha : 25
GRYM, R. (1997) : « Rod Lophophora » VID Bratislava : 57-58
HABERMANN, V. (1974) : « Lophophora fricii Habermann species nova » Kaktusy (6) : 123-127
HABERMANN, V. (1975) : « Two red-flowering species of Lophophora » Cact. Succ. J. (US) (27) : 157-160
HABERMANN, V. (1977) : « Příspĕvek ke studiu halucinogenního účinku peyotlu ( Lophophora Coulter) » Plzeň. Lek. Sborn. (44) : 17-21
HABERMANN, V. (1974) : « Lophophora fricii Hab. » Kaktusy (3) : 55-57
HANSEN, P. (2000) : « Lophophora fricii Habermann und die umstrittene Varietät Lophophora williamsii var. decipiens Croizat » Kakteen und andere Sukkulenten 51 (9) : 225-232
PECHÁNEK, J. (1983) : « Lophophora williamsii var. decipiens Croizat » Kaktusy (3) : 50-53

Adresse de l'auteur principal :
Jaroslav BOHATA, Pobrezni 3, CZ 186 00 Prague 8, République Tchèque


Auteurs : Jaroslav Bohata, Vojtek Mysak et Jaroslav Snicer
Traducteur : Pierre Gambart
Relecteur : Alain Laroze
Publication : 2008/10/23