Bolivie, Potosí, Salar d'Uyuni

Le salar d'Uyuni (photo) est une des plus spectaculaires étendues de sel du monde: 11.500km2 à 3.650m d'altitude, presque toujours plate et immaculée grace aux pluies annuelles qui y dessinent des damiers hexagonaux. Pour les cactus il est surtout connu pour les petites Isla Pescado et Isla Incahuasi, mais les rives de cet ancien lac sont également intéressantes.
L'Isla Incahuasi (île de la maison de l'Inca; photos) est un des sites les plus photogéniques du salar d'Uyuni: au cœur de ce salar, cette petite île couverte de grands Echinopsis atacamensis est magnifique et, surtout au coucher ou au lever du soleil, fait le bonheur des photographes.
L'île est classée en zone naturelle protégée et un petit droit d'entrée doit être acquitté (photo). Il est interdit de quitter le chemin, mais l'itinéraire qui monte jusqu'au sommet est suffisamment bien étudié pour ne pas regretter cette contrainte. Tout au long du sentier, pancartes et poubelles sont réalisées en bois d'Echinopsis atacamensis.
Un écriteau annonce une croissance de ces cierges de 1cm par an et évalue de ce fait l'âge du plus grand, qui atteint 12m, à 1200 ans. En pratique ces cierges peuvent selon les conditions climatiques pousser de plus d'un cm par an et l'estimation de 300 ans envisagée par Pierre Fontaine dans son article paru dans la revue Succulentes me paraît nettement plus réaliste.
Sur l'île elle-même, une seule autre espèce de cactus pousse: Cumulopuntia boliviana ssp. ignescens (photo). On retrouve ces deux espèces sur les rives nord, ouest et sud du salar (photo), avec deux autres espèces: Echinopsis ferox (photo) et Tunilla soehrensii. En revanche la rive est où est située la ville d'Uyuni est une grande plaine sableuse vierge de cactus.
La question se pose de savoir quelle sous-espèce d'Echinopsis atacamensis pousse ici, sous réserve qu'il y ait des différences suffisamment significatives pour justifier une séparation en deux sous-espèces. La ssp. atacamensis est donnée pour le Chili et la ssp. pasacana est donnée comme originaire d'Argentine et de Bolivie et, sur la foi de cette indication, la plupart des auteurs considèrent qu'il s'agit de la ssp. pasacana.
Mais c'est ignorer que même s'il existe des montagnes élevées entre le Chili et la Bolivie, elles ne marquent en aucun cas une rupture de milieux naturels et les populations de cactus sont identiques des deux cotés de la frontière où l'on retrouve ces 4 espèces de cactus sans aucune variation. En revanche l'altiplano désertique situé à l'est et au sud du salar marque une réelle rupture, et aucun Echinopsis atacamensis n'y pousse. C'est donc bien l'Echinopsis atacamensis ssp. atacamensis qui pousse sur l'Isla Pescado et les rives du Salar d'Uyuni, et non une ssp. pasacana avec laquelle la frontière doit être repoussée plus à l'est.
Article en français: Pierre Fontaine, Cactées halophytes du Salar d'Uyuni (Bolivie), Succulentes 1:28-32 (2007).

Liste des espèces :
Cumulopuntia boliviana ssp. ignescens
Echinopsis atacamensis ssp. atacamensis
Echinopsis ferox
Tunilla soehrensii

