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Réussir vos photos

Par Willy Bovis, 2003/06/10.

Je ne suis pas une pro, ni des cactus, ni de la photographie. Aussi, les quelques conseils ci-après, issus de ma propre expérience, ne s'adressent qu'à celles et à ceux qui sont friands de belles photos de leurs protégées et qui, comme moi-même, photographient avec un petit appareil numérique compact en mode automatique.

Nicéphore Niepce se serait-il douté de l'ampleur qu'atteindrait son invention ? Depuis 2 siècles, le monde a bien changé. Au début, on travaillait avec des plaques de verre enduites d'une émulsion à base de nitrate d'argent, produit photosensible, pour obtenir des images en noir et blanc, d'où l'appellation actuelle de “photographie argentique”. Puis, vint le film en celluloïd pour remplacer les plaques de verre, ainsi que des produits chimiques capables de fixer les couleurs.

Saviez-vous qu'avec l'apparition de la micro informatique, on devait définir pixel par pixel, dans un programme bien compliqué, une image qu'on voulait afficher à l'écran, que ce soit une simple barre de menu, ou une carte du monde ? Chaque pixel était localisé par une position comparable à la latitude et la longitude de la terre et codifié dans une des 4 couleurs disponibles à l'époque. Cette technique a donné lieu à la mise au point du scanner avec la capacité de numériser une photo pour la traduire en pixels colorés utilisables par un ordinateur. C'est beau la technologie : mon nouveau PC “dernier cri” travaille déjà en “un million de couleurs”.

L'étape la plus récente est bien entendu l'appareil photographique numérique qui, lui, capte directement les images et les enregistre sur une carte mémoire en attendant le transfert sur l'ordinateur.

Mais voilà, il y a une chose, bien qu'énormément améliorée, qui reste incontournable et qui change tout, ou presque : l'optique, c'est à dire l'objectif de l'appareil, qu'il soit argentique ou numérique. Dans les deux gammes, on trouve d'une part les appareils compacts, avec objectif fixe, et d'autre part, des appareils avec objectifs interchangeables. Et c'est là où les différences commencent à se faire sentir.

En argentique, un appareil compact plus ou moins sophistiqué convient parfaitement pour les photos de vacances, les réunions de famille, les paysages, etc., mais dès qu'on veut photographier quelque chose de plus spécial, il faut passer à l'objectif interchangeable (reflex 24 x 36 mm), dont les exemples les plus connus sont l'objectif “télé” pour les animaux sauvages, événements sportifs,… et l'objectif “grand angle” pour les panoramas ou partout où il manque la place pour reculer (monuments, immobilier). Et pour compléter la collection, il y a l'objectif “macro” pour les photos rapprochées, à moins de 50 cm de distance.

En numérique, un simple boîtier capable de recevoir les objectifs interchangeables cités ci-dessus, coûte quasiment autant que l'équipement complet en argentique. Vu les prix, pour le moment, ce n'est abordable que pour les professionnels. Heureusement, la technologie des appareils numériques compacts récents permet la réalisation d'images de qualité, pourvu qu'on ne demande pas une impression supérieure à la taille d'une feuille A4, ce qui est largement suffisant pour une utilisation sur Internet.

Dans tous les cas, c'est la qualité de l'optique en combinaison avec celle du capteur numérique qui définit la qualité des photos obtenues. La facilité d'utilisation, bien que très appréciable, est secondaire. Mais c'est la réunion des deux qui définit le prix de l'appareil.

Pour l'argentique, Emmanuel Lattes vous donne dans son article sur la macrophotographie tous les détails utiles. En numérique, j'ai observé quelques différences lorsqu'on utilise des appareils compacts plus ou moins automatiques et préprogrammés.

En mode standard, tout appareil est “presbyte” : à une distance de moins de 50 cm, il “ne voit pas clair” et une photo prise dans ces conditions est obligatoirement floue.

Alors, assurez-vous tout d'abord que votre appareil dispose d'un mode “macro” (gros plan) permettant d'approcher votre sujet à au moins 10 cm, et si possible plus près (les meilleurs appareils permettent de prendre des photos à 4 cm de distance, ou même jusqu'à 2 cm) et respectez ces distances limites de votre appareil. N'essayez pas d'approcher plus près que l'appareil ne le permet.

