Astrophytum coahuilense (Möller) Kayser

C'est en 1911 que Rodolf Meyer mentionne dans une revue allemande la découverte d'un Astrophytum ayant des fleurs à gorge rouge.
Mais c'est Henrich Möller en 1927 qui fait la 1ère description du “bonnet d'évêque blanc” qu'il désigne comme une sous-espèce nordique d'A. myriostigma, “le bonnet d'évêque vert” connu à San Luis Potosi.
En 1932, K. Kayser la décrit en espèce à part entière : Astrophytum coahuilense

Floraison ressemblante à A. capricorne jaune avec une gorge rouge et un long pistil
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A. coahuilense a longtemps posé un problème de classement. Certains, accordant une importance exagérée à une apparente ressemblance, l'on classé comme une variété ou une sous-espèce d'A. myriostigma.

Certains ont émis l'hypothèse qu'A. coahuilense serait l'hybride entre des ancêtres d'A. capricorne et des ancêtres d'A. myriostigma à une époque lointaine où leurs aires de répartition étaient plus proches que celles d'aujourd'hui.

Puis au cours du temps, malgré son apparence proche d'A. myriostigma, A. coahuilense a gardé plus d'affinités avec capricorne.

- une aire de répartition au nord du Mexique à proximité de l'aire du capricorne et éloignée de celle de myriostigma (350km entre la zone la plus au nord de myriostigma à Jaumave et la zone la plus au sud de Coahuila à Zacatecas).

- sa fleur jaune à gorge rouge

- son fruit devenant rouge en mûrissant
- l'ouverture du fruit à la base

- des semis bien verts à cotylédons réduits avec une grosse racine axiale

Tous ces caractères le rapprochent d'A. capricorne.

De plus, l'hybridation avec myriostigma n'est pas possible (il y a une stérilité) tandis qu'elle est possible avec capricorne (sauf la variété senile, stérilité partielle) et asterias.

Dans le sud de son aire de répartition, il se trouve à proximité de capricorne v. senile, sans qu'il y ait pourtant d'hybridation. Il y a une stérilité partielle avec senile utilisé comme mère, les jeunes semis ne sont pas viables car dépourvus de chlorophylle. Lorsque coahuilense est utilisé comme mère dans l'hybridation, les résultats sont un peu plus encourageants mais très aléatoires.

5 côtes, floconnage très pelucheux les fruits prennent une teinte rouge en mûrissant Etrange coahuilense rajoutant des côtes en vieillissant
(Chez M. Testu)
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coahuilensis.jpgL'aire de répartition de coahuilense est assez réduite. Elle se trouve au Nord du Mexique dans l'état de Coahuila (Durango et Zacatecas), comme son nom l'indique ! Il pousse dans une région où les précipitations sont les plus faibles du nord du Mexique, 180-200 mm/an. Des précipitations beaucoup plus faibles que ce que reçoit son cousin myriostigma dans le sud de San luis Potosi, environ 500 mm/an. C'est sûrement pour ces raisons que la culture d'A. coahuilense est un peu plus délicate, les arrosages doivent être plus modérés pour éviter les risques de pourriture.

Cactus globulaire dépourvu d'aiguillon présentant 5 côtes bien marquées et anguleuses.
Il devient plus cylindrique puis colonnaire en vieillissant (adaptation comme pour myriostigma à un environnement où la végétation est dense) jusqu'à une hauteur de 50cm. Il a été signalé des individus pouvant atteindre dans leur habitat une hauteur maximale de 65cm pour un diamètre de 20-30cm.
Ces 5 côtes apparaissent dès le stade du semis, c'est un caractère très stable. Il n'y a que sur les vieux individus que des côtes supplémentaires peuvent parfois apparaître.
L'épiderme est recouvert d'un très dense floconnage (points blancs) donnant un aspect pelucheux et sale à la plante, ce qui lui permet un parfait mimétisme avec son environnement où il se confond parmi les pierres calcaires (blanc-gris) entre lesquelles il pousse.
A. coahuilense peut être florifère vers 3-4 ans. Les fleurs prennent naissance, comme chez tous les Astrophytum, à l'apex de la tige, à la base de chaque nouvelle aréole. La taille de la fleur (diamètre maxi 9 cm) est intermédiaire entre celles de myriostigma et capricorne. Les fleurs s'ouvrent durant les heures les plus chaudes de l'après-midi. Par forte chaleur elles ne durent qu'une journée, au mieux elles s'ouvriront à nouveau le lendemain. De couleur jaune avec une gorge rouge, cette caractéristique la rapproche de A. capricorne. Mais il existe de rares cas de fleurs entièrement jaunes. Ces individus sont sélectionnés en culture pour essayer de préserver ce caractère inhabituel.
Comme le capricorne, c'est la base de son fruit (gris-vert-rouge) qui s'ouvre sur environ 200 graines.
En résumé, le coahuilense a l'aspect végétatif d'un myriostigma et les caractères de reproduction d'un capricorne.

A. coahuilense est une espèce à la morphologie très homogène. Il y a peu de variabilité et donc, à ce jour, aucune forme ou variété décrite. On peut juste signaler le rare cas d'individus à fleur entièrement jaune et au niveau du nombre de côtes (un caractère important chez les astrophytum) l'apparition parfois de côtes supplémentaires (souvent avortées) sur les individus âgés.
On trouve sur le web des coahuilense "tricostatum".
Et une forme "monstrueuse".
Un exemple également de “japonaiserie” avec ce coahuilense 'kikko' (carapace de tortue).

(carlo & daniele MONGIAT) ^^

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Pour en savoir (beaucoup!) plus sur cette espèce, allez faire un tour sur l'Astrobase (en anglais ou allemand).

nom japonais : haku-ranpo-gyoku
noms mexicains : peyote cimarron, bonete, birete de obispo