Infos pratiques

Isla Pescado ou Isla Incahuasi? Ces deux îles distinctes font toutes partie des îles de los Pescadores, mais la vraie Isla Pescado est un peu plus grande que l'Isla Incahuasi et 12 kilomètres plus au sud; elle ne dispose pas d'infrastructures, seul le bivouac est possible et toléré, et la plupart des agences passent par l'Isla Incahuasi plus centrale et aménagée qui se trouve petit à petit rebaptisée à tort, par les agences comme par les touristes, Isla Pescado!
Quoi qu'il en soit, rares sont les personnes qui arrivent ici avec leur propre véhicule et l'intermédiaire d'une agence bolivienne d'Uyuni est à peu près incontournable. Il en existe des grandes qui n'ont pas la réputation de toujours bien soigner leurs clients avec des économies sur la nourriture et des chauffeurs peu sympas quand ils ne sont pas alcooliques, des petites sans moyens qui peuvent vous laisser en rade et des moyennes qui soignent leurs clients et sont à privilégier (photo).
Reste à choisir la bonne. Comme cela peut changer, demander leur avis aux autres touristes qui reviennent d'excursion, ou, si vous partez du Chili, tout simplement à votre hôtel. Des agences moyennes, et pas seulement les deux plus grandes, proposent en effet cette excursion depuis San Pedro de Atacama. Les agences moyennes paraissent parfois plus chères mais uniquement parce qu'elles incluent généralement les taxes et droits d'entrées. Toujours bien se faire préciser ce point.
3 sortes de circuits sont généralement proposés:
Circuit d'1 jour depuis Uyuni avec visite de l'Isla Incahuasi et de l'hôtel de sel. Ce dernier ne sert plus d'hôtel, contrairement à ceux construits sur les rives comme celui d'Atulcha (photo) au sud du salar par lequel passent certaines agences pour les circuits plus longs.
Circuit de 2 jours à peu près identique avec en plus le volcan Tunapa (5321m) au nord du salar.
Circuit de 4 jours dont 1 consacré au salar et les trois autres au sud Lípez, un milieu vierge de cactus mais aux paysages magnifiques comme la Laguna Colorada (photo). Quand on a fait le voyage jusqu'à Uyuni, il serait vraiment dommage de rater cette partie de la Bolivie. En revanche, je ne sais pas comment cela se passe si vous partez d'Uyuni, mais au départ de San Pedro de Atacama, et à moins que vous deviez impérativement repasser par là, évitez de prendre le retour qui se passe de nuit avec un très court arrêt pour dormir: fatiguant, inintéressant et cher. Mieux vaut dormir à Uyuni où l'offre hôtelière est suffisante, et rentrer au Chili le lendemain par Ollaguë, voire par une route passant plus au nord.
Les circuits prévoient généralement tous sur leur fin une visite à l'impressionnant cimetière de locomotives d'Uyuni (photo).
Lors des circuits excédant la journée, les hébergements sont très rustiques, souvent sans eau chaude et toujours sans chauffage. A 4200m si vous dormez près de la Lagune Colorada, et par -20°C à -30°C à l'extérieur, un bon duvet est indispensable. Si l'agence vous le fournit, apportez au moins votre 'sac à viande' pour des raisons de propreté. Et même au chaud, essayer de dormir avec un cœur qui bat très vite pour compenser le manque d'oxygène constitue un bon exercice de décontraction.
Le mal d'altitude est un vrai problème à considérer car pouvant amener des embolies pulmonaires ou cérébrales mortelles, et dans les cas les moins graves, un mal de crâne qui vous empêchera totalement de jouir du spectacle. Une adaptation à l'altitude à plus de 3000m est indispensable pour ce circuit qui peut même passer par un col de 4800m. C'est généralement le cas quand vous venez de Bolivie, mais, du Chili, pensez à passer quelques jours d'adaptation à San Pedro de Atacama en testant votre adaptation le dernier jour avec les geysers d'El Tatio.
Vêtements chauds (ou pour la pluie en juillet-août), crème solaire, crème pour les lèvres et, indispensable sur le salar sous peine de gros problèmes aux yeux, lunettes de soleil de bonne qualité, sont également à prévoir.

Coordonnées

Auteur

philippe (contacter l'auteur ou écrire aux admins de l'encyclopédie)
Fiche créée le 03/03/2007, mise à jour le 23/09/2008.


Salar d'Uyuni
Salar d'Uyuni


Salar d'Uyuni
Salar d'Uyuni


Salar d'Uyuni
Salar d'Uyuni


Cumulopuntia ignescens
Cumulopuntia ignescens


Salar d'Uyuni
Salar d'Uyuni


Echinopsis ferox
Echinopsis ferox


Salar d'Uyuni
Salar d'Uyuni


Salar d'Uyuni
Salar d'Uyuni


Salar d'Uyuni
Salar d'Uyuni


Salar d'Uyuni
Salar d'Uyuni


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