Dioscorea Linné 1753

Publication : Species Plantarum 2: 1032-1034 (1753).

Description

Genre le plus important de la famille des Dioscoreaceae, regroupant 95% des espèces de la famille, parmi lesquelles Dioscorea elephantipes est particulièrement appréciée des amateurs de plantes succulentes pour son caudex ressemblant à une carapace de tortue.
Lianes vivaces, rarement annuelles, à rhizomes, tubercules ou caudex d'où partent des tiges fines et dressées, plus ou moins volubiles, rarement pérennes, parfois épineuses et pouvant chez certaines espèces produire des tubercules aériens à l'aisselle des feuilles. Feuilles simples, cordées, pétiolées mais sans stipules.
Inflorescences axillaires en panicules, racèmes et épis. Plantes dioïques à fleurs unisexuées de petite taille, jaune verdâtre, blanc verdâtre ou pourpre, à 6 tépales disposés sur 2 rangs, unis à la base en un court tube, 6 étamines disposées sur 2 rangs chez les fleurs mâles, avec un rang parfois réduit à de simple staminodes ou absent, à anthères longitudinalement déhiscentes, sans étamines ou staminodes chez les fleurs femelles mais à ovaire infère composé de 3 carpelles.
Fruit en capsule. Graines ailées, symétriquement (sous-genre Dioscorea) ou sur un seul coté (sous-genre Testudinaria).

Classification

Famille : Dioscoreaceae

Culture

Les espèces succulentes à caudex sont souvent des plantes capricieuses, normalement à croissance automnale et hivernale, démarrant entre juin et août et entrant en repos vers février-mars mais pouvant se mettre en repos ou redémarrer n'importe quand dans l'année. Il convient de respecter leur humeur en arrêtant les arrosages lorsque les feuilles commencent à jaunir et en ne les reprenant, précautionneusement, que lorsque les nouvelles tiges apparaissent. Ceux qui essayent de forcer ce rythme s'exposent à faire pourrir leurs plantes. De ce fait chaque plante doit être cultivée en pot individuel.
Le substrat, en mélange 3 tiers, doit être bien drainant pour prévenir une pourriture du caudex. La proportion d'éléments drainants peut, le cas échéant, être augmentée à 50% du total, voire 60% pour les espèces les plus fragiles. On ajoutera un bon drainage en fond de pot, et une couche de graviers sous le caudex pour qu'il ne soit pas en contact direct avec le substrat. Le caudex grossit plus vite lorsqu'il est enterré et il vaut mieux ne pas le dégager trop tôt. En période de croissance les Dioscorea à caudex apprécient des arrosages réguliers, la mi-ombre et une certaine fraîcheur: une température trop élevée provoque leur repos. En période de repos, on arrose très légèrement une fois par mois pour que les racines ne meurent pas. Un support est nécessaire pour soutenir la liane qui sort du caudex.
Elles sont particulièrement sujettes aux attaques d'acariens ou araignées rouges. Si les feuilles se décolorent traitez deux fois à 15 jours d'intervalle avec un acaricide (les insecticides sont sans effet sur les acariens) en n'omettant pas le dessous des feuilles et les plantes alentours, même si elles ne présentent aucun symptôme. Attention également aux cochenilles.
Reproduction par semis, préférentiellement en août-septembre, à une température comprise entre 18 et 26°C. Pour obtenir des graines il faut avoir au moins un plant mâle et un plant femelle puisque les Dioscorea sont dioïques. Dioscorea basiclavicaulis peut également être reproduite par division.
Pour les espèces non succulentes, se reporter à la fiche de famille.

Étymologie

Dioscorea: en l'honneur du médecin et herboriste grec Pedanios Dioscorides qui vécu au 1er siècle après Jésus-Christ (environ de 40 à 90).

