MESEMB STUDY GROUP BULLETIN.3.1986

FIELD TRIP NOTES by Steve Hammer


Je rentre juste d'une longue excursion botanique et je suis heureux de découvrir le Mesemb Bulletin1) qui m'attend. Alors qu'il serait étrange pour moi de me plaindre de son inclination pour les Conophytum - comme vous pouvez l'imaginer, nous avons toujours besoin d'en connaître d'avantage - je m'en vais proposer une pause aux lecteurs en mentionnant certaines des autres mésembs que j'ai pu rencontrer. Même si un voyage est dédié exclusivement à la recherche d'un genre, d'autres genres sont toujours présents et méritent de l'attention. Par exemple, sur un koppie2) de quartz près de Pofadder, alors que je cherchais Conophytum vanzylii, j'ai trouvé Dinteranthus vanzylii, Dinteranthus microspermus ssp. puberulus, Lithops olivacea, Ophthalmophyllum schuldtii, d’autres espèces que j'appellerai Ophthalmophyllum friedrichiae et Conophytum fulleri et, pour finir, dans un moins grand nombre : Conophytum vanzylii. Il est intéressant de noter que toutes ces espèces poussent ensemble, en dépit de leurs besoins en eau censés incompatibles : je pense que la plupart des mésembs sont opportunistes. A priori, toutes ces plantes se trouvaient en excellente condition. Les récentes pluies avaient regonflées Dinteranthus puberulus, lui donnant une taille qui ferait rougir Ed Storms 3), mais les plantes avaient une magnifique apparence.

L'ordre des floraisons m'a intrigué : D. puberulus avait fleuri en mars (à en juger par ses fruits gravides), D. vanzylii et L. olivacea étaient sur le point de faire leurs boutons, les Conophytum et les Ophthalmophyllum étaient au milieu de leur prodigalité annuelle 4). Je devrais préciser également que les différentes espèces apparaissent dans un certain ordre : D. puberulus pousse surtout au pied des collines, D. vanzylii forme une grande colonie dans le tiers supérieur, là où le sol est en pente douce et ensuite C. fulleri, L. olivacea et O. friedrichii apparaissent à proximité de la crête. Ce dernier disparait sur la crête elle-même, mais les deux autres s'y trouvent en grand nombre, occasionnellement en compagnie de D. vanzylii. Une crête proche avait une combinaison totalement différente : D. puberulus, un Trichocaulon de type cactiforme et, sur les parties sommitales, O.friedrichii en masse : les petits trous dans la roche étaient remplis de douzaines de plantes arborant des fleurs blanches, rose-pourpre et rose pâle. J'ai noté une semblable variabilité de couleur chez toutes les populations d'Ophthalmophyllum diurnes que j'ai pu rencontrer. O. dinteri, à Eendoorn, était quasiment toujours pourpre (avec quelques fleurs rose plus clair), mais sinon, les blanches et les roses se mélangent allégrement.

Un autre plaisir à Eendoorn (une ferme au sud de Warmbad en Namibie, qui est desservie par sa trop grande notoriété) était la présence de Titanopsis hugo-schlechteri v. alboviridis. Le rougeâtre hugo-schlechteri v. hugo-schlechteri pousse juste à quelques miles de cette colonie de plantes magnifiquement pâles, d'un brun grisâtre légèrement teintées de vert. La forme “blême” de Lithops julii se trouve aussi sur le territoire de cette ferme et sur celui de la suivante plus au nord. Assez bizarrement, bien que j'aie vu beaucoup de plantes blêmes, j'en ai seulement vu une réticulée - peut-être celles-ci ont-elles été avidement collectées, une sorte de sélection non-naturelle -, quelques “chrysocephala”5) (reconnaissables à leur légère teinte grise spécifique) et aucune plante foncée.