Vérifier dans le mode d'emploi de votre appareil comment faire la mise au point. Certains appareils offrent la possibilité de mémorisation temporaire de mise au point. Si vous avez un appareil dit “autofocus” cela veut dire qu'il fait la mise au point automatiquement, mais à condition d'effectuer les manoeuvres lui permettant de le faire. Il ne s'agit pas de sortir l'appareil de sa boîte, viser et mitrailler : ce n'est pas la bonne méthode ! Une lumière (verte) qui clignote indique que la mise au point n'est pas (encore) terminé, ou n'est pas possible dans la position donnée. Lorsque la lumière reste allumée sans clignoter, la mise au point est correctement effectuée.

Entraînez-vous à évaluer la distance de mise au point en visant, en biais, par exemple votre clavier d'ordinateur, ou un texte écrit (journal, livre) : vous verrez clairement où se situe la zone de netteté (profondeur de champ).

Si vous voulez photographier une fleur, assurez-vous de faire votre mise au point sur la fleur. Si malgré tout, votre fleur est floue et que la netteté est située sur un plan plus éloigné, vous avez pris votre photo de trop près. Éloignez-vous d'autant de cm que nécessaire pour ramener la zone de netteté sur la fleur.

Si votre photo est floue en totalité, vous avez pris la photo de beaucoup trop près (éloignez vous), ou vous avez bougé l'appareil lors du déclenchement : utilisez un trépied.

En argentique comme en numérique, la profondeur de champ est fonction de l'ouverture du diaphragme ET de la distance de prise de vue. Mais j'ai remarqué qu'en argentique, travaillant en mode manuel, j'utilisais beaucoup plus une plus ou moins grande ouverture de diaphragme, maintenant en numérique, je suis obligée de faire plus attention à la distance de prise de vue, étant donné qu'en mode automatique c'est l'appareil qui détermine l'ouverture du diaphragme.

La distance de prise de vue s'exprime de la façon suivante : plus on est près du sujet, moins il y a de profondeur de champs, et plus on s'éloigne du sujet, plus la profondeur de champs augmente.

En mode automatique, c'est l'appareil qui se charge du réglage du diaphragme et de la vitesse d'obturation en fonction de la luminosité disponible. Si vous travaillez en mode “manuel”, vous pouvez vous considérer comme assez “calé” et vous n'avez donc pas besoin de mes conseils :))

La résolution d'une image numérique s'exprime en DPI (dots per inch), c'est à dire le nombre de points par 2,4… cm (mesures anglo-saxonnes obligent).

Tout écran d'ordinateur affiche au maximum 72 dpi. De même, tout appareil numérique enregistre les images en 72 dpi.

Par contre, pour imprimer il vous faut, de préférence, 360 dpi (soit 5 x plus).

C'est pour cette raison que votre appareil, selon le modèle que vous utilisez, peut vous offrir le choix entre plusieurs tailles de l'image, p.e. :

en 72 dpi	

2272 x 1704 pixels (80,15 x 60,11 cm)
2048 x 1526 pixels (72,25 x 54,19 cm)
1600 x 1200 pixels (56,44 x 42,33 cm)
1280 x  960 pixels (45,16 x 33,87 cm)
1024 x  768 pixels (36,12 x 27,09 cm)
 640 x  480 pixels (22,58 x 16,93 cm)

Pour avoir une idée approximative de ce que cela donne en photo imprimée sur papier il suffit de tout diviser par 5 :

en 360 dpi	

2272 x 1704 pixels (16 x 12 cm)
2048 x 1526 pixels (14 x 11 cm)
1600 x 1200 pixels (11 x 8 cm)
1280 x  960 pixels (9 x 6 cm)
1024 x  768 pixels (7 x 5 cm)
 640 x  480 pixels (5 x 4 cm)

Par conséquent, il est évident que pour une photo envoyée sur le Net, la plus petite taille en 72 dpi est pour la plupart du temps encore bien trop grande, alors que pour imprimer il convient de préférer la taille la plus grande. Sur les imprimantes récentes, le “driver” se charge de faire la conversion et effectue l'impression à la bonne résolution, si vous passez par le logiciel fourni avec votre appareil numérique. Si vous utilisez un autre logiciel, vous avez intérêt à configurer l'impression à la bonne résolution.

Et maintenant que vous maîtrisez la technique, vous pouvez envisager de faire de la PHOTO.

