Chili, Tarapacá (région I), D'Arica au parc national Lauca

La route qui mène d'Arica, ville portuaire du Pacifique, jusqu'au parc national Lauca, à la frontière de la Bolivie, est un passage incontournable des cactophiles visitant le nord du Chili. Sur 192 kilomètres d'une excellente route goudronnée, on monte du niveau de la mer jusqu'à 4500 mètres d'altitude au milieu de paysages souvent superbes, et en ayant la possibilité de voir en bord de route toutes les espèces de cactus de la région, à l'exception des 3 à 4 espèces côtières du sud d'Arica.
La route part du nord d'Arica en empruntant la vallée fertile du Río Lluta (photo). Fertile dans le fond de la vallée irriguée par l'eau descendant des Andes, mais totalement désertique sur les flancs. Les Islaya krainziana, seuls cactus connus dans cette vallée, qui poussaient dans les dunes surplombant la gare de Poconchile, sont d'ailleurs morts desséchés depuis longtemps.
La route quitte ensuite la vallée pour monter vers la Quebrada cardones (photo), ainsi nommée en raison de la présence des Browningia candelaris. Ces cactus candélabres si particuliers, avec leurs troncs très épineux et leurs branches presque inermes, apparaissent à partir de 2400m d'altitude. Peu nombreux et très éloignés les uns des autres, ils sont menacés et protégés. Dans cette vallée pousse aussi le petit cierge prostré Haageocereus chilensis et l'incontournable Cumulopuntia sphaerica (photo). Ce dernier est très variable, et même ici sur quelques kilomètres de distance, ce qui lui vaut une liste impressionnante de synonymes.
Un peu plus haut, vers le 80e kilomètre et à 2900m d'altitude, apparaissent les premiers Corryocactus brevistylus, en très mauvais état. Le petit Oreocereus hempelianus, poussant plutôt sur les flancs exposés au nord souffre également de la sécheresse et plusieurs d'entre eux sont morts. Il s'agit là de la forme australis, de petite taille, presque sphérique. Vers le col, à 3125m d'altitude, apparaissent ensuite ça et là quelques touffes de Cumulopuntia boliviana ssp. echinacea (photo).
La route redescend ensuite légèrement, passe le Pukara de Copaquilla et un ravin qui conduit vers la vallée du Río Livilcar, puis remonte sur un plateau menant au village de Zapahuira. En arrivant sur le plateau juste après le virage montant à droite, on retrouve des Corryocactus brevistylus (photo) en bien meilleur état, ainsi que des Oreocereus leucotrichus (photo) sous sa forme typique, mais également sous la forme connue sous le nom d'Oreocereus varicolor.
On retrouve également de très nombreux Oreocereus hempelianus (photo), toujours sous leur forme globuleuse mais nettement moins desséchés, Cumulopuntia sphaerica, Cumulopuntia boliviana ssp. echinacea et un petit Opuntia à articles aplatis rougeâtres, Tunilla soehrensii.
Généralement sous les buissons, et de toute manière assez difficiles à trouver car assez enfoncés dans le sol, poussent quelques Neowerdermannia chilensis, plus nombreux au-delà de Zapahuira.
Après Zapahuira (photo), la route s'engage dans une zone plus montagneuse et plus verte où dominent Corryocactus brevistylus, Oreocereus varicolor (photo) et Cumulopuntia boliviana ssp. echinacea, et arrive au village de Putre (3500m, photo) dominé par la masse du volcan Parinacota (6342m) et entouré de cultures en terrasses.
La route continue vers le parc national Lauca et la frontière bolivienne. Un seul cactus a été recensé dans cette zone, Cumulopuntia boliviana ssp. ignescens poussant en grandes touffes de jusqu'à 1m de diamètre. Mais les paysages mêlant plaines ponctuées des touffes dorées de Festuca orthophylla où paissent les vigognes (photo), lagunes de Cotacotani (photo) ou lac Chungara (4500m, photo), et sommets enneigés sont magnifiques et méritent à eux seuls la visite.
Ne manquez pas aussi l'étrange Laretia compacta, plante encroûtante rappelant de loin la mousse, mais très rude au toucher, d'où perlent des larmes de résine utilisée localement comme médicament. Cette plante qui croit très lentement, pas plus de 2mm par an, est totalement protégée.

