Mendel, Johann Gregor

1822 - 1884
Au début du XIXème siècle, les techniques d’hybridations sont de plus en plus appliquées à l’amélioration des espèces agricoles, sans que les lois qui régissent l’hybridation ne soient comprises. En 1820 le naturaliste saxon G.C.L. Hempel prédit que celui qui y parviendra sera doté de solides connaissances en botanique, d’un sens de l’observation très développé et d’une patience infinie. Cet homme prophétique naitra 2 ans plus tard.

Johann Mendel est né le 20 ou 22 juillet 1822 à Hyncice, en Silésie autrichienne (aujourd’hui Tchéquie), d’une famille paysanne. Il choisit le prénom Gregor à 21 ans lorsqu’il prononce ses vœux monastiques selon la règle de Saint Augustin au riche couvent de Saint Thomas à Brno, en Moravie, sous la tutelle de l’abbé Cyril Franz Napp, « éminent prélat, scientifique et secret libre-penseur ».

Esprit studieux, éclectique et méthodique, Mendel se passionne très tôt pour de nombreux domaines des sciences naturelles, de la physique et des mathématiques, et profite pleinement du rayonnement culturel du couvent principalement en horticulture, en botanique et en sciences agricoles. Loin des clichés, il n’est pas isolé dans son monastère et est au fait des débats scientifiques de l’époque. Il enseigne tout au long de sa vie, d’abord à l’université de Vienne puis à Brno, et fera partie de plusieurs sociétés savantes, mais il est peu porté vers les taches pastorales.

A l’issue de ses études de botanique et de mathématique Mendel comprend que pour évaluer avec précision comment les caractères des hybrides se transmettent à la descendance il est nécessaire de travailler avec un grand nombre de variétés pures. L’abbé Napp lui concède alors la serre du monastère et lance la construction d’une seconde serre.

De 1854 à 1856 Mendel sélectionne les 22 variétés de pois (Pisum sativum) les mieux adaptées à ses expérimentations puis se lance dans des hybridations à grande échelle : pendant 7 ans il effectuera des centaines de croisements et analysera avec une méticulosité inouïe des milliers de résultats sur leur descendance. Entre 1854 et 1865 il cultiva et examina plus de 28 000 plants de pois. Il va progressivement formuler 3 lois :

  • Première loi de Mendel, ou loi de l’uniformité des hybrides : seuls des traits caractéristiques déterminés des parents sont transmis intégralement, ou presque inaltérés, à la première génération d’hybrides (F1). Mendel baptise caractères dominants ces caractères qui subsistent et caractères récessifs ceux qui disparaissent.

  • Deuxième loi de Mendel, ou loi de ségrégation des caractères : en deuxième génération (F2) des caractères disparus réapparaissent. Mendel postule qu’une plante contient un couple de chacun des caractères et que chaque cellule reproductrice (pollen ou ovule) n’emporte que l’un des deux.

  • Troisième loi de Mendel, ou loi de l’indépendance des caractères : les caractères sont des entités discrètes qui se transmettent à la descendance indépendamment les unes des autres (Ces entités seront plus tard baptisées gènes).

    Mendel énonce ainsi les axiomes de ce qui, au début du XXème siècle, deviendra la génétique.

    Le 8 février puis le 8 mars 1864 il présente ses travaux dans la cadre des conférences de la Société des Sciences Naturelles de Brno, dont il est un des fondateurs. Le formalisme mathématique de sa présentation déroute son assistance, qui ne saisi pas l’importance des résultats. En 1866 la même Société fait imprimer un article de 44 pages qui est diffusé dans les milieux académiques internationaux, et Mendel en fait envoyer 40 exemplaires à des personnalités scientifiques. Ses résultats passent totalement inaperçus.

    Lors de la célébration du centenaire de la naissance de Mendel par l’American Society of Naturalist, le biologiste E.M. East fait le juste constatation suivante : « La mentalité des biologistes était incapable de s’adapter rapidement à une expérience qui n’avait aucun précédent […] il abordait l’un des grands problèmes de la biologie avec la mentalité et les méthodes quantitatives déjà utilisées par les physiciens et les astronomes […] c’était la méthode qui donnait sa grandeur au travail de Mendel et c’était la nouveauté de cette méthode qui faisait qu’il n’était pas apprécié ».

    De son vivant Mendel se passionnera aussi pour les plantes horticoles (son emblème personnel était le fuchsia), agricoles et l’apiculture, et connaitra sa seule reconnaissance internationale en sciences météorologiques, un autre de ses domaines de prédilection.

    A la mort de l’abbé Napp en 1868, il est nommé abbé du monastère et, accaparé par les taches administratives, doit délaisser les expérimentations scientifiques.
    Mendel meurt d’une probable insuffisance rénale le 6 janvier 1884, à l’âge de 61 ans, et son successeur à la tête du monastère, opposé à ses idées, fait bruler la totalité de ses notes et documents.

    Mendel, qui n’avait jamais douté de l’importance de ses résultats scientifiques, avait l’habitude dire « Mon temps viendra… ». Mais son article de 1866 est oublié et ses résultats scientifiques subissent une éclipse totale de 35 ans.

    Le XXème siècle s’ouvre sur la redécouverte de ses travaux de manière indépendante par les 3 botanistes Hugo de Vries, Carl Correns et Erich von Tschermak. A la même période, en 1900, le zoologiste britannique William Bateson découvre par un concours de circonstances l’article de Mendel dans la bibliothèque de l’université de Londres : c’est une révélation. Il n’aura de cesse toute sa vie durant de populariser les résultats de Mendel et il crée en 1905 le terme « génétique ».

    Nationalité : autrichienne.

    Auteur

    fabrice (contacter l'auteur ou écrire aux admins de l'encyclopédie)
    Fiche créée le 04/07/2008, mise à jour le 15/01/2011.


  • Johann Gregor Mendel
    Johann Gregor Mendel


    Plus de photos de Johann Gregor Mendel avec Google images.

    Fiches de familles :

    Aucune.

    Fiches de genres :

    Aucune.

    Fiches d'espèces :

    Aucune.




    Encyclopédie des Cactus, Plantes Grasses et Succulentes
    https://www.cactuspro.com/encyclo