Thunberg, Carl Peter

1743 - 1828
Généralités

Carl Peter Thunberg est né le 11 novembre 1743 à Jönköping (Suède) et est mort le 8 août 1828 en Suède à Thunaberg (à une trentaine de kilomètres d'Uppsala).

Il a été gratifié de plusieurs surnoms : le père de la botanique sud-africaine et le Linné japonais.

Ses principaux centres d’intérêt furent les ptéridophytes, la mycologie, les bryophytes, les Algae et les spermatophytes.
Les principales zones d’investigation furent : le Japon, l’Afrique du Sud, et la Suède.

La contraction de son nom, en botanique, est : Thunb.

Le genre tropical Thunbergia (de la famille des Acanthaceae) lui a été dédié. Plus de 250 espèces végétales mais aussi animales ont pour nom d’espèce ‘thunbergii’.


Cursus scolaire

En 1767, il passe son diplôme de médecine et d’histoire naturelle (sa soutenance s’intitulait : ‘De venis resorbentibus’), après avoir suivi les cours de Linné (1707-1778) à l’université d’Uppsala. Linné était d’ailleurs le président de son jury et Thunberg faisait parti de ses apôtres.
En 1770, il peaufina ses compétences dans ces deux domaines à Paris. Il y fut d'ailleurs un peu étonné que l'on ne soit pas autorisé à porter son épée dans les laboratoires, ou encore que l'on ait l'habitude d'applaudir pendant les thèses et les autopsies.
En 1772, alors qu’il était en Afrique du Sud, il profita d’une plus faible activité botanique pour obtenir son doctorat en médecine.


Voyages

1771 : Pays-Bas : il étudie dans les jardins botaniques et des muséums d’Amsterdam et de Leyde.
Décembre 1771 : Johannes Burmann, sur les recommandations de Linné, offre la chance à Thunberg d’explorer le Japon pour y étudier les plantes et ramener des spécimens pour les jardins botaniques hollandais, en effet, la flore japonaise est, à l'époque, fort peu connue. Il part donc visiter, à bord d’un navire de la Compagnie Hollandaise de Indes Orientales, les colonies hollandaises et le Japon. Il voyagea sur ce bateau en tant que chirurgien.
1772-1775 : Il reste au Cap afin d'apprendre la langue Hollandaise et y collecter des plantes et des animaux au cours de ses trois expéditions. L'apprentissage de la langue hollandaise était une étape obligatoire avant de songer au Japon. En effet, il fallait à l'époque être marchand, hollandais et protestant pour pouvoir entrer en territoire japonnais.
Mars 1775 : Il part pour l’île de Java et séjourne deux mois à Batavia.
Août 1775 : Il arrive au Japon mais, comme tous les marchands hollandais, est confiné sur l’île semi artificielle de Dejima(1) (ou Deshima). Cette île de la baie de Nagasaki(2) est le siège de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales. Les permissions de se rendre à terre sont exceptionnelles, mais Thunberg utilise sa qualité de médecin et ses connaissances des plantes médicinales pour tisser des liens avec ses interprètes et les autorités locales (en les soignant, eux ou leur famille). Après avoir eu un laissé passé pour herboriser à proximité de Nagasaki, le gouverneur a consulté la 'jurisprudence' et a vu qu'un précédent chirurgien hollandais avait déjà eu cet honneur, pendant une épidémie. Cependant, après avoir appris que ce chirurgien était chirurgien en second (alors que Thunberg était premier chirurgien), le gouverneur annula son autorisation : les Japonais appliquait à la lettre les lois et les règlements sans jamais chercher à les interpréter. Ce n'est qu'après de longues et insistantes plaidoiries que Thunberg pu avoir une nouvelle autorisation. Pendant cette révocation, Thunberg avait formé des apprentis en médecine, qui soignaient les gens à terre, sous sa direction. En contrepartie de ses cours de médecine journaliers, ses élèves lui apportaient des plantes, des fleurs et des graines. Il allait même jusqu'à étudier le foin que l'on apportait chaque matin aux vaches de l'établissement(3).
Juin 1776 : Il accompagne le directeur de la colonie hollandaise pour voir le shogun d’Edo (ancien nom de Tokyo). Il en profite pour herboriser un grand nombre de plantes sur son long trajet.
Novembre 1776 : Il quitte le Japon.
Juillet 1777 : Après être passé à Java, il arrive à Colombo (Ceylan, aujourd’hui Sri Lanka), fait plusieurs investigations dans l’île afin de continuer ses herborisations et visite la colonie hollandaise de Galle.
Février 1778 : Il retourne à Amsterdam en s’arrêtant deux semaines au Cap, et arrive à destination en octobre 1778.
1778-1779 : Il part pour Londres où il rencontre Sir Joseph Banks, avec qui il vit la collection japonaise du naturaliste allemand Engelbert Kaemfer (1651-1716) qui avait, tout comme lui, visité le Japon à partir de l’île de Dejima. Il rencontra également Johann Reinhold Forster (1729-1798) qui lui fit visiter ses collections issues du second voyage de James Cook (1728-1779).
1779 : Il retourne en Suède, où il apprend le décès de Linné intervenu un an plus tôt.
1781 : Il remplace le fils de Linné en tant que professeur de médecine et d’histoire naturelle à l’université d’Uppsala et restera à ce poste jusqu'à la fin de sa vie.
1785 : Le musée botanique (UPS), maintenant intitulée section botanique du musée de l'évolution, est fondé à partir, principalement, des spécimens que Thunberg a fournis à l'université (27764 planches). Il a été érigé dans le château et le parc que le Roi de Suède, Gustavus III, a donné à l'université.

