Dioscoreaceae R. Brown

Publication : Prodromus Florae Novae Hollandiae 294 (1810).

Classification

Étymologie

Dioscoreaceae: du genre Dioscorea, lui-même nommé en l'honneur du médecin et herboriste grec Pedanios Dioscorides qui vécu au 1er siècle après Jésus-Christ (environ de 40 à 90).

Description

La famille de l'igname, plante tropicale alimentaire, dont une espèce, Dioscorea elephantipes est particulièrement appréciée des amateurs pour son caudex ressemblant à une carapace de tortue.
Lianes (sauf Trichopus: arbuste) vivaces, rarement annuelles, souvent à rhizomes, tubercules ou caudex d'où partent des tiges fines et dressées, plus ou moins volubiles, rarement perennes, parfois épineuses et pouvant chez certaines espèces produire des tubercules aériens à l'aisselle des feuilles. Feuilles simples, entières, lobées ou cordées, pétiolées mais sans stipules, alternes ou rarement opposées.
Inflorescences axillaires en panicules, racèmes et épis. Plantes dioïques (sauf Avetra, Stenomeris et Trichopus à fleurs hermaphrodites), à fleurs généralement verdâtres et de petite taille, à 6 tépales disposés sur 2 rangs, unis à la base en un court tube, souvent avec des glandes nectarifères, 6 étamines disposées sur 2 rangs chez les fleurs mâles, avec un rang parfois réduit à de simple staminodes ou absent, à anthères longitudinalement déhiscents, sans étamines ou staminodes chez les fleurs femelles mais à ovaire infère composé de 3 carpelles à 2 ovules par loge (sauf Stenomeris: plus de deux), 3 styles ou 1 style à 3 stigmates.
Fruit en capsule à 3 côtes ou 3 ailes (Dioscorea), baies (Tamus et Trichopus) ou samares (Avetra, Rajania et Stenomeris). Graines généralement ailées.

Clé de détermination des genres:
Les fruits peuvent être des capsules (1), des baies (2) ou des samares (3):
1. Capsule: Dioscorea (environ 600 espèces soit 95% des espèces de la famille).
2. Baie:
2-1 Liane: Tamus (5 espèces: Europe, bassin méditerannéen, Canaries, Madère).
2-2 Arbuste: Trichopus (1 espèce: sud de l'Inde).
3. Samare (fruit indéhiscent et ailé à une seule graine):
3-1 Deux ovules par loge:
3-1-1 Plantes bisexuées: Avetra (1 espèce: Madagascar).
3-1-2 Plantes unisexuées: Rajania (25 espèces: Antilles).
3-2 Plus de deux ovules par loge: Stenomeris (2 espèces: ouest de la Malaisie).

Culture

Conditions de culture généralement tropicales mais parfois tempérées. Reproduction selon les espèces par semis, division, bouturage de tubercules ou plantations de bulbilles naissant à l'aisselle des feuilles.
La culture maraîchère de Dioscorea opposita s'est implantée à petite échelle dans le Loir et Cher, qui bénéficie à la fois d'un micro-climat et de terres sablonneuses profondes. Le cycle de culture est très proche de celui de la pomme de terre. Le terrain doit être en situation ensoleillée. La terre doit être plutôt sablonneuse avec pas plus de 20 à 30% d'argile, travaillée en profondeur et débarrassée de ses pierres qui pourraient contrarier la croissance des tubercules. Les rangs peuvent être remontés en billons, un peu comme si on pratiquait un buttage anticipé, pour permettre d'augmenter la profondeur des racines. Les tronçons de tubercules de 100 à 200 grammes sont plantés au printemps, fin mars, à 10-15cm de profondeur et espacés de 30-35cm. Afin de permettre le développement des lianes aériennes, des tuteurs d'environ 1,20m de haut, éventuellement reliées par des fils de fer, sont piqués dans le sol au plus tard à la plantation des tubercules pour éviter de les blesser. L'arrosage doit être régulier, sauf en fin de cycle. Une température d'au moins 13°C est nécessaire pour une croissance continue. Un palissage des tiges est pratiqué en mai pour améliorer l'exposition au soleil. Fin août, début septembre, les arrosages sont suspendus pour permettre la maturation du tubercule que l'on récolte en octobre ou novembre. Les tronçons de tubercules destinés à être replantés l'année suivante sont stockés dans un lieu obscur, frais (13 à 17°C) et aéré ou ventilé.
Dans les régions à climat moins favorable mais disposant d'un sol sablonneux, une culture amateur peut être tentée en protégeant les cultures du froid en début de cycle et d'un éventuel excès de pluie en fin de cycle, par exemple avec un tunnel amovible. En effet la durée du cycle ne doit pas être raccourcie car le tubercule met du temps à s'établir et grossit particulièrement en fin de cycle.
Pour les espèces succulentes, se reporter aux fiches de genres et d'espèces.

