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LEMAI RE
Iconographie Descriptive des Cactées


Introduction à l’édition Strawberry
par Gordon Rowley




L’étude des cactus, en particulier de leur dénomination et de leur identification, a tou-
jours été très dépendante de bonnes illustrations. En tant qu’objets tri-dimensionnels, les
cactus ne se prêtent pas à la conservation en herbier, comme le savait déjà Bradley qui
publia la première compilation dédiée aux plantes succulentes en 1716 ; un peu plus tard
dans le siècle, l’Héritier en prit aussi conscience et attira l’attention du jeune peintre de
fleurs Pierre-Joseph Redouté sur ces plantes piquantes en mal d’illustration. Les fleurs
da cactus sont éphémères, et elles perdent la plupart de leurs caractéristiques si elles
sont séchées ou conservées en solution. On s’attendrait donc à disposer d’une profusion
d’ouvrages illustrés afin d’aider le botaniste et l’horticulteur. Mais ce n’est pas le cas, du
moins jusqu’à l’apparition de la photographie et des manuels bariolés de coin de table.
Celui qui a jamais tenté de dessiner un Ferocactus ou un Echinocereus bien armé en connaît
la raison. Une main sûre comme un roc ainsi qu’une totale maîtrise des parallèles et de
la perspective sont requises pour rendre la précision demandée par le botaniste. Dans les
mains d’un novice, le résultat peut être juste de la rigidité et un exercice de géométrie, ou
pire, imprécision et carence de détail significatif.
Pendant la grande ère des florilèges, depuis l’époque de Ehret et Redouté jusqu’au mi-
lieu du dix-neuvième siècle, les cactus n’attiraient pas les artistes botanistes. Les épiphy-
tes constituaient des exceptions : le « Cactus Queue de Rat », Aporocactus flagelliformis,
et plus encore la « Reine de la Nuit », Selenicereus grandiflorus, ne pouvaient pas manquer
d’exciter quelque artiste par le défi consistant à capturer le bref instant de perfection
qu’atteint l’énorme fleur blanche vers minuit. Beaucoup de jolis portraits immortalisent
cette beauté florale, que ce soit dans la documentation délicate de Ehret ou dans la gran-
deur romantique du « temple de la flore » de Thornton.
Les stapelia ont été magnifiquement représentés dans les 41 planches de Masson
(1796) et 64 de Jacquin (1806-19), tandis que les mesembs et les aloideae ont trouvé un
illustrateur adroit en la personne de Salm-Dyck (1836-64). Redouté a peint quelques
cactus pour le Plantarum Succulentarum Historia (Plantes Grasses) de Candolle de 1797-
1837, mais on a l’impression que l’artiste était davantage à l’aise avec les succulentes
feuillues qui se prêtaient à la même technique insurpassée qu’il prodigua aux roses et aux
lis. D’autres artistes ont réussi à capturer le charme exceptionnel des cactus, transformant
en avantage la féroce armure et l’éclatante symétrie des aréoles et faisceaux d’aguillons.
Les fleurs, bien sûr, quand elles apparaissent procurent un sentiment exquis, et leur dou-
ceur et leur pureté contrastent avec les aiguillons qu’elles écartent sans souffrir. Mais
chaque véritable amoureux des cactus sait que les fleurs ne sont qu’un bonus, une émo-
tion supplémentaire qui peut être contemplée, dessinée, photographiée ou filmée un bref
moment chaque année, pendant juste une journée. Le reste de l’année, il y a la plante avec
cette beauté singulière qui demeure immuable, pour être admirée à la saison où les lis
disparaissent dans le sol et les roses ne sont plus que des squelettes défeuillés.

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