Il écrivit tout au long de sa vie des livres (112 titres lui sont attribués) et des articles scientifiques, il décrivit ainsi de nombreux nouveaux taxons. Il fut fait membre honoraire de 26 sociétés savantes dont l’Académie Royale de Sciences de Suède en 1776 et de la Royal Society le 3 avril 1788.
Ses 12 pieds (3,66m) de correspondance, reliés en 36 volumes ont été donnés aux étudiants de sa paroisse, dans la province de Småland (pour l'anecdote, Älmhult, dans le sud de cette même province, est la commune de naissance de Carl von Linné, ainsi que l'emplacement du premier magasin Ikea).


Herbier

L’herbier est conservé (sous le code de référencement des herbiers : UPS-THUNB ) avec d'autres collections importantes comme Burser's Hortus Siccus dans une ‘chambre forte’ de l'université d'Uppsala. L’herbier ne contient pas seulement les collections privées de Thunberg issues de ses voyages, mais aussi ses collections d'après 1785 incluant les plantes du jardin de l'université. Un grand nombre de plantes d'autres botanistes et collectionneurs du monde entier y est aussi inclus. Les spécimens ont été maintenant saisis dans la base de données de l’université d’Uppsala, et peuvent donc être consultés (l'herbier est également consultable sur microfiches, à l'université). Thunberg a classé l’herbier d'après sa version corrigée du livre de Linné sur les systèmes sexuels.

Au début, les plantes étaient montées sur des feuilles fines de 33cm x 21cm, mais la plupart des spécimens étaient sur des feuilles légèrement plus épaisses, de 37cm x 24cm. Un exemple typique d'une feuille de l’Herbier de Thunberg est l'érable du Japon (Acer japonica). Sur la plupart des feuilles, Thunberg a écrit le nom scientifique à proximité du coin inférieur droit. Lorsqu’il y a plus d'une feuille pour une espèce, il a habituellement indiqué un alpha, un béta, un gamma, etc. ou un numéro. Sur le verso, à proximité du coin supérieur gauche, il a indiqué dans la plupart des cas la localité, le collectionneur ou la personne qui lui a apporté la plante. Quand la plante était citée dans un ouvrage, la référence inscrite sur le coin supérieur droit était utilisée (par exemple UPS-THUNB 24095 : Acer pictum)


Publications botaniques

1784 : "Flora Japonica" : il donna à de nombreuses espèces le nom de ‘japonica’, bien que la plupart provenaient de Chine, et avaient été amenées au Japon pour orner les jardins du pays.

