Raid Chili Pépère, 25 mai : Antofagasta - Taltal

Antofagasta A l'hôtel Marsal, le petit déjeuner se prend sur la terrasse, de laquelle nous avions une vue sur les toits d'Antofagasta, cette drôle de ville coincée entre l'océan et le désert le plus aride du monde, et qui fut un temps bolivienne. Notre dernier petit déjeuner ensemble, en effet c'est le moment de la séparation. Inès, Marcel et Philippe partent vers le nord-ouest en direction de San Pedro de Atacama. Georges, Patrick et moi rentrons à Santiago, 1400 km plus au sud. Dans 4 jours notre avion du retour décolle. Aujourd'hui nous ferons l'étape la plus courte, seulement 330km qui nous mèneront à Taltal et aux Copiapoa cinerea.
Après les dernières recommandations, nous voilà lâchés dans les rues d'Antofagasta avec pour mission d'en sortir. Ce qui n'a rien d'insurmontable, la circulation est fluide, les rues rectilignes et parallèles à l'océan. Le temps de faire le plein et nous voilà sortis de la ville, attaquant le désert. Lorsqu'on voit l'aridité des alentours de la ville, on a peine à imaginer qu'en 1991 des orages y ont provoqué des glissements de terrains causant la mort d'une centaine de personnes.
La Mano del Desierto Quarante cinq minutes après avoir quitté Antofagasta, une statue sur le bord de la route attire notre regard. Etrange monument qui représente une main qui sort du sol, planté là au milieu du désert, seul relief de cette plaine coincée entre 2 montagnes. La Mano del Desierto a été construite par le sculpteur chilien Mario Irarrázabal à 75 km au sud d'Antofagasta, au milieu du désert d'Atacama. En fer et ciment, elle a une hauteur de 11 m. Elle a été inaugurée le 28 mars 1992 et sa construction a été financée par la Corporación Pro Antofagasta, une association dont l'objectif est de promouvoir des projets dans le tourisme, la culture, l'éducation, les arts et le patrimoine local dans les environs d'Antofagasta.Desert d'Atacama

Nous sommes à plus de 1100m d'altitude, il est 11h passées et il fait sûrement plus de 30°C, aussi nous ne nous attardons pas trop, nous avons encore du chemin à faire. La route est rectiligne, écrasée par le soleil. Le ciel est d'un bleu profond et les paysages défilent. C'est splendide mais ça donne soif !

A Agua Verde, une petite oasis perdue au milieu du désert, nous tentons de trouver la piste qui nous mènera plus directement à Taltal en passant par des sites de Copiapoa cinerea. Mais celle que nous prenons est trop étroite, trop caillouteuse et ne part pas dans la bonne direction. Nous faisons donc demi-tour. Il y a là des restes de ce qui a dû être une ferme avec un puits…. Epoque révolue, il n'y a maintenant que des cailloux.

Nous reprenons la R5, puis à l'embranchement vers Taltal nous prenons la R25 sur environ 10 km, puis nous prenons la piste sur la droite qui repart vers l'ouest. C'est la piste que nous voulions prendre par l'autre bout à Agua Verde. Elle suit l'ancienne ligne de chemin de fer qui transportait le salpêtre depuis les mines jusqu'au port de Taltal, en passant par la gare de Las Breas. Nous surveillons les côtés de la route, il devrait y avoir ici des Copiapoa cinerea. Copiapoa cinereaNous croisons une petite mine artisanale encore en exploitation, mais pas un seul cactus, même pas des Eulychnia. Nous nous arrêtons pour observer à la jumelle s'ils ne sont pas un peu éloignés de la route, mais rien. Doutant de la localisation, nous faisons demi-tour. Et pourtant, après vérification, nous nous sommes arrêtés à quelques dizaines de mètres d'une position donnée par Schulz et Kapitany dans leur livre 'Copiapoa in their environment“. Mystère !
Nous retournons sur la R25 en direction de Taltal, un peu déçus mais pas désespérés. Nous savons qu'il y a des Copiapoa un peu plus bas sur le bord de la route, nous les avons vus quelques jours plus tôt. Dès qu'ils apparaissent, nous avisons une piste qui part sur la gauche (A59). Pendant que Patrick part en reconnaissance, Georges et moi mangeons un morceau, il est déjà 14h30. Puis nos réflexes d'Européen nous poussent à garer la voiture hors de vue de la route pour que nous puissions nous éloigner l'esprit tranquille. Nous sommes assez écoeurés de voir les tas d'immondices qui sont abandonnés là : bouteilles en plastique, boites de conserves, emballages de toutes sortes. Les jours précédents nous ramassions les déchets lorsque nous en trouvions (souvent une bouteille en plastique d'une boisson gazeuse bien connue), mais là, il y en a trop.

Copiapoa cinerea Les Copiapoa cinerea de ce site correspondent en tout point à l'image qu'on s'en fait, à défaut de correspondre à la description originale qui n'est pas très claire il faut bien le reconnaître. D'abord globulaires, ils deviennent colonnaires avec l'âge. Souvent solitaires mais formant quelquefois des touffes, à la spination assez variable, de 1 à 4 ou 5 épines de 1 à 3 cm par aréole, cette espèce est caractérisée par la couleur de sonCopiapoa cinerea épiderme, d'un beau gris cendré sur les 10cm supérieurs de la tige. Le reste de la plante est lignifié de couleur marron foncé. Un détail nous frappa, les plantes les plus proches de la route semblaient avoir eu l'apex abîmé et étaient devenues polycéphales. Nous nous sommes demandés si ce n'était pas des générations de cactophiles qui avaient causé ces dégâts en prélevant des graines dans la laine apicale.
Il est presque 17h lorsque nous reprenons la direction de Taltal. Nous allons directement aux Cabanas Caleta Hueso où nous commençons à avoir des habitudes. La fin d'après midi et la soirée seront occupées à faire quelques courses et le plein d'essence, ranger et nettoyer la voiture, trier et comptabiliser les quelques graines que nous avons ramassées… Pour le dîner, le petit restaurant du bord de mer a fait l'affaire. Inutile que je détaille le menu, vous le connaissez bien désormais !


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