Anecdotes

Espèce-type: Dioscorea sativa Linné, Species Plantarum 2: 1033 (1753). Lectotype: Linnaeus, Hortus Cliffordianus t. 28 (tiges et feuilles seulement) (1738), désigné par McNeill & al., Taxon 36: 368 ou 369 (1987) et proposé pour conservation par Jarvis, Taxon 41: 562 (1992).
Distribution: Régions tropicales du monde entier, avec quelques espèces en régions tempérées.
Ethnobotanique: L'igname est le nom commun, issu de l'africain nyami, manger, donné à plusieurs espèces de Dioscorea dont les tubercules, riches en amidon et protéines, sont comestibles. L'espèce la plus cultivée est actuellement Dioscorea rotundata (igname blanche), qui représente 90% de la production mondiale recensée. Mais ce recensement ne tient pas compte de la production familiale et d'autres espèces restent cultivées localement: Dioscorea alata (grande igname), Dioscorea esculenta (igname chinoise), … Les tubercules peuvent être particulièrement imposants, Dioscorea alata pouvant produire des tubercules de 50kg pour 2 à 3m de long. Plus particulièrement consommé en Afrique de l'Ouest, l'igname est progressivement supplantée par le manioc, plus facile à produire mais moins nutritif. Tous les tubercules sont plus ou moins toxiques et il est indispensable de les peler et de les faire bouillir. Pour certaines espèces plus toxiques et consommées localement uniquement en cas de disette, les tubercules sont bouillis puis laissés macérer deux jours dans leur eau de cuisson, et ce à plusieurs reprises.
L'igname joue parfois un rôle social important. Chez certaines ethnies du Nigeria, l'igname est un marqueur de rang social; ainsi un homme ne saurait demander la main d'une femme s'il ne possède pas un nombre suffisant de pieds d'igname pour la nourrir. Au Ghana, c'est un plat de bienvenue pour les personnes importantes. En Nouvelle-Guinée certaines plantations sont dédiées à la production de tubercules utilisées lors de rites, relatifs notamment à la fertilité masculine. Dans certaines communautés asiatiques, les femmes ne peuvent approcher les champs d'igname en période de menstruations.
Les Dioscorea produisent des saponines stéroïdiennes d'où ont été extraits, à partir de 1940, des stéroïdes analogues à la cortisone d'origine animale qu'ils remplaçaient à moindre coût. Certains des stéroïdes extraits des Dioscorea peuvent également contrarier l'ovulation et ont également servi de base aux recherches qui ont abouti à la pilule contraceptive synthétique moderne.

Publications spécialisées

Ouvrage en anglais: G.D Rowley in U. Eggli, Illustrated Handbook of Succulent Plants: Monocotyledons 254-257, figs XXVII a b d e f g (2001). Une synthèse du genre et de ses 6 principales espèces succulentes (basiclavicaulis, elephantipes, fastigiata, hemicrypta, mexicana, sylvatica et ssp.), dont 5 illustrées (en couleurs). Editeur: Springer; ISBN: 978-3-540-41692-0.
Articles en anglais:
E. Archibald, The genus Dioscorea in the Cape Province west of East London, Journal of South African Botany 33: 1-46 (1967).
I. Burkill, Testudinaria as a section of the genus Dioscorea, Journal of South African Botany 18: 177-191 (1952).

Numéros de collecte

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Auteur

philippe (contacter l'auteur ou écrire aux admins de l'encyclopédie)
Fiche créée le 22/03/2008.


Testudinaria elephantipes
Testudinaria elephantipes


Dioscorea elephantipes
Dioscorea elephantipes


Dioscorea elephantipes
Dioscorea elephantipes


Dioscorea sylvatica v. sylvatica
Dioscorea sylvatica v. sylvatica


Dioscorea batatas
Dioscorea batatas


Plus de photos de Dioscorea avec Google images.

Fiches de botanistes :

image disponible Linné, Carl von

Fiches d'espèces :

image disponible Dioscorea elephantipes (L'Héritier) Engler 1908

Fiches de synonymes :

Fiche de synonyme Dioscorea elephantopus Sprengel 1827
Fiche de synonyme Dioscorea montana (Burchell) Sprengel 1827
Fiche de synonyme Rhizemys elephantipes (L'Héritier) Rafinesque 1838
Fiche de synonyme Rhizemys montana (Burchell) Rafinesque 1838
Fiche de synonyme Tamus elephantipes L'Héritier 1789
image disponible Testudinaria elephantipes (L'Héritier) Salisbury 1824
Fiche de synonyme Testudinaria elephantipes f. montana (Burchell) G.D.Rowley 1973
Fiche de synonyme Testudinaria elephantipes v. montana (Burchell) G.D.Rowley 1953
Fiche de synonyme Testudinaria montana Burchell 1824




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