Anecdotes

Type: Dioscorea Linné, Species Plantarum 2: 1032-1034 (1753).
Ethnobotanique: Le Tamier, Tamus communis, ou herbe aux femmes battues, est une liane de nos régions tempérées. Comme son surnom l'indique, la plante, en fait ses rhizomes, servait pour soigner les contusions. Mais il s'agit d'une plante toxique et irritante pouvant provoquer de graves inflammations, qu'il est donc très dangereux de vouloir utiliser à cette fin. Par ailleurs dans le sud de la France, ses jeunes pousses, connues sous le nom de répounchous sont consommées comme des asperges après avoir été blanchies à l'eau bouillante.
L'igname est le nom commun, issu de l'africain nyami, manger, donné à plusieurs espèces de Dioscorea dont les tubercules, riches en amidon et protéines, sont comestibles. L'espèce la plus cultivée est actuellement Dioscorea rotundata (igname blanche), qui représente 90% de la production mondiale recensée. Mais ce recensement ne tient pas compte de la production familiale et d'autres espèces restent cultivées localement: Dioscorea alata (grande igname), Dioscorea esculenta (igname chinoise), … Les tubercules peuvent être particulièrement imposants, Dioscorea alata pouvant produire des tubercules de 50kg pour 2 à 3m de long. Plus particulièrement consommé en Afrique de l'Ouest, l'igname est progressivement supplantée par le manioc, plus facile à produire mais moins nutritif. Tous les tubercules sont plus ou moins toxiques et il est indispensable de les peler et de les faire bouillir. Pour certaines espèces plus toxiques et consommées localement uniquement en cas de disette, les tubercules sont bouillis puis laissés macérer deux jours dans leur eau de cuisson, et ce à plusieurs reprises.
L'igname joue parfois un rôle social important. Chez certaines ethnies du Nigeria, l'igname est un marqueur de rang social; ainsi un homme ne saurait demander la main d'une femme s'il ne possède pas un nombre suffisant de pieds d'igname pour la nourrir. Au Ghana, c'est un plat de bienvenue pour les personnes importantes. En Nouvelle-Guinée certaines plantations sont dédiées à la production de tubercules utilisées lors de rites, relatifs notamment à la fertilité masculine. Dans certaines communautés asiatiques, les femmes ne peuvent approcher les champs d'igname en période de menstruations.
Les Dioscorea produisent des saponines stéroïdiennes d'où ont été extraits, à partir de 1940, des stéroïdes analogues à la cortisone d'origine animale qu'ils remplaçaient à moindre coût. Certains des stéroïdes extraits des Dioscorea peuvent également contrarier l'ovulation et ont également servi de base aux recherches qui ont abouti à la pilule contraceptive synthétique moderne.

Répartition géographique

Régions tropicales du monde entier, avec quelques espèces en régions tempérées.

Auteur

philippe (contacter l'auteur ou écrire aux admins de l'encyclopédie)
Fiche créée le 20/03/2008, mise à jour le 26/04/2008.


Testudinaria elephantipes
Testudinaria elephantipes


Dioscorea elephantipes
Dioscorea elephantipes


Dioscorea elephantipes
Dioscorea elephantipes


Dioscorea sylvatica v. sylvatica
Dioscorea sylvatica v. sylvatica


Dioscorea batatas
Dioscorea batatas


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Genres de la famille Dioscoreaceae

image disponible Dioscorea 1753

Fiches de botanistes :

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