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Raid Chili Pépère, 15 mai : arrivée à Santiago - Pichidangui

Nous avons décollé de Roissy le dimanche soir vers 23h et nous sommes arrivés lundi matin vers 7h (après 13h de vol) à Buenos Aires, en Argentine. Des hublots de l’avion, nous voyons le Rio de la Plata dans le jour levant un peu brumeux. En se rapprochant du sol, on aperçoit des herbes de la pampa (Gynerium) à perte de vue. Il nous faut descendre de l’avion, nous soumettre à un contrôle puis rembarquer dans le même avion. Après un peu plus d’une heure passée au sol nous voilà repartis vers Santiago. Des kilomètres de pampa défilent en dessous de nous, puis les Andes commencent à se dessiner au loin. Rapidement elles prennent de l’altitude et par endroits se couvrent de neige. A l’horizon, vers l’ouest, on voit le Pacifique. Après 1h et demi de vol nous redescendons sur Santiago. De toute part, le paysage est entièrement minéral. Nous plongeons dans le brouillard et c’est l’arrivée, à 10h30, dans une purée de pois à 7°C. Les formalités d’entrée sur le territoire chilien se font au pas de course, les bagages récupérés, nous devons nous occuper de notre voiture de location réservée depuis la France. Nous nous retrouvons bons derniers pour passer la douane. Ce qui nous prend bien 2 minutes, vu l’empressement des douaniers… Il est vrai que l'on approche de l’heure de l’apéro. Il ne nous reste plus qu’à récupérer la voiture, changer nos euros en pesos, et à 11h30 nous voilà lâchés sur les routes chiliennes avec les derniers conseils du loueur de voiture.

Après nous être acquittés de nos 350$ au péage de l’aéroport, nous prenons la direction « Al Norte » par une autoroute très fréquentée par les camions. Régulièrement sur le bas-côté de l’autoroute des personnes seules ou en groupe attendent… le bus probablement. Vers 12h30 le brouillard se dissipe enfin, le soleil se met à briller et la température devient plus que douce. Nous apercevons nos premiers cactus – des cierges - sur le flanc des collines.

2451.jpgCurieux de les voir de plus près, nous nous arrêtons dans une côte où la voiture peut être garée sans dangerA1. La colline est peuplée d'Echinopsis (Trichocereus) chiloensis de toutes les tailles, des sujets vénérables de 2 à 3 mètres de haut jusqu’aux jeunes plantes de quelques centimètres. Aucune fleur, pas même un bouton. La saison est passée depuis bien longtemps, et c’est par miracle que nous trouvons des graines dans quelques fruits secs. Cette plante a d’abord été décrite comme Cactus chiloensis par Colla en 1826. Le nom 'chiloensis', signifiant “originaire de l'île de Chiloe”, est incorrect (il n'y a pas de cactus poussant dans cette île) et a été corrigé par plusieurs auteurs en 'chilensis' (originaire du Chili), Mais d'après les règles de la nomenclature botanique, l'écriture originelle doit rester. Friedrich Ritter lista 5 variétés qui sont désormais considérées comme des synonymes, simples formes locales de cette espèce très variable.
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Quelques dizaines de kilomètres plus loin, au km 77 (A2), nous trouvons un site, toujours en bord de l’autoroute, bien plus riche et plus impressionnant. Les Trichocereus sont en compagnie de Puya chilensis et des éternels Cumulopuntia sphaerica qui vont nous accompagner le long des 1400 km de voyage restants.


2454.jpg Au fil des kilomètres et des péages, la route rejoint l’océan. Las Molles (A3) est maintenant une station balnéaire, on arrive encore a y trouver des Eriosyce, des Eulychnia castanea, des Cistanthes et des Oxalis carnosa var. incana au milieu des constructions et sur des rochers. Sympathique pour un premier contact avec des cactus d’habitat, mais somme toute, rien de mémorable. Quelques kilomètres plus loin, nous sortons de l’autoroute à Pichidangui où nous avions prévu de passer la nuit. Il n’est que 16h, il nous reste encore 2 heures de jour, suffisamment pour prendre la route de Quillimari, à 6/8 km de là, voir les Neoporteria horrida. A la sortie de Pichidangui, les pros du cierge détectent un Trichocereus atypique, on y retournera demain (A4).

2457.jpg Encore néophytes, nous hésitons pour trouver le chemin de Quillimari, mais nous sommes vite sur place (A5). Les photos faites quelques années plus tôt de cet endroit par Paul Klaassen, montraient des collines verdoyantes et des cactus bien joufflus. Le spectacle qui s’offre à nous aujourd’hui est quelque peu différent. Apparemment, il n’a pas plu depuis longtemps, tout est sec, plein de poussière, l’herbe jaunie et les cactus ressemblent à des hérissons enterrés dans le sol. On arrive tout de même à distinguer les 2 Eriosyce différents occupant les lieux : E. subgibbosa et E. curvispina var. mutabilis (horrida) accompagnés de Trichocereus. Ce dernier est souvent porteur d'une plante parasite, Tristerix aphyllus, à fleur rouge orangé et comme son nom l'indique, sans feuille. Il est probable que ce site ne sera plus là dans quelques années, les collines environnantes étant utilisées pour le pâturage… ou la culture de la vigne. Nombre de cactus sont sûrement les victimes de la réputation grandissante des vins chiliens. Le soleil se couchant, il est temps de se trouver un endroit pour dormir.

Ce que nous avons fait à Pichidangui dans une modeste cabanas à 20000$ la nuit, avec 2 chambres, 3 lits, une salle de bain et une cuisine /salle à manger. Un français au Chili n’est pas trop dépaysé, la valeur du peso chilien, noté $ (ne pas confondre avec US$), correspond à notre bon vieux centime de franc. La nuit nous a donc coûté 200FF ou pour les plus jeunes 30€. Dehors, sans le soleil, la température a nettement baissé. Nous voilà partis à la recherche de nourriture…. Une petite épicerie et un ‘SuperMercado’ qui n’avait de “super” que le nom, nous ont fournis quelques boites de conserves (du thon ! !) et des biscuits à un prix digne des meilleurs quartiers de Paris. Après manger, au lit. Il est 21h. Mais pour nous, il est 3 heures du matin !


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  • Dernière modification: 2016/11/30 13:39
  • par yann