1788 : "Voyages de C.P. Thunberg au Japon par le Cap de Bonne-Espérance, les Isles de la Sonde, etc." : récit et anecdotes de ses nombreux voyages, dont différents aspects de la vie au Japon de l’époque comme, par exemple, l’obligation de marcher sur le bord gauche de la route.

1794 et 1800 : "Prodromus Plantarum Capensium" : première et seconde version

1805 : "Icones plantarum japonicarum"

1807 à 1823 : plusieurs volumes de "Flora Capensis "(1807, 1811, 1813, 1818, 1820 et 1823)


Autres publications

1785 : Donationis Thunbergianae 1785 continuatio I. Museum naturalium Academiae Upsaliensis, pars III, 33-42 pp. (1787).

1789 : Dissertatio Entomologica Novas Insectorum species sistens, cujus partem quintam. Publico examini subjicit Johannes Olai Noraeus, Uplandus. Upsaliae, pp. 85–106, pl. 5.

1794 : D. D. Dissertatio entomologica sistens Insecta Suecica. Exam. Jonas Kullberg. Upsaliae, pp. 99–104.

1966 : "Le Japon du XVIIIe siècle vu par un botaniste suédois" Ch.-P. Thunberg. Calmann-Lévy (Paris) : 301 p.


Sources

[fr.wikipedia.org]
[en.wikipedia.org]
[www.carl-peter-thunberg.com]
[www-hotel.uu.se]
[www.egs.uu.se]


Notes de bas de page

(1)L'île de Desima ne forme, à certains égards, qu'une rue de Nagasaki, elle fait 120m de long, sur 75 de large ; le gouverneur loue cette île aux hollandais, et y construit des maisons qu'il entretient. Les locataires sont par contre en charge de poser les châssis, de coller des tapis aux plafonds et aux murs, de faire blanchir, et de payer l'ensemble des embellissement et agréments qu'ils souhaitent sur leur construction.
Quand la marée est basse, l'île n'est séparée de la ville que par un fossé. Mais à marée haute, elle communique à la terre ferme par un pont. Un enclos de planche en fait le tour, et comporte deux portes : une du côté de la ville et du pont, l'autre côté mer, pour charger et décharger les vaisseaux étrangers (seule possibilité d'ouvrir les portes).
Les portes côté ville sont gardées et ne sont ouvertes que le jour.
Il y a un ou des ottona sur l'île, en fonction du nombre de marchand. Ils surveillent se qui se passe et rendent compte au gouverneur.

(2)A l'époque, la ville de Nagasaki est une des cinq villes impériales, et la plus commerçante de tout le Japon par ses relations avec les étrangers admis dans le royaume. Elle appartient à l'Empereur civil, qui nomme des gouverneurs qui se relayent tous les ans à la tête de la ville.

(3)Du bétail est débarqué sur l'île pour la consommation des hollandais (les japonais ne fournissaient aucune viande fraiche aux hollandais). 3 fois par jour, des feuilles, du riz ou des jeunes branches d'arbre, suivant la saison, sont apportés sur l'île pour nourrir ce bétail. Thunberg les étudie et y a trouvé plusieurs espèces qu'il jugea digne de figurer dans son herbier. C'est dans ces moment là qu'il enviait les pigeons hollandais qu'on autorisait à survoler le Japon.

Nationalité : suédoise.

Auteur

nio91 (contacter l'auteur ou écrire aux admins de l'encyclopédie)
Fiche créée le 28/01/2011, mise à jour le 05/02/2011.


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Fiches de familles :

Aucune.

Fiches de genres :

Aucune.

Fiches d'espèces :

Fiche de synonyme Arctotis lancea Thunberg ex De Candolle 1838
Fiche de synonyme Cacalia arbuscula (De Candolle) Thunberg 1800
Fiche de synonyme Choristea carnosa () Thunberg 1800
image disponible Crassula muscosa Thunberg
Fiche de synonyme Euphorbia armata Thunberg 1800
Fiche de synonyme Euphorbia coronata Thunberg 1800
Fiche de synonyme Euphorbia radiata Thunberg 1800
image disponible Fockea edulis (Thunberg) K. Schumann 1893
image disponible Pergularia edulis Thunberg 1893
Fiche de synonyme Portulaca fruticosa Thunberg 1800




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