J'y ai vu beaucoup de Lapidarias et oui, Mabel6), ils ont vraiment trois paires de feuilles dans la nature aussi. Une plante se prélassait à l'ombre d'une mésemb arbustive ; sa fleur légèrement fanée était d’un magnifique rouge. J'ai vu très peu de spécimens de D. wilmotianus ssp. inpunctatus et ceux-ci étaient en piteux état : les squelettes étaient nombreux. Je me suis souvenu de l’idée émise par Niko Sauer selon laquelle les Dinteranthus ne vivraient pas très longtemps. D. vanzylii, cependant, semble être une plante bien plus résistante, c’est l'une des nombreuses caractéristiques qui la rapproche des Lithops. Il est intéressant de noter que D. vanzylii s'hybride avec les Lithops, tout comme les Lapidaria, en produisant (dans au moins un cas) un charmant bâtard.

(Je pourrais en écrire d’avantage sur les hybrides, mais je me ravise devant l’attendu froncement de sourcils collectif : un étrange relent de puritanisme habite beaucoup d'entre nous, bien que nous soyons très extravagants à d’autres égards. Enfin, j’ai toujours gardé mes petits bâtards à l'écart et mes C. wettsteinii à fleur orange, sont vraiment jolis et agréablement curieux. Je pourrais ajouter que la nature fait de même - j'ai vu il y a peu un fantastique clone d'Argyroderma fissum à Kirstenbosch, une plante collectée portant des fleurs écarlates.)

David Jacobs sera heureux d'apprendre que j'ai collecté des graines de Dicrocaulon brevifolia, près de Groot Graafwater. D. brevifolia forme une jolie petite plante, au moins aussi attrayante que les Meyerophytum. J'ai vu aussi de vraiment magnifiques Mitrophyllum (M. mitratum) près de Lekkersing. Il était instructif de voir qu'ils poussent de façon avachie dans la nature aussi ; les plantes subissaient les effets terrifiant d'un soleil brulant, qui a cramé mon nez et a brûlé de nombreux plants de C. schlechteri. Cette très belle espèce a été redécouverte par Anthony Mitchell en 1979, mais je ne l'ai vue que pour la première fois cette année. Il pousse sur le haut des pentes d’une colline dans de la boue séchée ! Une vision étrange. J'ai cherché à le voir pour comparer son mode de croissance avec celui de C. ricardianum et de C. fibulaeforme, mais je crois que j'aurais du plutôt chercher C. fraternum, avec lequel C. schlechteri est peut-être apparenté. Les deux espèces se trouvent à 20 kilomètres l'une de l'autre.

En parlant d’Anthony Mitchell, il a écrit qu'il avait eu d’excellents résultats avec des graines âgées de 12 ans. Les graines que j'ai testées ont été probablement mal conservées, à une chaleur excessive. J'ai récemment testé des graines de C. burgeri, récoltées au début de l’année 1977 et conservées dans leur capsule. La germination était clairsemée, mais suffisante. À propos, n'est-il pas intéressant de constater l’uniformité de C. burgeri ? On pourrait me répondre qu'il n'a pas beaucoup de caractères à faire varier … Il y a un parent de C. burgeri là-bas quelque part, qui a un corps avec des fissures profondément déprimées. Si quelqu'un le possède, je voudrais en savoir plus. Il a été trouvé par H. Horn qui a aussi trouvé l’original C. angelicae carré, ainsi que le Lithops qui porte son nom7).

Un mot à propos des Conophytum.