Liste des espèces :
Browningia candelaris
Corryocactus brevistylus
Cumulopuntia boliviana ssp. echinacea
Cumulopuntia boliviana ssp. ignescens
Cumulopuntia sphaerica
Haageocereus chilensis
Neowerdermannia chilensis
Oreocereus hempelianus
Oreocereus leucotrichus (et Oreocereus varicolor)
Tunilla soehrensii

Infos pratiques

Un jour suffit pour faire l'aller-retour d'Arica au lac Chungara: avec les camions difficiles à doubler à partir de Zapahuira, et parfois un véhicule poussif, comptez 4h30 aller sans les arrêts. Mais deux jours sont préférables pour profiter à la fois des cactus, plutôt le 1er jour, et du parc national Lauca, au 2nd jour avec le retour à Arica. Dans ce cas, il est possible de faire étape à Putre (à 3h de route d'Arica sans les arrêts) ce qui permet également de ménager un petit temps d'adaptation à l'altitude au soir du 1er jour.
Le mal des montagnes constitue en effet un risque à ne pas sous-estimer car outre des maux de tête, il peut, dans les formes graves, provoquer des oedèmes pulmonaires ou cérébraux mortels. Respirer calmement, ne pas faire d'efforts, boire beaucoup, voire même prendre un diurétique ou une aspirine, limite ce problème. Le 'maté de coca', ou infusion de feuilles de coca a aussi cette réputation et peut être pris dans un des bars de Zapahuira. Mais si le mal est important, redescendez rapidement à 2000m d'altitude. Ceux qui étaient quelques jours auparavant à San Pedro de Atacama, en Bolivie ou dans les Andes du Pérou, ne devraient rien ressentir, l'adaptation initiale ne se perdant généralement pas en 48 heures.
Par ailleurs n'oubliez pas des vêtements chauds et contre la pluie: il peut faire très froid et mauvais temps en altitude. L'entrée au parc national Lauca est gratuite.
La route goudronnée est excellente jusqu'à l'entrée du parc, toujours goudronnée mais avec des nids de poule après. Une simple voiture de tourisme, louée à Arica, est tout à fait suffisante si l'on ne prévoit pas d'emprunter d'autres chemins. Lorsqu'elle est récente, elle conserve en plus généralement une bonne puissance en altitude.
Dans le parc, les nids de poule sont assez faciles à éviter, mais on s'assurera que l'agence de location a bien fixé les enjoliveurs avec des liens plastiques. Dans le cas contraire, il est préférable de les retirer et les mettre dans le coffre plutôt que de risquer d'en perdre un. N'oubliez pas de bien faire le plein avant le départ, la consommation pouvant être importante en altitude pour certains véhicules mal réglés.
Pour ceux qui ne veulent pas louer de véhicule, des visites collectives en car qui prévoient généralement un arrêt près des Browningia candelaris (s'en assurer), mais pas au niveau des autres cactus, sont organisées dans la journée, parfois sur 2 jours, depuis Arica. Se renseigner auprès des hôtels ou des agences. Il est également possible de prendre à plusieurs un collectivo (taxi collectif) pour la journée. Bien se renseigner sur le prix avant ou faites appel à votre hôtelier pour le commander à votre place.

Coordonnées

Auteur

philippe (contacter l'auteur ou écrire aux admins de l'encyclopédie)
Fiche créée le 20/02/2007, mise à jour le 03/03/2007.


Arica - Putre
Arica - Putre


Browningia candelaris
Browningia candelaris


Cumulopuntia sphaerica
Cumulopuntia sphaerica


Cumulopuntia boliviana ssp. echinacea
Cumulopuntia boliviana ssp. echinacea


Corryocactus brevistylus
Corryocactus brevistylus


Oreocereus hempelianus
Oreocereus hempelianus


Arica - Putre
Arica - Putre


Oreocereus leucotrichus
Oreocereus leucotrichus


Arica - Putre
Arica - Putre


Arica - Putre
Arica - Putre


Arica - Putre
Arica - Putre


Arica - Putre
Arica - Putre


Plus de photos de D'Arica au parc national Lauca avec Google images.




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