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Botija

Si vous demandiez à Georges ce qui l'a marqué lors de son voyage au Chili en 2006, il vous disait : les Copiapoa longistaminea, les Copiapoa melanohystrix et la Quebrada Botija avec ses C. solaris. Lui, grand sportif (!!), il a cavalé toute la journée sur cette colline pour faire des dizaines de photos ou chercher des graines. Il en oubliait même d'allumer sa cigarette. Cette journée à Botija t'est dédiée, Georges. On pense bien à toi.

Levés aux aurores, nous commençons à remonter la vallée un peu avant 8 heures, en route pour le sommet du pic Botija qui culmine à 1100m. Effectivement, la piste construite il y a 3 ou 4 ans pour accéder aux mines du fond de la vallée est dans un sale état. Emportée sur une bonne partie de sa longueur, jonchée de cailloux le reste du temps. Au moment où l'eau est tombée, il ne devait pas faire bon d'être dans le coin…

Il n'y a évidemment pas de cactus sur le fond de la vallée, seulement des herbacées ou de petits arbustes qui ont poussé après les pluies.

Comme ce Senna brongniartii

ou cet Alstroemeria

A l'entrée de la vallée, on trouve des Copiapoa ahremephiana sur les pentes. Un peu plus à l'intérieur, ils disparaissent. On y trouve aussi des Eulychnia qui semblent avoir bien profité de l'eau. Les troncs tout gris laissent échapper des pousses bien vertes.

Alors qu'en 2006 (Article RCP), je n'avais vu que quelques plantes d'Eriosyce, et encore dans le fond d'un torrent sec, cette année nous en voyons beaucoup plus. Certains portent des fruits, mais ils sont vides. En tout, nous avons ramassé seulement 3 ou 4 graines qui n'ont même pas germé.

Avez vous remarqué le petit Copiapoa atacamensis à la droite de l'Euphorbe ??

Selon la littérature, dans cette vallée pousse Eriosyce paucicostata ssp. floccosa qui se distingue de l'espèce type par ses poils blancs.

Certains sont effectivement très laineux, mais d'autres n'ont pas un seul poil et ressemblent à ceux vus hier à Izcuña.

Il y aussi des Copiapoa atacamensis, petits par rapport à ceux que nous verrons sur le sommet.

Et vers le milieu de la vallée apparaissent les premiers Copiapoa decorticans souvent assez moches avec de longues tiges toutes desséchées et juste une petite tête verte.

Mais quelques uns sont plus jolis !

Il est troublant que les varispinata d'Izcuna ressemblent vraiment dans bien des points à du decorticans. Et alors que ces 2 vallées sont très proches, on ne voit pas de varispinata à Botija et pas de decorticans à Izcuna. De plus, les varispinata qui sont au col entre les 2 vallées, produisent des graines qui devraient donner des plantes plus bas dans la vallée de Botija, il n'y aucune barrière. Même l'altitude n'en est pas une puisqu'on en trouve quasiment en bord de mer à Izcuna. Et bien non, pas de varispinata à Botija. Que du decorticans. Vraiment très perplexifiant…

Il nous faut 1 heure pour remonter les 2,5 km de vallée et se retrouver à la T-junction (voir Article RCP) C'est là le début des Copiapoa solaris.

Il y a aussi un drôle d'Oxalis qui ne ressemble pas à ceux déjà vu.

En 2006, nous n'étions pas allés beaucoup plus loin. Cette fois ci ce n'est qu'une étape. Nous remontons la vallée qui part vers le sud. Elle est de plus en plus étroite et s'élève de plus en plus vite. Copiapoa solaris, Copiapoa atacamensis et Eriosyce paucicostata nous accompagnent.

En cours de route nous croisons 3 plants de Senecio botijae, une espèce endémique du lieu et décrite en 1998, qui poussaient dans les rochers du lit d'un torrent. L'altitude était de 700m. Seul Philippe la remarque, les 4 autres y sont passés devant sans la voir. Ce n'est qu'au retour que nous prendrons les photos.

Nous devons passer 2 ou 3 cascades… heureusement rien à voir avec celle de San Ramon. Nous avons quitté le campement depuis presque 3 heures et demi quand nous arrivons au col entre Botija et Izcuña, vers 850m. Apparaissent alors les Copiapoa varispinata qui nous montrent qu'on s'approche de la vallée visitée hier.

Après avoir ramassé quelques graines nous continuons l'ascension. Ca commence à faire rengaine, mais je n'imaginais pas que cet endroit puisse être aussi vert.

Et ça continu à grimper…

Vers le sommet, les touffes de Copiapoa sont énormes, les tiges bien joufflues, en fleurs et en graines.

Les Copiapoa atacamensis ne sont pas en reste.

Mais il y a d'autres cactus. Des Eriosyce en fleur. Lorsque les fleurs ne sont pas complètement ouvertes, on a l'impression qu'elles sont rouges.

Des Eulychnia

Un nord américain égaré, Cylindropuntia tunicata

Et des Trichocereus deserticola qu'on n'avait pas vu depuis quelques temps. La présence de cette espèce est preuve, si besoin en était, que l'endroit est humide.

En effet, le sommet est baigné dans la Camanchaca.

Par moment, un coup de vent chasse le brouillard, le soleil revient, le paysage apparait et on aperçoit un éclair, au loin, vers l'est.

C'est l'observatoire du Mont Paranal, avec le VLT proprement dit à droite.

Il est 15h30 lorsque nous commençons la descente. Une bonne heure pour atteindre le col. Dans la descente Nicolas fait une chute et se fait très mal à l'épaule. Il en restera handicapé pour le reste du séjour.

Après une courte pause, la descente continue. Une grosse heure nous sépare de la T-junction. Là, nous referons un pause pour jeter un oeil d'un peu plus près aux Copiapoa decorticans. C'est mon tour de me casser la figure. Et 3 fois en 10 minutes, s'il vous plait ! Heureusement, ce n'est pas trop grave, juste la paume des mains et la fierté qui a souffert.

Nous sommes au campement vers 19h où mes camarades m'ont préparé une petite surprise. En effet, ce voyage au Chili avec l'ascension du Pic Botija était pour fêter mon demi-siècle. J'ai déjà eu un joli cadeau au sommet (encore merci Nicolas), et ce soir, même si la date est passée depuis quelques semaines, nous allons fêter ça.


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Auteur : Alain
Publié le : 2012/03/31