Il ne faut pas oublier que la photographie est considérée comme un art, au même titre que la peinture. Le fait de vouloir immortaliser une belle fleur sur une photo, moi, je considère cela comme de l'art. En dehors de l'aspect technique, il y a également l'aspect esthétique qui entre en ligne de compte. Pour qu'une macro photo de votre cactus ou succulente puisse être considérée comme réussi, il y a 4 critères à respecter :

  • le contenu
  • l'orientation et le cadrage
  • l'arrière plan
  • l'éclairage

De toute évidence, c'est votre plante dans toute sa splendeur. Mais justement, pour une mise en valeur optimale de votre protégée, présentez la sur un “piédestal” et ôtez, le temps de la prise de vue, tout ce qui peut l'être, jusqu'à l'étiquette d'identification. Photographiez la plante, et rien que la plante. Si on vous fait des remarques comme “tiens, c'est quoi la plante juste derrière” ou “dommage qu'on n'arrive pas à lire le nom sur l'étiquette” ou encore “t'as vu la mousse qui pousse sur ton pot” c'est que votre photo a raté son but qui était, je vous le rappelle, la présentation de votre plante.

L'orientation est le positionnement en “paysage” (horizontal) ou en “portrait” (vertical) de l'image.

L'orientation “paysage” est à considérer comme “statique” exprimant le calme et la stabilité, mais si vous utilisez uniquement cette orientation, vous risquez de donner une impression de lassitude, de trop d'uniformité. Ayez le courage de tourner votre appareil de 90° et utilisez de temps à autre le format “portrait”, même pour les plantes globulaires, pour alterner avec plus de dynamisme. Puisque c'est facile maintenant d'effacer les images en trop, essayez de prendre plusieurs photos dans différentes orientations pour pouvoir choisir la plus belle.

Le cadrage, c'est la mise en place du sujet entre les bords de la feuille (ou de la fenêtre). Tout comme pour les portraits des personnes, une position de face, bien droite, parfaitement centrée, n'est pas toujours la meilleure solution. Cherchez les lignes qui attirent le regard. Évitez celles qui guident le regard hors de l'image. Evitez également de trop grandes zones “vides” C'est ici que s'exprime votre créativité. Une photo se compose, tout comme une belle symphonie.

L'arrière plan doit être le plus dépouillé et uni possible et de couleur contrastée par rapport à votre sujet. Certains utilisent systématiquement un fond noir. Personnellement, je préfère les couleurs du ciel, qui peuvent aller du bleu clair au bleu pétrole par temps orageux.

Évitez de coller votre sujet trop près du fond. C'est justement ce dernier qui est appelé à disparaître dans le “flou artistique”. Un espace d'environ 50 cm est nécessaire; plus c'est mieux.

Avec un appareil numérique compact, il n'est pas possible d'utiliser le flash. Le rayon lumineux du flash est fait pour éclairer un sujet à une distance de 60 cm ou plus. Si vous êtes à 10 cm de votre sujet, le rayon passe au-dessus sans l'éclairer, mais votre appareil tient compte de l'utilisation du flash et calcule l'exposition en conséquence. Le résultat est une photo sous-exposée.

Toute autre source lumineuse artificielle est à proscrire du fait de sa coloration trop jaune. Ce n'est que dans le très haut de gamme qu'on trouve des appareils qui dispose d'une fonction de réglage de “la balance des blancs” permettant de prendre des photos sous différents types d'éclairage artificiel.

Il reste la lumière du jour. Cependant, le plein soleil donne des écarts trop important entre lumière et ombre : les parties éclairées sont trop claires, les couleurs sont trop pâles et les parties à l'ombre sont trop noires. (Dans le temps, en noir et blanc, cela se traduisait par une manque dans la gamme des gris). Cette lumière trop contrastée ne permet pas de restituer correctement les zones dans l’ombre et celles dans la lumière, il faut choisir de “ faire la lumière ” sur l’une des deux zones en sachant que l’autre sera sacrifiée (sur ou sous exposée), cela est dû au manque de “ latitude de pose ” du film ou du capteur numérique. Choisir cette lumière ne donne jamais de bons résultats.

On peut utiliser des réflecteurs pour éclairer les parties trop sombres, mais on peut aussi utiliser un écran de diffusion. C'est un choix personnel au goût de chacun. Personnellement, j'ai opté pour l'écran de diffusion.

Le meilleur écran de diffusion que je connaisse, c'est bien un léger voile nuageux devant le soleil. Regardez bien lorsque la météo le permet : toutes les couleurs sont bien nuancées et il n'y a pas d'ombres profonds.

À défaut, une grande feuille de plastique translucide et rigide fait également l'affaire.

On peut dire qu'une photo est réussie si vous la voyez bien en format poster accrochée au mur de votre salon, ou alors en couverture d'un livre sur les cactus et plantes succulentes !

Dicton : “le génie, c'est 1% d'inspiration et 99% de transpiration”

Bon courage :))

Auteur : Willy Bovis.
Publié le : 2003/06/10.
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  • Dernière modification: 2010/07/03 18:18
  • par nio91