Je voudrais modérer mes remarques sur C. areolatum. Je me suis récemment rendu sur un site distant d'un kilomètre ou deux de la localité des C. areolatum de Littlewood et j'ai finalement compris ce qu'il entendait par une apparence “en nid d’abeille” pour ces plantes. Le dessus était densément et régulièrement parsemé de points transparents, qui n'étaient pas regroupés en lignes. Ces points n'étaient pas non plus regroupés sur les fenêtres - en fait, cette plante donnait une impression générale d’opacité assez terne, qui n’a rien à voir avec le lustre des C. pellucidum classiques. Mes notions de C. areolatum étaient jusque là basées sur les échantillons de Rawe, recueillis à 20 miles 8) au sud de Kamieskroon (donc à 38 miles9) au sud de la localité type), et qui étaient assez différents des plantes que j’ai rencontrées. Je n'ai pas vu de spécimens vivants de Littlewood - les spécimens du Bolus10) sont bien entendu aussi morts que les Derenbergia et, à l’instar des feuilles de thé, on peut y lire beaucoup de choses. Il est dommage qu'aucun des C. areolatum de Littlewood n’ait survécu, parce que la description indique deux caractères que je n'ai vus sur aucune plante : les points devraient être présents et ils devraient être rougeâtres ! J’ai occasionnellement rencontré des points rouge-sang sur C. pellucidum, mais à la différence de Lady Macbeth, ils tournent vite en noir ou marron foncé.

Chris Rogerson's article neatly summarises the ectypum group as it is presently known in cultivation. There are however a number of “forms” - some old some new - which will not fit into the four pigeon holes and which I suspect, blur the divisions. There are nearly lineless forms with truncate bodies, wedged faceted forms with thick, sparse lines, brownii forms with a heavy central ridge (indeed the Tischer clonotype material shows this) - and as for flower colour, this ranges from near white to pink to purple to yellow to orange. The last three colours are found in a single colony, the famous one at Ratelpoort. The introduction of new material should confuse and delight everyone. Even now there are some anomalous plants circulating - in a few Dutch collections there is a weakly lined C.ectypum which produces C.minutum style flowers. I used to think this was a hybrid until I came across the same thing here, in a collected plant. (This too might be a hybrid - it is suspiciously vigourous, and its sheath is distinctive - but who was the father??).

L'article de Chris Rogerson résume avec soin le groupe ectypum tel qu’il est actuellement connu en culture. Il y a cependant un certain nombre de “formes”, plus ou moins vielles, qui ne rentrent pas dans les cases et que je soupçonne de brouiller les divisions. Il y a des formes qui n’ont presque pas de lignes et des corps tronqués, d’autres à facettes avec un tronc, d’épaisses lignes clairsemées et brunes et une lourde arête centrale (ce que montre effectivement le spécimen clonotype de Tischer). Quant à la couleur des fleurs, elle varie de presque blanc à rose, à pourpre, à jaune, à orange. Ces trois dernières couleurs n’ont été trouvées que dans une seule colonie, celle, célébrissime, de Ratelpoort. L'introduction de nouveaux spécimens devrait troubler et ravir tout le monde. Même aujourd’hui, certaines plantes anormales circulent : dans quelques collections hollandaises, il y a des C. ectypum faiblement doublés qui produisent des fleurs similaires à celles de C. minutum. J'avais l'habitude de croire que c'était un hybride jusqu'à ce que je trouve la même chose ici, par hasard, sur une plante collectée (Cela pourrait être aussi un hybride, il est soupçonneusement vigoureux et son fourreau est distinctif … mais qui est le père ?!?).

1)
NdT : journal édité par le Mesemb Study Groupe : http://www.mesemb.org/index.htm
2)
NdT : définition du Dictionnaire des Sciences de la Terre : inselberg de petites dimensions en Afrique du Sud. Inselberg (définition issue du même ouvrage) : relief isolé résiduel, aux parois raides, s’élevant brutalement au-dessus d’une plaine ou d’un désert
3)
NdT: Pépiniériste, producteur de mésembs et auteur d'ouvrages sur leur culture.
4)
NdT : au summum de leur floraison
5)
NdT : L. julii var “chrysocephala”
6)
NdT : Mr Mabel est connu pour avoir fait beaucoup de travaux en parallèle du Dr Hammer … Sans que l’on puisse savoir qui est Monsieur Mabel … Dr Hammer et Mr Mabel ?
7)
NdT : Lithops hornii
8)
32 km
9)
61 km
10)
Bolus Herbarium